La liste citoyenne et participative Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger conteste la validité d’un sondage réalisé par l’Ifop pour le candidat Emmanuel Bichot et relayé ces derniers jours par plusieurs médias dijonnais. Dans un communiqué, le mouvement estime que l’étude comporte un biais méthodologique qui aurait empêché certains sondés d’exprimer leur intention de vote en sa faveur.
Le sondage en question a été réalisé par téléphone par l’institut Ifop entre le 27 février et le 5 mars, à la demande d’Emmanuel Bichot, candidat de la liste d’union de la droite et du centre. Selon Dijon Avenir, plusieurs habitants de Dijon contactés dans le cadre de l’enquête ont signalé que la liste citoyenne ne leur avait pas été proposée explicitement parmi les choix possibles.
Une présentation jugée inéquitable
D’après le mouvement, l’examen du rapport de l’Ifop confirmerait une différence de traitement entre les listes. Dans le questionnaire, les autres candidatures auraient été présentées aux personnes interrogées avec le nom de la tête de liste accompagné de celui des partis soutenant la liste. En revanche, pour la liste Dijon Avenir, seul le nom de son chef de file, Rémi Goguel, aurait été mentionné, sans référence au nom du mouvement.
La liste affirme également disposer d’un enregistrement audio transmis par une personne sondée, qui confirmerait cette présentation. Selon Dijon Avenir, cette formulation aurait pu empêcher certains électeurs de reconnaître la liste pour laquelle ils envisagent de voter.
Un choix politique assumé par la liste
La formation citoyenne explique que ce point est particulièrement problématique au regard de son positionnement politique. Elle revendique en effet une démarche visant à mettre en avant le collectif plutôt que les personnalités individuelles.
Dans cette logique, la campagne met davantage en avant le nom de la liste que celui de ses candidats. Le projet est porté par un binôme composé de Rémi Goguel, candidat à la mairie de Dijon, et Mathilde Mouchet, candidate à la présidence de la métropole. Les supports de campagne du mouvement privilégient ainsi la mention « Dijon Avenir » et l’identité collective du projet.
Pour ses responsables, l’absence de cette appellation dans la formulation du sondage constituerait donc une « erreur méthodologique flagrante » susceptible d’avoir influencé les résultats.
Des résultats contestés
Le sondage attribue 2 % d’intentions de vote à la liste citoyenne. Dijon Avenir estime que ce score ne reflète pas la réalité du soutien dont elle disposerait, précisément en raison de la manière dont la question aurait été posée aux sondés.
Dans son communiqué, le mouvement met en cause à la fois l’institut Ifop et Emmanuel Bichot, commanditaire de l’étude, pour « insincérité » du sondage. Il reproche également à plusieurs médias locaux — Le Bien Public, Dijon Actualités, Infos Dijon, Actu.fr et Ici Bourgogne — d’avoir relayé les résultats sans mentionner ce qu’il considère comme une erreur méthodologique.
Une saisine de la Commission des sondages
La liste affirme avoir adressé une réclamation à la Commission des sondages afin de contester la validité de l’étude. Elle demande également aux médias ayant publié les résultats de diffuser sa mise au point, conformément aux dispositions de la loi du 25 avril 2016 encadrant la publication des sondages électoraux.
Plus largement, Dijon Avenir met en garde contre l’influence que peuvent avoir les enquêtes d’opinion sur le comportement des électeurs. Selon le mouvement, les sondages peuvent favoriser des stratégies de « vote utile » lorsque certaines listes apparaissent comme incapables d’accéder au second tour.
La formation appelle ainsi les électeurs dijonnais à « ne pas se laisser abuser » par les résultats de cette enquête et à maintenir leur vote en faveur de sa liste.
Communiqué de presse du 9 mars 2026 de Dijon Avenir :
Quand les médias dijonnais relaient un sondage biaisé, préjudiciable à Dijon Avenir !
Après la publication d’un sondage Ifop pour Bichot, complètement biaisé car n’ayant pas permis aux personnes interrogées d’exprimer leur choix de voter pour notre liste, nous appelons les électeur·ice·s dijonnais·es à ne pas se laisser abuser par les résultats de ce sondage, aussi fiables que les prédictions d’une boule de cristal !
Le candidat Emmanuel Bichot, de la liste d’union de la droite et du centre, a financé sur son compte de campagne un sondage réalisé téléphoniquement par l’institut Ifop du 27 février au 5 mars.
Depuis plusieurs jours nous sommes alertés par des Dijonnais·es sondé·e·s, qui ont été surpris que la liste citoyenne et participative “Dijon Avenir” ne leur ait pas été proposée, les empêchant de manifester leur préférence pour notre liste.
En parcourant ce sondage publié par l’Ifop, nous constatons en effet que chaque liste a été présentée aux personnes sondées avec la double mention du nom de la tête de liste ET du ou des partis soutenant la liste, sauf pour notre liste “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger” dont le seul nom de la tête de liste, Rémi Goguel, a été présenté aux personnes sondées, sans aucune mention du mouvement Dijon Avenir dont émane la liste.

L’une de ces personnes ayant pris soin d’enregistrer son entretien avec l’opératrice, elle nous a transmis cet enregistrement audio, qui confirme bien l’absence de mention de “Dijon Avenir”.
En quoi cela pose-t-il problème ?
Un des principes d’une liste citoyenne et participative est de rompre avec les habitudes des politiques qui personnifient à outrance les candidatures. Pour plus de démocratie, nous et les 700 autres listes citoyennes et participatives partout en France, avons ainsi fait le choix de mettre en avant le nom de notre liste, “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger”, plutôt que le nom de notre tête de liste, la liste étant d’ailleurs animée par un binôme de candidat·e·s, Rémi Goguel pour la fonction de Maire de Dijon, et Mathilde Mouchet pour celle de Présidente de la Métropole.
Il n’est qu’à comparer les affiches de campagne des différentes listes pour voir que Dijon Avenir, met bien en avant le nom de sa liste et non celui des candidat·e·s, contrairement à la plupart des autres listes qui jouent à fond la personnification (à l’exception de Dijon Populaire et des listes de Lutte Ouvrière et du Parti des Travailleurs) :

Sur notre dépliant de campagne, support des échanges avec les Dijonnais·es ces derniers mois, les noms de notre binôme de candidat·e·s ne sont pas mentionnés, là encore par choix de mettre en avant le programme et la dimension collective de notre démarche citoyenne.
Lors des échanges de nos colistier·e·s avec les Dijonnais·es, la liste est toujours présentée comme “liste citoyenne Dijon Avenir”, sans mention du nom de la tête de liste. Ainsi, les habitants de Dijon nous connaissent sous le nom “Dijon Avenir”, qu’ils retrouveront sur le bulletin de vote (avec cette fois-ci bien sûr les noms des 59 colistier·e·s !)
L’erreur méthodologique flagrante commise par l’Ifop – et validée par M. Bichot commanditaire du sondage – constitue un grave manquement déontologique et induit un important biais sur le résultat. En effet, l’absence de mention de Dijon Avenir a d’évidence empêché des personnes sondées qui prévoient de voter pour notre liste, de faire connaître leur choix. Cela explique certainement en grande partie le taux de 2 % que nous attribue ce sondage.
Nous mettons en cause l’Ifop et M. Bichot pour insincérité de leur sondage, et nous interpellons les médias dijonnais Le Bien Public, Dijon Actualités, Infos Dijon, Actu.fr/, Ici Bourgogne, qui ont relayé les résultats de ce sondage sans pointer cette erreur grossière.
Depuis plusieurs années en France comme ailleurs dans le monde, la mode des sondages a transformé cet outil “thermomètre” en une espèce de “thermostat”, dont les résultats sont susceptibles d’orienter le vote de nombre d’électeur·ice·s, notamment vers une stratégie de “vote utile” quand la liste pour laquelle ils pensaient initialement voter, apparaît dans les sondages incapable de se qualifier pour le second tour. Ainsi, l’erreur de l’Ifop validée par M. Bichot (ou l’inverse, peu importe) constitue un grave préjudice pour notre liste, que nous dénonçons ici avec vigueur.
Les 2 % dont est créditée la liste citoyenne et participative “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger ” ne disent en fait rien des intentions de vote réelles des Dijonnais·es. Nous appelons les électeur·ice·s à ne pas se laisser abuser par ce sondage biaisé, et à maintenir leur vote pour Dijon Avenir, en faveur d’un mandat citoyen et de la bifurcation vers une économie de post-croissance.
Conformément à la loi du 25 avril 2016, nous demandons aux médias de publier notre mise au point sur un espace comparable à celui consacré au sondage, tel que prévu par la Commission des sondages.
Enfin, comme le permet la loi, nous adressons une réclamation à la Commission des sondages, pour contester la validité de ce sondage biaisé.
Dijon Avenir
Rémi Goguel, tête de liste, candidat à la fonction de Maire de Dijon
Mathilde Mouchet, n° 2, candidate à la fonction de Présidente de la Métropole
