C’est une annonce qui pourrait transformer durablement l’accès aux études de santé en Bourgogne-Franche-Comté. En visite ce mardi 5 mai 2026 à l’Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie (IFMK) de Dijon, le président de la Région, Jérôme Durain, a officialisé la gratuité de la formation en masso-kinésithérapie à compter de la rentrée de septembre 2026. Une décision attendue depuis plusieurs années par les étudiants et les professionnels du secteur.
Accueilli par les équipes pédagogiques et les étudiants de l’établissement dijonnais, le président de Région a présenté cette réforme comme une mesure forte en faveur de l’égalité des chances et de l’accès aux métiers de la santé. Jusqu’à présent, les étudiants de l’IFMK de Dijon devaient s’acquitter de frais de formation particulièrement élevés, estimés à près de 20 000 euros pour l’ensemble du cursus de quatre ans. Une charge financière importante qui poussait de nombreux étudiants à contracter des prêts ou à renoncer à cette orientation professionnelle.
Cette situation créait également une disparité territoriale au sein même de la région. En Franche-Comté, les étudiants en masso-kinésithérapie bénéficiaient déjà d’une formation universitaire gratuite, contrairement à leurs homologues dijonnais, formés dans un établissement privé autorisé par la Région, l’Ademk. Avec cette réforme, la Bourgogne-Franche-Comté entend harmoniser les conditions d’accès aux études de kinésithérapie sur l’ensemble du territoire régional.
La gratuité deviendra possible grâce à l’intégration de la formation au sein de l’Université Bourgogne Europe, plus précisément de l’UFR Santé. La Région prendra désormais en charge les coûts de fonctionnement de la formation, en partenariat avec l’Université Bourgogne Europe, le CHU de Dijon, l’Ademk et les différents acteurs impliqués dans le projet. Cette décision s’inscrit dans les compétences régionales liées aux formations sanitaires et sociales.

Devant les étudiants, Jérôme Durain a insisté sur la portée sociale et territoriale de cette mesure : « Vous n’aurez plus à vous endetter pour suivre cette formation. C’est une mesure de justice, d’équité territoriale et un engagement fort en faveur de la jeunesse et de l’accès aux métiers de la rééducation et de la santé ». Une déclaration saluée par les étudiants présents, conscients de l’impact concret que cette réforme pourrait avoir sur les futures promotions.
Au-delà de la question financière, cette annonce répond également à un enjeu majeur de santé publique. La Bourgogne-Franche-Comté compte aujourd’hui près de 780 étudiants en masso-kinésithérapie, dont 320 à Dijon, pour environ 2 500 professionnels en exercice dans la région. Dans un contexte marqué par les difficultés d’accès aux soins et les tensions sur les professions paramédicales, la Région souhaite renforcer l’attractivité de cette filière essentielle.
Le métier de masseur-kinésithérapeute demeure particulièrement recherché, notamment dans les territoires ruraux où les besoins de soins augmentent avec le vieillissement de la population. Avec un taux d’insertion professionnelle de 98 % six mois après l’obtention du diplôme, la filière apparaît comme l’une des plus dynamiques du secteur de la santé. Les responsables régionaux espèrent ainsi encourager davantage de jeunes à s’engager dans ces études et à exercer ensuite sur le territoire régional.
Cette réforme marque une nouvelle étape dans la politique régionale de soutien aux formations sanitaires. En supprimant les barrières financières liées aux études de kinésithérapie, la Région Bourgogne-Franche-Comté affirme sa volonté de favoriser une formation plus accessible, tout en répondant aux défis croissants de l’offre de soins. Pour de nombreux étudiants, cette annonce représente déjà un tournant majeur pour leur avenir professionnel.


