Réunie à Dijon jeudi 7 mai, l’Assemblée générale de l’Union Sociale pour l’Habitat de Bourgogne–Franche-Comté (USH BFC) a marqué un tournant important pour le mouvement HLM régional. À l’unanimité, le Conseil d’administration renouvelé a porté Marie-Hélène Ivol à la présidence de l’organisation régionale qui fédère les organismes HLM de Bourgogne–Franche-Comté et représente un secteur logeant près de 13 % de la population régionale.
Cette élection, qui s’inscrit dans le principe statutaire d’alternance entre Bourgogne et Franche-Comté, ouvre un nouveau mandat de trois ans pour celle qui connaît parfaitement les enjeux du logement social. Marie-Hélène Ivol succède à François-Xavier Dugourd, désormais élu vice-président de l’USH BFC, lui aussi à l’unanimité.
Une femme de terrain à la tête du mouvement HLM régional
Présidente de Territoire Habitat depuis 2025 et première vice-présidente du Conseil départemental du Territoire de Belfort, Marie-Hélène Ivol n’est pas une nouvelle venue dans le paysage du logement social. Déjà investie depuis plusieurs années dans les instances du mouvement HLM, elle représente également l’USH Bourgogne–Franche-Comté au sein de la Fédération Nationale des Associations Régionales HLM (FNAR) depuis 2015.
Son élection traduit la volonté des 30 organismes adhérents de s’appuyer sur une personnalité expérimentée, capable de défendre les intérêts du logement social dans une période marquée par de fortes tensions économiques, sociales et environnementales.
Pour Marie-Hélène Ivol, le logement social est aujourd’hui confronté à une transformation profonde de ses missions. Entre hausse des coûts de l’énergie, réduction des financements publics, vieillissement de la population, crise climatique et évolution des structures familiales, les bailleurs sociaux doivent repenser leur modèle tout en continuant à garantir un accès abordable au logement.
« Le logement reste le premier poste de dépenses des ménages »
Dans son premier discours de présidente, Marie-Hélène Ivol a dressé un état des lieux lucide des défis qui attendent le secteur HLM. Elle a notamment insisté sur la nécessité de poursuivre les investissements malgré un contexte budgétaire contraint. Selon elle, les organismes HLM doivent continuer à produire des logements là où les besoins évoluent : augmentation des familles monoparentales, maintien à domicile des personnes âgées, création de résidences autonomes pour seniors, mais aussi développement de logements destinés aux jeunes actifs et aux étudiants.
La nouvelle présidente a également rappelé le rôle social majeur joué par les bailleurs dans l’accompagnement des publics fragiles. Les organismes HLM interviennent aujourd’hui bien au-delà de la seule gestion locative, notamment auprès des ménages en difficulté ou des femmes victimes de violences conjugales.
« Le logement étant le premier poste de dépenses des ménages, nous contribuons ainsi à préserver le pouvoir d’achat des locataires », a-t-elle souligné, rappelant l’importance du logement social dans un contexte inflationniste où la question du coût de la vie reste centrale.
Transition énergétique : le secteur HLM plaide pour une approche pragmatique
Parmi les sujets prioritaires évoqués lors de cette assemblée générale, la transition énergétique a occupé une place centrale. Marie-Hélène Ivol a réaffirmé l’engagement du mouvement HLM régional en faveur de la rénovation énergétique et de la décarbonation du parc social, tout en appelant à une approche réaliste et adaptée aux territoires.
Face aux injonctions nationales visant à réduire les consommations énergétiques, l’USH BFC défend une stratégie fondée sur la diversité des solutions techniques. Si l’objectif de réduction des émissions carbone est partagé, la présidente estime qu’une sortie totale et rapide du gaz apparaît difficilement envisageable dans certains territoires où le parc social reste fortement équipé en chaudières gaz.
Le mouvement HLM régional souhaite ainsi promouvoir plusieurs leviers complémentaires : géothermie, réseaux de chaleur urbains, biomasse, biométhane ou encore autoconsommation collective. Une position qui se veut pragmatique, tenant compte des capacités des réseaux électriques, des réalités locales et des capacités d’investissement des bailleurs sociaux.
Ces investissements représentent déjà des montants considérables pour les organismes HLM, engagés depuis plusieurs années dans des plans stratégiques de modernisation énergétique de leur patrimoine.
L’espoir suscité par le futur programme ANRU 3
Autre sujet majeur abordé lors de cette prise de fonction : l’avenir du renouvellement urbain. Le gouvernement a récemment présenté un projet de loi « pour la relance du logement », incluant la perspective d’un troisième programme national de rénovation urbaine, dit « ANRU 3 ».
Marie-Hélène Ivol a rappelé combien les deux précédents programmes avaient profondément transformé de nombreux quartiers populaires français. En Bourgogne–Franche-Comté, ces dispositifs ont permis de moderniser des ensembles vieillissants, d’améliorer la qualité architecturale des logements et de redonner de l’attractivité à certains territoires.
Même si les contours financiers du futur programme restent encore flous, l’USH BFC entend se mobiliser pleinement afin d’accompagner ses adhérents dans cette nouvelle étape.
La présidente a également souligné une spécificité régionale : contrairement à certaines métropoles françaises confrontées à une très forte tension immobilière, la Bourgogne–Franche-Comté bénéficie encore d’un marché relativement équilibré. Cette situation permet aux bailleurs de mener des expérimentations architecturales ambitieuses et de développer des projets innovants en matière de réhabilitation.
L’objectif affiché est clair : transformer l’image du logement social et proposer des logements modernes, confortables et attractifs.
Un partenariat renouvelé avec la CARSAT Bourgogne–Franche-Comté
L’assemblée générale a également été marquée par la signature d’une nouvelle convention triennale entre la CARSAT Bourgogne–Franche-Comté et l’USH BFC. Ce partenariat, renouvelé pour la troisième fois consécutive, témoigne d’une coopération durable entre les deux institutions.
Cette convention vise plusieurs objectifs stratégiques : accompagner les bailleurs sociaux dans la prévention des risques professionnels lors des opérations de construction ou de réhabilitation, soutenir financièrement l’adaptation des logements aux besoins des seniors et renforcer le repérage des retraités susceptibles de bénéficier des services de la CARSAT.
Les deux partenaires souhaitent également poursuivre les actions déjà engagées autour de la prévention des risques professionnels, notamment grâce à des outils concrets développés lors des précédentes conventions.
Pour 2026, la CARSAT et l’USH BFC entendent aller plus loin en développant de nouvelles initiatives autour de l’innovation sociale et du vieillissement de la population, un enjeu devenu majeur pour les territoires ruraux et intermédiaires de la région.
Un acteur économique incontournable en Bourgogne–Franche-Comté
Au-delà de son rôle social, l’Union Sociale pour l’Habitat de Bourgogne–Franche-Comté représente également un poids économique considérable pour le territoire régional.
L’organisation fédère aujourd’hui 30 organismes, dont 22 bailleurs sociaux répartis sur les huit départements de la région. Ensemble, ils gèrent plus de 185 000 logements et logent près de 350 000 habitants.
Le secteur représente également 3 500 salariés au sein des organismes et génère environ 8 200 emplois directs et indirects. Chaque année, les bailleurs sociaux de Bourgogne–Franche-Comté attribuent près de 19 000 logements, construisent en moyenne 2 200 logements neufs et réalisent environ 3 000 réhabilitations.
Au total, ce sont près de 640 millions d’euros qui sont injectés chaque année dans l’économie locale par le mouvement HLM régional.
Dans un contexte où le logement devient un enjeu majeur de cohésion sociale, d’aménagement du territoire et de transition écologique, l’élection de Marie-Hélène Ivol intervient donc à un moment stratégique pour l’avenir du logement social en Bourgogne–Franche-Comté.
