À l’ombre de l’Ours de Pompon, au Jardin Darcy, les militant·es d’Oxfam France ont donné rendez-vous aux Dijonnais·es lundi 16 février à 16h30. À la veille de la publication de son nouveau rapport, « Pour des villes résilientes », l’ONG a cherché à replacer l’adaptation au changement climatique au cœur du débat public, à l’approche des élections municipales de 2026.
En présence de plusieurs membres du groupe local, dont Emmanuel Soncourt, administrateur d’Oxfam France et porte-parole sur place, l’organisation a proposé une mise en scène symbolique devant la statue de l’ours de François Pompon, figure emblématique du Jardin Darcy.
24 leviers pour protéger les habitant·es
Publié officiellement le 17 février, le rapport recense 24 leviers d’adaptation déjà mis en œuvre dans des communes françaises pour faire face aux inondations, vagues de chaleur ou feux de forêt, dont la fréquence et l’intensité augmentent.
Pour Oxfam, l’enjeu est clair : sans action volontariste, le dérèglement climatique aggravera les inégalités sociales. L’organisation a rappelé que :
- Les 20 % des personnes sinistrées les plus pauvres restent plus souvent dans un logement inondé que le reste de la population.
- Lors des fortes chaleurs en ville, les ménages gagnant plus de 3 000 € par mois sont deux fois plus nombreux à déclarer avoir accès à des espaces verts rafraîchissants que ceux gagnant moins de 1 700 €.
- Dans les villes moyennes, le taux de chômage est 18 points plus élevé dans les zones inondables.
« Les réponses les plus efficaces ne sont pas nécessairement techniques ou technologiques », a insisté l’ONG, mettant en avant un levier social plaçant les populations vulnérables au cœur de l’action publique.
Des exemples concrets aux quatre coins de la France
Plusieurs communes ont déjà engagé des actions structurantes :
- À Mamoudzou, des cheminements ont été sécurisés et un système d’assainissement des eaux pluviales créé dans un quartier informel exposé aux fortes pluies.
- À Vernon, un parc avec aire de jeux et équipements sportifs contribue aussi à limiter les inondations.
- À Pons, une ferme municipale rendue résistante à la sécheresse alimente les cantines scolaires en produits locaux.
- À Valence, un coefficient de naturalité a permis d’accélérer la végétalisation dans le plan local d’urbanisme.
Autre exemple cité : à Grenoble, la révision du plan communal de santé a permis de développer des espaces intergénérationnels, protégeant les personnes âgées lors des épisodes de chaleur tout en luttant contre l’isolement.
« Ce n’est pas l’adaptation qui coûte cher, c’est l’inadaptation »
Face aux critiques sur le coût des politiques climatiques, Oxfam a rappelé que les événements climatiques extrêmes couverts par les assurances représentent déjà deux milliards d’euros par an en France.
« Un euro investi aujourd’hui dans la prévention des inondations permet d’économiser trois euros lorsque la catastrophe survient », a souligné Robin Ehl, chargé de campagne à Oxfam France. « La prévention n’est pas une source d’économie, mais un investissement utile. »
Certaines mesures peuvent même générer des recettes. À Bourg-en-Bresse, Amiens et Limoges, l’instauration d’une taxe sur les logements vacants vise à limiter l’artificialisation des sols, facteur aggravant des inondations.
Dijon en première ligne
La mobilisation dijonnaise n’était pas anodine. La capitale bourguignonne reste exposée :
- au risque d’inondation par débordement de l’Ouche et du Suzon,
- au retrait-gonflement des argiles fragilisant les maisons lors des épisodes de sécheresse,
- aux canicules accrues par le climat semi-continental.
Alors que 68 % des Français déclarent faire confiance aux maires pour agir face au changement climatique (contre 8 % au gouvernement), Oxfam a appelé les candidat·es aux municipales de 2026 à inscrire l’adaptation climatique au cœur de leurs programmes.
Le groupe local de Dijon mène d’ores et déjà un travail de plaidoyer auprès des listes candidates, portant des propositions sur la lutte contre la pauvreté et les inégalités, l’accès aux droits et à la santé, l’égalité femmes-hommes et l’adaptation climatique.
