À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars prochain, la CGT des territoriaux de Dijon interpelle publiquement la municipalité et la Métropole sur les inégalités persistantes entre femmes et hommes dans la fonction publique territoriale. Dans un communiqué diffusé le 26 février, le syndicat appelle à des engagements « clairs et mesurables » à quelques semaines des élections municipales.
Des inégalités toujours marquées
Les chiffres nationaux rappelés par la CGT sont sans appel : les femmes représentent près de 62 % des effectifs de la fonction publique territoriale, mais perçoivent en moyenne environ 12 % de rémunération en moins que les hommes à temps de travail équivalent.
Au-delà de l’écart salarial, le syndicat souligne que les agentes occupent majoritairement les postes les moins rémunérés et sont davantage exposées au temps partiel subi. Une situation qui, selon la CGT, s’explique notamment par la dévalorisation persistante des filières fortement féminisées.
Des métiers essentiels mais peu reconnus
Dans son communiqué, la CGT pointe particulièrement plusieurs secteurs :
- la filière sociale et médico-sociale (ATSEM, auxiliaires de puériculture, travailleuses sociales),
- la filière animation,
- la filière administrative de catégorie C,
- ainsi que les métiers du soin, de l’accompagnement et de l’entretien.
Ces professions, indispensables au fonctionnement quotidien du service public local, figurent pourtant parmi les moins reconnues et les moins rémunérées. Les agentes concernées subissent plus fréquemment des carrières interrompues, des perspectives d’évolution limitées et, à terme, des retraites plus faibles.
Pour la CGT, cette situation révèle un décalage entre le discours institutionnel sur l’égalité professionnelle et la réalité vécue par les agentes sur le terrain.
Une lettre ouverte aux exécutifs locaux
À l’approche du 8 mars et des échéances municipales, le syndicat a adressé une lettre ouverte à la maire de Dijon et au président de Dijon Métropole. Il formule plusieurs demandes concrètes :
- la réalisation d’un diagnostic transparent des écarts de rémunération au sein des collectivités dijonnaises ;
- la revalorisation des filières féminisées ;
- l’amélioration des déroulements de carrière ;
- un engagement public pour porter au niveau national la reconnaissance salariale de ces métiers ;
- le renforcement de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail.
« L’égalité ne peut rester un principe »
« L’égalité professionnelle ne peut rester un principe. Elle doit devenir une réalité concrète pour les agentes qui font vivre au quotidien le service public local », affirme la CGT dans son communiqué.
En inscrivant son interpellation dans le calendrier symbolique du 8 mars et dans le contexte électoral à venir, le syndicat entend placer la question de l’égalité femmes-hommes au cœur du débat local. Reste désormais à savoir quelles réponses apporteront la Ville de Dijon et la Métropole à ces revendications.
