Ce jeudi 2 avril, dès 10h30, environ une centaine de personnes se sont rassemblées devant la préfecture de Dijon à l’appel d’un large front syndical de retraité·es. À l’initiative de la CGT, FO, la FSU, Solidaires, la CFTC, la CFE-CGC, la FGR-FP, l’UNRPA et LSR, cette mobilisation visait à dénoncer le budget 2026 du gouvernement Lecornu, adopté via le recours au 49-3, et ses conséquences jugées alarmantes sur la Sécurité sociale et le pouvoir d’achat.
Pour les organisations présentes, le recours au 49-3 constitue un passage en force démocratique qui vient s’ajouter à des inquiétudes déjà fortes sur le contenu du budget. Elles estiment que le projet, en particulier son volet consacré à la Sécurité sociale, ne pourra pas répondre aux besoins de santé de la population. Selon elles, la logique d’économies imposée à l’ensemble des secteurs sanitaires et sociaux entraînera une réduction de l’offre de soins et une dégradation globale du système.
Les syndicats dénoncent également une orientation politique qu’ils jugent injuste socialement. Ils pointent une aggravation continue de la perte de pouvoir d’achat des retraité·es, liée notamment à des choix fiscaux favorisant les plus riches. Pour les manifestants, ces exonérations participent à un déséquilibre croissant, où les efforts sont demandés aux plus modestes tandis que les plus aisés sont épargnés.
Un autre sujet de préoccupation majeur concerne la place des retraité·es dans le discours public. Les organisations présentes dénoncent une tendance à les désigner comme responsables des déficits de la protection sociale. Elles redoutent que cette logique serve de justification à de nouvelles mesures défavorables, qui pourraient être mises en œuvre au cours de l’année par décret ou intégrées dans les prochains budgets.
Au cœur des revendications figure la question de l’accès aux soins. Les manifestants alertent sur plusieurs mesures à venir ou déjà envisagées, comme l’augmentation du forfait hospitalier, la hausse du coût des passages aux urgences ou encore le développement de nouvelles contributions. Selon eux, ces évolutions traduisent un transfert progressif des dépenses de santé vers les assurés, avec pour conséquence une augmentation du reste à charge.

Ils insistent également sur les effets indirects de ces mesures, notamment la hausse des cotisations des mutuelles. Cette situation risque, selon eux, de renforcer les inégalités entre celles et ceux qui pourront maintenir une couverture de qualité et les autres, contraints de renoncer à certains soins pour des raisons financières.
Les critiques s’appuient sur une réalité déjà observable. L’accès aux soins se dégrade sur l’ensemble du territoire, avec des délais de rendez-vous de plus en plus longs, des distances accrues à parcourir et une désertification médicale particulièrement marquée dans les zones rurales. Lors du rassemblement, les syndicats ont rappelé qu’une part croissante de la population considère désormais le coût de la santé comme dissuasif, signe d’un système en tension.
Au-delà du secteur de la santé, les organisations ont élargi leurs critiques aux choix économiques du gouvernement. Elles dénoncent notamment l’ampleur des aides publiques versées aux entreprises, les allègements de cotisations dont bénéficient les grandes sociétés et les montants importants redistribués aux actionnaires. Pour les manifestants, ces chiffres démontrent que les ressources financières existent, contrairement à ce qui est avancé pour justifier les restrictions budgétaires.
Un autre point soulevé concerne les priorités budgétaires dans un contexte international tendu. Les syndicats estiment que les contraintes liées à la situation géopolitique risquent d’orienter les dépenses publiques vers les activités de défense, au détriment des politiques sociales. Ils dénoncent une hiérarchisation des priorités qui relèguerait la santé et la protection sociale au second plan.
Face à cette situation, les organisations de retraité·es formulent des revendications claires. Elles demandent l’abandon des hausses de forfaits et des transferts de charges vers les assurés, ainsi qu’un renforcement du financement de la Sécurité sociale. Elles appellent également à une meilleure répartition des richesses, estimant que les milliards issus du travail doivent être investis dans des mesures sociales plutôt que dans les profits.
Si le rassemblement s’est déroulé dans le calme, il témoigne d’une inquiétude profonde et d’une volonté de mobilisation durable. Les syndicats préviennent qu’ils resteront vigilants face aux prochaines décisions gouvernementales et n’excluent pas de nouvelles actions. Dans un contexte de tensions sociales persistantes, cette mobilisation illustre une contestation croissante des orientations budgétaires et de leurs conséquences sur la vie quotidienne des retraité·es.










