À Dijon, la Rue de la Liberté s’est offert un nouveau visage en l’espace d’une nuit. Entre le 29 et le 30 avril 2026, 46 bacs arborés y ont été installés, apportant une touche végétale à cette artère emblématique du centre-ville, longtemps critiquée pour son caractère très minéral.
L’intervention, menée discrètement par les services municipaux en collaboration avec l’entreprise Idverde, s’est déroulée entre 20h30 et 5h30. Une vingtaine d’agents ont été mobilisés pour assurer le transport, la mise en place des bacs, l’arrosage et les ajustements nécessaires après installation.
Ces aménagements temporaires prennent place entre la Place Darcy et la Place de la Libération, deux points structurants du cœur de ville. Dès les premières heures de la matinée, les passants ont découvert une rue plus apaisée, sans que son organisation ne soit profondément modifiée.
Cette opération concrétise l’engagement numéro 68 du programme municipal, qui prévoyait « d’installer des bacs arborés rue de la Liberté ». Interrogée, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, s’est dite satisfaite : « Je trouve que c’est une belle réussite. Je voudrais vraiment remercier les agents du service des espaces verts, mais aussi les autres agents, car il a fallu travailler deux nuits pour mettre en place cette installation des arbustes et des pots. » Elle évoque également les premiers retours : « Les gens que j’ai pu rencontrer, qui allaient au travail, m’ont dit que c’était chouette. »
La maire inscrit cette initiative dans une démarche plus large : « Cela participe à la végétalisation et à l’embellissement de notre centre-ville », rappelant que d’autres actions ont déjà été engagées, comme sur l’axe Longe-Bossuet ou avec le jardin éphémère de la place de la Sainte-Chapelle.
Pour autant, ces installations ne sont pas pérennes. « On a prévu de les enlever à l’automne, pour laisser place aux animations de Noël, notamment le marché », précise Nathalie Koenders. Les arbres, actuellement en bacs, seront alors remis en serre pour entretien, avec la perspective d’un retour au printemps prochain.

En parallèle, la municipalité étudie la possibilité de planter des arbres en pleine terre sur la rue de la Liberté. Mais les contraintes sont importantes. « Entre les réseaux d’eau, d’électricité et de gaz, ce n’est pas simple », souligne la maire, rappelant qu’un arbre nécessite de l’espace, y compris sous terre, pour se développer. Des études sont en cours avec les gestionnaires de réseaux, même si les possibilités s’annoncent limitées.
Sur le plan technique, les essences choisies ont été sélectionnées pour leur adaptation à une culture en pot. Christophe Felder, en charge du cadre de vie et de l’espace public, précise : « On a 16 essences différentes : des liquidambars, des érables, des parrotias, des amélanchiers, des zelkovas. Ce sont des espèces qui supportent d’être en pot et qui apporteront des floraisons et des couleurs d’automne intéressantes. »
Certains sujets ont nécessité une organisation particulière lors de leur installation. « Nous avons dû passer sous les caténaires du tramway, avec une coupure entre 1h30 et 5h pour installer les plus gros arbres », explique-t-il.
Les bacs présentent des volumes variables ; les plus grands atteignent environ 2,5 m³ et peuvent dépasser les trois tonnes une fois remplis de terre et plantés. Leur entretien reposera principalement sur un arrosage régulier : « Les arbres ne peuvent pas aller chercher l’eau eux-mêmes, mais nous avons choisi des espèces peu gourmandes », ajoute Christophe Felder.
Avec cette installation, la rue de la Liberté amorce une évolution progressive. Sans engager de travaux lourds, la ville fait le choix d’une végétalisation souple, temporaire et réversible, appelée à s’adapter aux saisons et aux usages du centre-ville dijonnais.
