Le 26ᵉ congrès confédéral de Force Ouvrière s’est ouvert ce lundi 20 avril 2026 à 10 heures précises à Dijon. Placé sous le slogan « La paix pour la justice sociale », l’événement devait initialement affirmer la ligne du syndicat dans un contexte international marqué par des tensions croissantes et des conflits meurtriers, notamment au Moyen-Orient.
Dès son discours d’ouverture, le secrétaire général Frédéric Souillot a souligné la gravité de la situation mondiale. « Comme en 2022, on ouvre le congrès dans un contexte de guerre dans le monde, avec des attaques qui bafouent le droit international », a-t-il déclaré, rappelant que « les premières victimes sont les travailleurs ». Il a également insisté sur le rôle central de l’Organisation internationale du travail, dans un climat où, selon ses mots, « les va-t’en guerre s’en donnent à cœur joie ».
En évoquant Léon Jouhaux, ancien président de la CGT-FO et prix Nobel de la paix, le ton se voulait rassembleur : « L’unité des travailleurs fera la paix dans le monde. » Un message fort, censé incarner l’esprit du congrès.
Mais derrière cette ouverture solennelle, la réalité semble bien différente. Depuis la veille au soir, le climat interne s’est considérablement tendu. Premier épisode marquant : la tentative d’éviction du syndicaliste Frédéric Guillaume, qui a suscité de vives réactions parmi les participants.
Ce mardi matin, la situation s’est encore envenimée. Plusieurs militants ont dénoncé des restrictions d’accès au congrès. Selon Frédéric Vuillaume, ainsi que d’autres syndicalistes présents sur place, certains adhérents auraient été empêchés d’entrer malgré une situation administrative en règle, notamment en ce qui concerne leurs cotisations. Un militant venu de Martinique aurait également été bloqué à l’entrée, alimentant davantage les tensions.
À l’heure actuelle, les circonstances exactes de ces incidents restent floues. Une chose apparaît néanmoins certaine : derrière le slogan « La paix pour la justice sociale », la sérénité est loin de régner au sein du congrès. Entre divisions internes et accusations d’exclusion, Force Ouvrière traverse une zone de turbulences qui pourrait marquer durablement son orientation et son image.
Et comme un écho ironique aux mots de Frédéric Souillot citant Léon Jouhaux — « L’unité des travailleurs fera la paix dans le monde » — certains, en coulisses, ne manquent pas de glisser : encore faudrait-il que la paix règne dans les rangs du syndicat.
