Avec le retour des températures estivales, la Ville de Dijon appelle à la vigilance face à la prolifération du moustique tigre, un insecte devenu au fil des années une véritable nuisance pour les habitants. Plus qu’un simple désagrément, ce moustique est aujourd’hui au cœur des préoccupations sanitaires, car il est le seul en métropole capable de transmettre des maladies telles que la dengue, le chikungunya ou encore le virus Zika.
Face à cette menace, la municipalité rappelle que le moustique tigre s’adapte particulièrement bien aux environnements urbains. Une fois installé, il est presque impossible de l’éradiquer totalement. Les efforts doivent donc se concentrer sur la prévention, notamment en limitant les zones propices à sa reproduction. En effet, cet insecte pond ses œufs dans de petites quantités d’eau stagnante, souvent présentes dans les espaces du quotidien.
La Ville insiste sur un point clé : 80 % des lieux de ponte se situent dans les espaces privés, comme les jardins, balcons ou terrasses. De plus, le moustique tigre évolue dans un périmètre restreint, généralement inférieur à 150 mètres autour de son lieu de naissance. Cela signifie que chaque habitant a un rôle direct à jouer dans la réduction de sa présence. Une vigilance individuelle, répétée chaque semaine, peut ainsi avoir un impact collectif significatif.
Parmi les gestes essentiels, il est recommandé de supprimer toute eau stagnante autour de son domicile. Cela passe par des actions simples mais efficaces : vider régulièrement les coupelles de pots de fleurs, ranger à l’abri les objets pouvant retenir l’eau comme les jouets ou les arrosoirs, ou encore entretenir les gouttières pour éviter toute accumulation. Couvrir hermétiquement les récupérateurs d’eau et se débarrasser des déchets ou pneus usagés figurent également parmi les mesures prioritaires.
Se protéger des piqûres reste également indispensable. Les autorités sanitaires, notamment l’Organisation mondiale de la santé, recommandent de porter des vêtements clairs et amples, moins attractifs pour les moustiques. L’installation de moustiquaires, en particulier pour les personnes vulnérables, ou encore la création de courants d’air à l’aide de ventilateurs sont des solutions simples et efficaces. L’utilisation de répulsifs homologués peut compléter ces dispositifs, à condition de respecter les précautions d’usage.
Au-delà des actions individuelles, la mobilisation collective constitue un levier essentiel. La Ville de Dijon agit en partenariat avec les services de l’État et l’Agence régionale de santé pour renforcer la surveillance et limiter les risques. Des campagnes d’information sont régulièrement menées afin de sensibiliser la population. Parallèlement, des interventions sont réalisées sur les espaces publics et dans les bâtiments municipaux pour réduire les gîtes larvaires, notamment dans les crèches et les centres de loisirs, équipés de dispositifs spécifiques.
Dans une démarche scientifique, la ville participe également à une étude conduite par FREDON en collaboration avec l’Institut Pasteur. Des pièges à CO₂ ont été installés sur plusieurs sites publics afin de mieux comprendre le comportement du moustique et améliorer les stratégies de lutte.
Enfin, les autorités rappellent que les opérations de démoustication par insecticide ne relèvent pas des collectivités locales mais des autorités sanitaires. Ces interventions ne sont déclenchées qu’en cas de détection de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le Zika, dans le but de contenir leur propagation.
À Dijon, la lutte contre le moustique tigre repose donc sur une responsabilité partagée. Si la ville multiplie les initiatives, c’est bien l’engagement quotidien des habitants qui demeure la clé pour limiter durablement la présence de cet insecte envahissant.

