Le Département de la Côte-d’Or franchit une nouvelle étape dans sa ռազմatégie numérique. Ce lundi 27 avril 2026, François Sauvadet a inauguré le Groupement Fermé d’Utilisateurs (GFU) du Centre Hospitalier La Chartreuse (CHLC), à Dijon. Une infrastructure stratégique, pensée pour sécuriser les données sensibles et garantir l’indépendance technologique des services publics.
L’événement s’est tenu en présence d’Emmanuelle Juan, directrice de l’établissement, et du Dr Pierre Besse, président de la Commission Médicale d’Établissement. Il marque l’aboutissement d’un projet engagé depuis plusieurs années par la collectivité départementale.
Un réseau public dédié et sécurisé
Dès 2017, le Département a fait le choix d’investir dans des réseaux en fibre optique dédiés, distincts des réseaux grand public (FTTH/FTTE). Ces infrastructures, appelées Groupements Fermés d’Utilisateurs (GFU), sont réservées à des usages institutionnels et ne sont pas accessibles au public.
Aujourd’hui, ce réseau dessert déjà de nombreux acteurs publics : services départementaux, collèges, site d’Alésia, mais aussi le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), la Région Bourgogne-Franche-Comté, la Préfecture, le Rectorat, le CHU, le Groupement hospitalier de territoire (GHT) ou encore le Centre hospitalier de la Haute-Côte-d’Or.
Au total, 132 sites sont raccordés en Côte-d’Or, représentant un linéaire de 280 kilomètres de fibre optique pour un investissement global dépassant les 5,5 millions d’euros.
Le CH La Chartreuse, pionnier de l’utilisation du GFU
Le Centre Hospitalier La Chartreuse devient la première entité publique tierce à bénéficier de ce réseau départemental. Grâce à ce raccordement, l’ensemble de ses 15 sites, répartis entre la métropole dijonnaise et Beaune — dont le service médico-psychologique de la maison d’arrêt de Dijon — sont désormais interconnectés via une infrastructure sécurisée.
Au-delà de la performance technique, les bénéfices sont multiples : amélioration des débits, sécurisation de l’accès aux données, souveraineté numérique renforcée et accès direct aux data centers départementaux.
Sur le plan financier, l’opération se révèle également avantageuse. En contrepartie d’une redevance de 222 000 euros pour dix ans d’utilisation, l’établissement hospitalier devrait réaliser une économie estimée à 750 000 euros par rapport aux offres des opérateurs privés.
Une vision politique de la souveraineté numérique
Pour François Sauvadet, cette inauguration illustre une ambition de long terme : « L’inauguration du GFU Centre Hospitalier La Chartreuse est l’aboutissement d’une vision que nous portions de longue date pour l’aménagement numérique de notre territoire, celle d’une infrastructure souveraine, pensée pour les besoins spécifiques des services publics ».
Le président du Département a également replacé cette initiative dans un contexte plus large, marqué par les transformations technologiques : « L’essor de l’intelligence artificielle constitue une révolution qui percute nos modes de vie. Face à ce défi, nous avons décidé de ne pas subir, mais de prendre en main, de manière souveraine, notre destin technologique ».
Face aux grands acteurs du numérique et aux enjeux géopolitiques liés aux données, il défend une approche territoriale : « Face aux géants du numérique, face aux volontés de puissance de certains pays, nous prouvons que l’intelligence territoriale existe et que l’échelon départemental est le bon échelon pour protéger, innover et préparer l’avenir de la Côte-d’Or ».
Un modèle appelé à se développer
Avec cette nouvelle connexion, le Département confirme sa volonté de proposer une alternative publique aux infrastructures privées, en mettant à disposition une solution performante et économiquement viable pour les acteurs institutionnels.
L’exemple du Centre Hospitalier La Chartreuse pourrait ainsi ouvrir la voie à d’autres raccordements, dans un contexte où la maîtrise des données et la cybersécurité deviennent des enjeux majeurs pour les collectivités et les établissements publics.

