Après deux années consécutives de ralentissement, le marché de l’emploi cadre en Bourgogne-Franche-Comté pourrait amorcer une phase de stabilisation en 2026. C’est ce que révèle l’étude annuelle publiée par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), qui dresse le bilan de l’année 2025 et esquisse les perspectives à venir.
En 2025, la région a enregistré 5 810 recrutements de cadres, soit une baisse limitée de 1 % par rapport à l’année précédente. Un recul modéré, moins marqué qu’au niveau national, où les embauches ont chuté de 3 % sur un an, pour s’établir à 294 500 recrutements, et de 11 % sur deux ans. Ce ralentissement s’inscrit dans un contexte économique incertain, marqué par une croissance atone, un recul des investissements et des tensions sur le commerce mondial.
Dans ce contexte, la Bourgogne-Franche-Comté résiste relativement bien, même si certains secteurs industriels, notamment la mécanique et la métallurgie, continuent de peser sur la dynamique régionale. « En 2025, le marché de l’emploi cadre en Bourgogne-Franche-Comté recule légèrement avec 5 810 recrutements (-1%), une baisse moins marquée qu’au niveau national, liée notamment aux difficultés de l’industrie dans la région, en particulier la mécanique et la métallurgie. Un niveau similaire est attendu en 2026, encore éloigné du record de 2023, dans un contexte incertain », souligne Hervé Reynier, délégué régional de l’Apec Bourgogne-Franche-Comté.
Malgré ce repli, la région continue de créer des emplois cadres, avec 1 230 créations nettes de postes en 2025. Au total, elle compte près de 81 430 cadres, soit environ 2 % des effectifs du secteur privé en France. Le profil de ces cadres se distingue également par un âge moyen plus élevé que la moyenne nationale, avec une forte concentration dans la tranche des 45-54 ans, et par une présence majoritaire dans les TPE et PME, qui emploient 57 % d’entre eux.
À l’échelle nationale, les premiers signes d’amélioration apparaissent toutefois. L’Apec anticipe une reprise des recrutements en 2026, avec une hausse attendue de 4 %. Une perspective encourageante, mais encore fragile. « L’emploi cadre est repassé sous la barre des 300 000 recrutements en 2025 mais notre étude confirme les premiers signes d’amélioration présentés en début d’année. Une augmentation de 4% des embauches est attendue en 2026. Cette reprise reste à ce stade fragile et dépendante de l’évolution du contexte géopolitique et économique. Dans un environnement incertain, l’Apec poursuit son engagement aux côtés des entreprises, et notamment les TPE PME, qui devront continuer à ajuster leurs stratégies de recrutement, tout en sécurisant leurs besoins en compétences sur le long terme », précise Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec.
En Bourgogne-Franche-Comté, les perspectives sont plus prudentes. Les recrutements devraient se maintenir à un niveau stable en 2026, sans réelle reprise. L’industrie devrait continuer de concentrer une part importante des embauches (37 %, contre seulement 14 % au niveau national), suivie par les services à forte valeur ajoutée (27 %) et les autres services (23 %). Le commerce et la construction restent en retrait, avec respectivement 9 % et 4 % des recrutements.
Certaines fonctions demeurent particulièrement recherchées, notamment dans la comptabilité, le secteur médico-social, le commerce et la finance. Par ailleurs, les PME devraient jouer un rôle déterminant dans les recrutements à venir : elles pourraient représenter à elles seules 56 % des embauches de cadres en 2026, soit environ 3 230 postes.
Dans ce contexte, l’enjeu ne se limite plus à recruter, mais à recruter durablement. Face à des attentes croissantes des candidats en matière de sens, de cohérence et de perspectives professionnelles, les entreprises doivent repenser leurs pratiques. L’Apec insiste ainsi sur l’importance de sécuriser les recrutements, en améliorant notamment la qualité du dialogue entre recruteurs et candidats, afin de limiter les risques de départs précoces et de renforcer la fidélisation des talents.
