Dans un contexte de réformes et de repositionnement stratégique de l’enseignement supérieur français à l’international, Pierre Pribetich, député de la 3e circonscription de Côte-d’Or, hausse le ton. L’élu socialiste dénonce les effets potentiellement délétères du plan gouvernemental « Choose France for Higher Education », qu’il considère comme une remise en cause profonde du modèle universitaire français.
Le député a tenu à saluer la récente prise de position du conseil d’administration de Université Bourgogne Europe. Celui-ci a adopté une motion d’alerte pointant les conséquences du plan sur les conditions d’accueil des étudiants internationaux.
Pour Pierre Pribetich, également professeur honoraire des universités et ancien chargé de recherche au CNRS, cette mobilisation du monde académique est significative : elle révèle une inquiétude croissante face à ce qui pourrait constituer un tournant majeur dans la politique d’enseignement supérieur en France.
Des frais différenciés jugés « prohibitifs »
Au cœur des critiques : la généralisation des frais d’inscription différenciés pour les étudiants originaires de pays hors Union européenne. Selon les projections évoquées, ces frais pourraient atteindre près de 3 000 euros en licence et jusqu’à 4 000 euros en master.
Pour le député, ces montants représentent une « barrière financière » incompatible avec les principes républicains. « La France ne peut pas, d’un côté, revendiquer accueillir davantage d’étudiants internationaux, et de l’autre, leur fermer la porte par des tarifs prohibitifs », insiste-t-il.
Une remise en cause du modèle universitaire français
Au-delà de la question budgétaire, Pierre Pribetich voit dans cette réforme une atteinte à un fondement historique de l’université française : l’universalité de l’accès au savoir.
Selon lui, introduire une différenciation tarifaire selon l’origine des étudiants revient à fragiliser ce principe et à rompre avec une certaine idée de l’égalité. « L’université française s’est construite sur un socle d’ouverture et d’accessibilité. Le remettre en cause, c’est affaiblir notre modèle », affirme-t-il.
Un appel à l’investissement public
Face à cette évolution, le député socialiste plaide pour une autre voie : celle d’un renforcement de l’investissement public dans l’enseignement supérieur. Il rejette toute logique de transfert de charges vers les étudiants et appelle à maintenir une politique ambitieuse d’accueil.
Pour Pierre Pribetich, l’enjeu dépasse le cadre académique. Il touche à l’influence internationale de la France, à son rayonnement culturel et à sa capacité à former des générations d’anciens étudiants étrangers devenant autant « d’ambassadeurs » de la culture française à travers le monde.
Une vision politique de l’université
En conclusion, l’élu réaffirme son opposition à toute généralisation des frais différenciés. Défendre l’accès à l’université, martèle-t-il, c’est défendre à la fois l’égalité des chances et l’avenir de la Nation.
Dans un débat appelé à s’intensifier dans les prochains mois, cette prise de position s’inscrit dans une ligne politique claire : celle d’une université ouverte, accessible et fidèle à ses valeurs fondatrices.
