À l’approche des prochaines élections municipales à Dijon, plusieurs associations de défense des droits des personnes LGBTI+ interpellent les candidat·es sur la nécessité de mettre en place des politiques publiques plus inclusives. Dans un communiqué diffusé le 4 mars 2026, l’association SOS homophobie et plusieurs organisations partenaires appellent la future équipe municipale à agir concrètement pour améliorer le quotidien des personnes LGBTQIA+ sur le territoire dijonnais.
Selon les données recueillies par SOS homophobie pour l’année 2024, les actes et discriminations visant les personnes LGBTI+ restent particulièrement préoccupants en France. L’association fait état de 186 agressions physiques LGBTIphobes, 188 cas de lesbophobie, 888 cas de gayphobie et 371 cas de transphobie signalés au cours de l’année. Des chiffres qui ne représenteraient qu’une partie de la réalité, de nombreuses victimes ne signalant pas les violences ou discriminations dont elles sont victimes. Pour les associations, ces statistiques constituent néanmoins un indicateur suffisant pour interpeller les responsables politiques locaux et exiger des réponses concrètes.
Au-delà des chiffres, les organisations signataires rappellent que les politiques municipales jouent un rôle essentiel dans la qualité de vie des personnes LGBTQIA+. Les collectivités territoriales interviennent en effet dans des domaines variés tels que la vie associative, l’état civil, l’éducation, la prévention, la santé, le sport ou encore la culture. Autant de champs d’action qui peuvent contribuer à créer un environnement plus sûr et plus inclusif pour les minorités sexuelles et de genre. Les élu·es locaux disposent donc, selon les associations, d’un levier important pour favoriser l’égalité et lutter contre les discriminations au niveau local.
Dans leur communiqué et dans une lettre adressée aux candidat·es aux élections municipales de Dijon, les associations expliquent également que le climat actuel, tant au niveau national qu’international, renforce le sentiment d’insécurité ressenti par de nombreuses personnes LGBTQIA+. Elles soulignent que certaines situations de discrimination peuvent constituer un frein à l’accès à la santé, aux droits ou à l’emploi. Les conséquences sur la santé mentale sont particulièrement alarmantes : 34 % des personnes LGBTQIA+ en France déclarent avoir eu des idées suicidaires au cours de l’année écoulée, selon les données mentionnées par les associations.
Les organisations locales évoquent également le contexte dijonnais, notamment les tensions et les difficultés rencontrées ces dernières années autour de l’organisation de la Marche des Fiertés. Selon elles, ce manque de sérénité a contribué à renforcer un sentiment d’exclusion au sein d’une partie de la communauté LGBTQIA+ de la ville. Elles rappellent que derrière les acronymes et les symboles du mouvement se trouvent des réalités très diverses : familles avec enfants, étudiant·es, personnes âgées, personnes précaires ou encore habitants et habitantes de longue date de la ville. Tous et toutes aspirent à vivre sereinement dans la société dijonnaise.
Pour répondre à ces enjeux, les associations proposent plusieurs pistes d’action concrètes à mettre en œuvre durant la prochaine mandature municipale. Elles plaident notamment pour un renforcement du soutien aux associations LGBTQIA+, à travers des aides financières, un accès facilité aux équipements municipaux ou encore une meilleure visibilité dans l’espace public. Elles demandent également la poursuite et l’amélioration des formations destinées aux élu·es et aux agent·es municipaux afin de garantir un accueil respectueux et adapté des personnes LGBTQIA+ dans les services publics, notamment en matière d’état civil ou dans les structures d’accompagnement.
Les organisations appellent également la municipalité à encourager la visibilité et la reconnaissance des personnes LGBTQIA+ dans la vie culturelle et sportive de la ville. Cela pourrait passer par l’organisation ou le soutien d’événements inclusifs, mais aussi par des actions symboliques dans l’espace public, comme l’installation de signalétiques inclusives ou l’adaptation de certains équipements municipaux. Les associations insistent aussi sur l’importance de développer des partenariats avec des acteurs engagés en faveur du respect des droits LGBTQIA+, notamment dans l’attribution de subventions ou de marchés publics.
Par ailleurs, elles proposent la création d’un véritable plan territorial de lutte contre les LGBTIphobies, élaboré en concertation avec les organisations locales. Ce plan pourrait inclure des actions de prévention, des programmes éducatifs sur l’histoire et les droits des personnes LGBTQIA+, ainsi que la mise en place d’espaces ressources permettant de valoriser la mémoire et les savoirs liés à ces luttes. Les associations souhaitent également que les politiques de santé publique intègrent davantage les problématiques spécifiques des personnes LGBTQIA+ et des travailleur·euses du sexe, tout en renforçant la formation des forces de l’ordre à la lutte contre les discriminations.
Au total, neuf organisations soutiennent cette initiative : AIDES, le Centre LGBTQIA+ BFC-Dijon, le Collectif 25 Novembre, le Collectif Beargundy, Contact, Le Coin des LGBT+ Dijon, Les Orageus·e·s, Sapphics in Dijon et SOS homophobie. Ensemble, elles espèrent que les élections municipales à venir constitueront un moment clé pour placer les questions d’égalité et de lutte contre les discriminations au cœur du débat local et pour construire, à Dijon, une politique publique véritablement inclusive.
