Du 1er mars au 31 mai 2026, l’opération nationale Fréquence Grenouille revient pour sa 32ᵉ édition, mobilisant partout en France les Conservatoires d’espaces naturels, leurs partenaires et des centaines de bénévoles autour d’un même objectif : sensibiliser le public à la préservation des zones humides. Derrière son nom évocateur, l’événement est devenu au fil des décennies un rendez-vous majeur de l’éducation à la nature, mettant en lumière des milieux aussi discrets qu’indispensables.
Chaque printemps, mares, étangs et marais deviennent ainsi le théâtre de plusieurs centaines d’animations : sorties nature, conférences, chantiers participatifs, visites guidées ou encore animations scolaires. Ces moments de découverte permettent au public d’observer de près les amphibiens — grenouilles, crapauds et tritons — véritables indicateurs de la santé écologique de ces habitats fragiles.
Des milieux en danger, mais essentiels
Si les zones humides évoquent souvent des paysages paisibles, leur situation est préoccupante. Depuis le début du XXᵉ siècle, près des deux tiers de ces milieux ont disparu en France, principalement sous l’effet de l’urbanisation, du drainage agricole ou de l’artificialisation des sols. Cette érosion rapide fragilise de nombreux équilibres naturels.
Or, ces espaces remplissent des fonctions écologiques cruciales : régulation des crues, stockage de l’eau, filtration naturelle des polluants, réservoir de biodiversité ou encore atténuation des effets du changement climatique. Ils constituent également des refuges pour une faune et une flore remarquables, dont de nombreuses espèces protégées.
À travers Fréquence Grenouille, les organisateurs souhaitent rappeler que la protection de ces milieux ne relève pas uniquement de la science ou de la gestion environnementale, mais aussi d’un engagement citoyen. Comprendre leur rôle, c’est déjà contribuer à leur préservation.
Un lancement national en Bourgogne, symbole de restauration réussie
Pour cette 32ᵉ édition, le lancement officiel national se tiendra le 7 mars 2026 à Vielverge, en Côte-d’Or, sur le réseau de mares des Prés bourrés. Le site, géré par le Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne — qui fête cette année ses 40 ans — illustre parfaitement le potentiel de restauration écologique des zones humides.
Ancienne gravière réhabilitée au début des années 2010, le site a fait l’objet d’un important travail de réaménagement incluant la création d’un réseau de mares interconnectées. Ce dispositif favorise la circulation des espèces et renforce leur capacité de reproduction. Depuis plus d’une décennie, un suivi écologique régulier permet d’évaluer l’efficacité de ces aménagements.
Aujourd’hui, le site accueille plusieurs espèces d’amphibiens, dont le Sonneur à ventre jaune et le Triton ponctué, témoignant de la qualité retrouvée du milieu. Au-delà de sa richesse biologique, ce réseau de mares constitue un exemple concret de collaboration entre collectivités, acteurs économiques et gestionnaires de la nature.
Une journée ouverte à tous
Le 7 mars, la journée inaugurale mêlera temps pédagogiques et moments de rencontre. Des scolaires locaux découvriront le site lors d’une visite guidée, suivie d’un lancement officiel réunissant élus et partenaires. En soirée, une animation grand public invitera les participants à explorer les mares à la tombée de la nuit — moment privilégié pour observer l’activité des amphibiens.
Cet événement donnera le coup d’envoi de trois mois d’animations réparties sur l’ensemble du territoire. Grâce à des outils de géolocalisation et à des plateformes de bénévolat nature, chacun pourra trouver une sortie ou un chantier près de chez soi.
Sensibiliser pour agir
Au-delà de la découverte naturaliste, Fréquence Grenouille porte un message plus large : les zones humides sont des alliées face aux défis environnementaux actuels. Leur préservation contribue à la résilience des territoires, à la qualité de l’eau et au maintien de la biodiversité.
En rendant ces milieux accessibles au public, les Conservatoires d’espaces naturels espèrent susciter curiosité, émerveillement et engagement. Car protéger les zones humides commence souvent par une première rencontre — au détour d’une mare, à l’écoute d’un chant de grenouille, ou lors d’une sortie partagée. Une invitation, en somme, à regarder autrement ces paysages vivants qui participent silencieusement à notre équilibre commun.

