À Dijon, l’histoire de Malya et Queency a bouleversé des centaines d’internautes et relancé le débat sur la prise en charge des chats errants. Derrière ce sauvetage, une mobilisation citoyenne exceptionnelle, mais aussi la réalité souvent méconnue des associations de protection animale, confrontées à des frais vétérinaires toujours plus lourds.
Il y a encore quelques semaines, l’avenir de Malya semblait extrêmement incertain. Cette chatte recueillie par l’association Combactive nécessitait des soins urgents et coûteux. Un appel à l’aide avait alors été lancé sur les réseaux sociaux pour financer son opération. Rapidement, les partages se sont multipliés, tout comme les dons sur la cagnotte « Sauvez Malya ». Une vague de solidarité venue de Dijon, mais également d’autres régions de France.
Aujourd’hui, les nouvelles sont enfin rassurantes : l’opération de Malya s’est déroulée avec succès. Même si sa convalescence reste longue et nécessite encore de l’attention, le plus difficile semble désormais derrière elle. À ses côtés, Queency poursuit elle aussi son chemin vers une vie plus stable et sécurisée.
Pour les bénévoles de Combactive, ce dénouement heureux est avant tout le résultat d’un engagement collectif. « Chaque partage, chaque euro donné a compté », rappelle l’association, qui insiste sur l’importance de la mobilisation citoyenne dans ce type d’urgence. Sans cet élan de générosité, l’intervention vétérinaire n’aurait tout simplement pas pu être financée.
Les associations animales au bord de l’asphyxie
Mais derrière cette belle histoire se cache une réalité beaucoup plus sombre. Chaque jour, les associations locales tentent de gérer les conséquences de l’abandon et de la prolifération des chats errants : stérilisations, identifications, soins médicaux, hospitalisations ou encore traitements de longue durée. Un travail indispensable pour le bien-être animal, mais aussi pour la santé publique.
Le problème est avant tout financier. Les structures de protection animale fonctionnent presque exclusivement grâce aux dons et au bénévolat. Or, les coûts vétérinaires explosent. Les opérations lourdes, comme celle subie par Malya, représentent souvent plusieurs centaines, voire milliers d’euros. Une charge difficilement soutenable pour des associations déjà fragilisées économiquement.
Face à cette situation, une proposition refait surface : la création d’un vétérinaire municipal. Une idée déjà avancée par le président de Combactive afin de soulager les associations dans la prise en charge des chats errants, une responsabilité qui relève normalement des collectivités locales.
Selon les défenseurs du projet, un tel dispositif permettrait de mutualiser les soins, de réduire les coûts et d’assurer une prise en charge plus rapide des animaux vivant dans la rue. Une mesure qui pourrait également éviter que certaines associations se retrouvent contraintes de refuser des sauvetages faute de moyens.
Combactive, une association engagée bien au-delà du sauvetage animalier
Particularité de cette affaire : Combactive n’est pas, à l’origine, une association spécialisée dans le sauvetage félin. Son activité principale concerne surtout les combats juridiques contre la maltraitance animale et la défense de la biodiversité. L’organisation s’est notamment illustrée dans la fermeture de deux élevages de visons dans la région et dans ses actions autour de la cohabitation avec le loup.
Mais face à l’ampleur de la détresse animale en milieu urbain, l’association explique ne pas pouvoir détourner le regard. Les demandes d’aide sont constantes et les bénévoles interviennent régulièrement pour secourir des chats abandonnés ou blessés. Pour beaucoup d’acteurs du terrain, cette solidarité inter-associative constitue aujourd’hui le dernier rempart contre la souffrance animale.
Un nouveau départ espéré pour Malya et Queency
Après les soins vient désormais une autre étape cruciale : trouver un foyer définitif à Malya et Queency. Les deux chattes sont proposées à l’adoption ensemble, afin de préserver le lien fort qui les unit après les épreuves traversées. L’association privilégie une maison avec de l’espace, où elles pourront enfin connaître une vie paisible loin de la rue et de la précarité.
Au-delà de leur histoire personnelle, Malya et Queency sont devenues le symbole d’une question plus large : celle des moyens accordés à la protection animale et du rôle essentiel joué par les bénévoles. Une mobilisation qui rappelle qu’à défaut de solutions institutionnelles suffisantes, ce sont encore très souvent les citoyens qui permettent de sauver des vies.
Association Combactive
- Adresse : 2 Rue des Corroyeurs, 21000 Dijon
- Téléphone : 06.31.21.77.42
- Site internet : https://combactive.fr/
