Après un premier rassemblement organisé le mardi 14 avril à 18h devant la préfecture de Dijon, ayant réuni jusqu’à une trentaine de participants au plus fort de la mobilisation, les organisations syndicales membres de l’Union syndicale Solidaires entendent maintenir la pression face à la hausse des prix des carburants. Elles appellent ainsi à une nouvelle mobilisation dans l’espace public. Une manifestation est prévue le jeudi 23 avril à 18h, place Darcy, avec un départ annoncé à 18h30. Le mot d’ordre demeure inchangé : dénoncer la vie chère, exiger des mesures d’urgence et défendre le pouvoir d’achat.
Un contexte international qui pèse sur le quotidien
À l’origine de cette mobilisation, un contexte géopolitique tendu. Selon les organisateurs, l’agression militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran aurait déclenché un choc pétrolier dont les répercussions se font directement sentir sur le niveau de vie des populations. Cette instabilité internationale continue d’alimenter la hausse des prix, tandis que les populations civiles au Moyen-Orient restent durement touchées.
Dans ce climat, la stratégie de tension impulsée notamment par Donald Trump est accusée de renforcer la crise inflationniste mondiale. Les organisateurs estiment que cette situation appelle une réponse politique forte et immédiate. « Le gouvernement doit donc agir », martèlent-ils.
Une mobilisation pour des mesures concrètes
Les syndicats invitent l’ensemble de la population à rejoindre la manifestation afin de réclamer des mesures urgentes. L’objectif : empêcher que le coût du travail — notamment les déplacements domicile-travail — ne devienne encore plus lourd pour les salariés.
Parmi les revendications principales, plusieurs axes se dégagent.
Augmenter les salaires : une priorité sociale
La hausse des prix à la pompe impacte directement les ménages. À cela s’ajoutent les factures énergétiques — gaz, fioul — qui aggravent la pression financière. Alors que l’inflation atteint déjà 2,5 % en mars, les salaires, eux, stagnent. Les aides gouvernementales sont jugées insuffisantes et trop souvent orientées vers les entreprises.
Les manifestants réclament donc :
- une augmentation immédiate des salaires pour garantir des conditions de vie dignes ;
- l’indexation des salaires sur l’inflation ;
- des mesures élargies concernant l’ensemble des prestations sociales.
Encadrer les prix de l’énergie
Autre revendication centrale : la régulation des prix. L’énergie est considérée comme un besoin essentiel, indispensable pour se déplacer ou se chauffer. Dans cette logique, les organisateurs dénoncent un marché soumis à la spéculation financière, au détriment des besoins réels de la population.
Ils exigent :
- le blocage immédiat des prix du carburant ;
- un encadrement strict des prix de l’énergie.
L’idée est de sortir ces biens essentiels de la logique spéculative pour répondre aux besoins vitaux des citoyens plutôt qu’aux intérêts des actionnaires.
Taxer les surprofits des grandes entreprises
Les syndicats pointent également les bénéfices records réalisés par les grandes entreprises du secteur énergétique. Une filiale de Total Énergie aurait ainsi engrangé 1 milliard de dollars de bénéfices en mars en pariant sur la hausse du prix du baril.
Les organisateurs dénoncent un décalage entre ces profits et la réalité vécue par les citoyens. Ils soulignent que les prix à la pompe ont augmenté rapidement dès le début du conflit, alors même qu’un délai existe entre l’extraction du pétrole et sa distribution. En France, les compagnies pétrolières engrangeraient en moyenne 11,6 millions d’euros supplémentaires par jour depuis le début de la crise.
Face à cela, ils revendiquent :
- une taxation des surprofits liés à la flambée des prix de l’énergie ;
- une réappropriation publique du secteur de la production énergétique.
Développer des alternatives à la voiture individuelle
La question des transports est également au cœur des préoccupations. Les loyers élevés contraignent de nombreux travailleurs à vivre loin de leur lieu d’emploi. À cela s’ajoutent des insuffisances dans les réseaux de transports collectifs et des horaires parfois inadaptés.
Dans ce contexte, la voiture reste souvent la seule option, accentuant la dépendance au carburant.
Les manifestants proposent :
- de rendre obligatoire le forfait mobilité durable pour les employeurs ;
- d’investir massivement dans les services publics de transport ;
- de développer de véritables alternatives à la voiture individuelle ;
- de mettre en place des politiques tarifaires incitatives, pouvant aller jusqu’à la gratuité.
Une mobilisation appelée à s’amplifier
Cette manifestation fait suite à une première mobilisation symbolique organisée le mardi 14 avril. Les organisateurs estiment désormais nécessaire de « hausser le curseur » et d’intensifier la mobilisation pour obtenir des actions concrètes de la part du gouvernement.
Le message se veut mobilisateur et combatif : « Ne soyons pas résigné·es, faisons-nous entendre ! »
Dans un contexte où les prix explosent — essence, diesel, mais aussi biens de première nécessité — les syndicats entendent faire pression pour une redistribution plus juste des richesses et une protection renforcée des ménages.
Le rendez-vous est donc fixé : jeudi 23 avril, 18h, place Darcy à Dijon. Une mobilisation qui s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation face à la vie chère et aux inégalités croissantes.
