À l’occasion des cérémonies nationales du 8 mai, symbole de la victoire des Alliés et de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, le Bleuet de France relance sa traditionnelle campagne nationale d’appel aux dons et au port du Bleuet. Dans un contexte international marqué par la multiplication des tensions géopolitiques et la disparition récente de trois militaires français engagés en opération extérieure, cette campagne revêt cette année une portée particulièrement solennelle.
Du 1er au 8 mai, des collectes seront organisées partout en France afin de permettre à cette œuvre centenaire de poursuivre ses missions de soutien auprès des victimes de guerre, des blessés militaires, des familles endeuillées et des pupilles de la Nation. Plus qu’un simple symbole commémoratif, le Bleuet de France entend rappeler que derrière chaque uniforme, chaque engagement et chaque sacrifice, il y a des femmes, des hommes et des familles durablement marqués par les conséquences de la guerre.
Un hommage national dans un contexte de deuil militaire
L’édition 2026 de la campagne du Bleuet de France intervient alors que l’armée française a été frappée ces dernières semaines par plusieurs pertes en opération extérieure. Trois soldats français ont perdu la vie dans des circonstances tragiques au Proche-Orient.
Le caporal-chef Arnaud Frion, appartenant au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces, a été tué le 12 mars 2026 en Irak, dans la région d’Erbil, à la suite d’une attaque de drone visant une base militaire kurde. Quelques semaines plus tard, le sergent Florian Montorio, du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, a trouvé la mort le 18 avril 2026 au sud-Liban lors d’une attaque contre une patrouille française de la FINUL dans le cadre de l’opération DAMAN.
Enfin, le brigadier-chef Anicet Girardin, du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, grièvement blessé le même jour au Liban au cours d’une mission de reconnaissance d’itinéraire, est décédé le 22 avril 2026 des suites de ses blessures après son rapatriement en France.
Ces disparitions rappellent avec force que les engagements militaires français demeurent exposés à des risques majeurs et que, malgré l’éloignement géographique des théâtres d’opérations, les conflits contemporains continuent de coûter la vie à des soldats français. À travers la campagne du Bleuet, l’objectif est aussi de maintenir vivant le lien entre la Nation et celles et ceux qui servent sous les drapeaux.
Une œuvre centenaire au service des blessés et des familles
Créé à la suite de la Première Guerre mondiale, le Bleuet de France accompagne depuis plus d’un siècle les victimes directes et indirectes des conflits. Chaque année, près de 25 000 bénéficiaires reçoivent une aide psychologique, matérielle ou financière grâce aux dons collectés.
L’association intervient auprès des anciens combattants, des militaires blessés en opération extérieure, des familles endeuillées, des veuves de guerre, des pupilles de la Nation mais également des victimes d’actes terroristes. Son action couvre un large éventail de dispositifs de soutien : financement des études pour les orphelins de guerre, accompagnement psychologique, aide à la reconstruction personnelle et professionnelle, soutien à la réinsertion des militaires blessés ou encore financement d’équipements de pointe pour les hôpitaux militaires.
Le Bleuet de France joue également un rôle majeur dans l’accompagnement des soldats souffrant de stress post-traumatique. À travers des programmes de reconstruction par le sport, des dispositifs thérapeutiques et des actions de réhabilitation, l’association participe activement à la reconstruction physique et mentale des militaires revenus marqués par les combats.
L’organisation accompagne par ailleurs les victimes du terrorisme et leurs proches, notamment à travers des aides financières, des projets de reconstruction personnelle et un soutien apporté aux conjoints et aux enfants touchés par ces drames.
Le Bleuet, désormais symbole officiel du devoir de mémoire
Depuis juillet 2023, le port du Bleuet de France a officiellement été consacré comme symbole national de solidarité et de mémoire envers le monde combattant, à l’initiative du Président de la République. Les autorités civiles et militaires sont désormais invitées à porter le Bleuet lors des cérémonies nationales du 8 mai et du 11 novembre.
Ce symbole, longtemps associé aux anciens combattants de la Première Guerre mondiale, s’est progressivement imposé comme un marqueur national du souvenir et de la reconnaissance envers tous ceux qui ont servi la France. À l’image du coquelicot porté dans plusieurs pays du Commonwealth, le Bleuet entend fédérer la population autour du devoir de mémoire et du soutien aux blessés de guerre.
Pour Patrick Remm, président du Bleuet de France, cette mobilisation collective reste essentielle : « Derrière chaque Bleuet porté, il y a une histoire, une blessure, une famille. Le 8 mai, chacun peut agir concrètement pour ne pas les oublier grâce aux collectes organisées sur tout le territoire. Chacun peut poser un geste concret pour honorer ceux qui ont servi la Nation et soutenir ceux qui en portent encore les blessures. Porter le Bleuet, c’est faire vivre la mémoire, aujourd’hui comme demain. »
Comment soutenir le Bleuet de France
Afin de poursuivre ses actions, le Bleuet de France invite les Français à participer à la campagne de dons organisée jusqu’au 8 mai.
Les dons peuvent être effectués :
- En ligne via le site officiel :
- Par chèque à l’ordre du « Bleuet de France », adressé au 70 rue de l’Amiral Roussin, 75015 Paris
- Par SMS en envoyant BLEUET5, BLEUET10 ou BLEUET20 au 92030
L’association rappelle que chaque contribution permet de financer des dispositifs d’aide concrets pour les bénéficiaires. Reconnue d’intérêt général, elle permet également aux donateurs de bénéficier d’une réduction fiscale correspondant à 66 % du montant du don, dans la limite de 20 % des revenus imposables.
À travers cette nouvelle campagne, le Bleuet de France espère une nouvelle fois transformer le temps des commémorations en un véritable élan de solidarité nationale. Car au-delà des cérémonies officielles, le 8 mai demeure aussi une date de reconnaissance envers ceux qui continuent, aujourd’hui encore, à porter les blessures visibles et invisibles de la guerre.
