La préfecture de la Côte-d’Or a autorisé l’usage de quatre drones équipés de caméras pour encadrer la rencontre entre le Dijon Football Côte-d’Or et l’US Orléans, prévue ce vendredi 15 mai 2026 au stade Gaston-Gérard. Cette décision, prise dans un contexte de forte affluence, de célébration sportive et de risques de troubles à l’ordre public, s’appuie sur un arrêté préfectoral détaillant les conditions de captation, d’enregistrement et de transmission des images.
Le match entre le Dijon Football Côte-d’Or et l’Union Sportive Orléans, programmé ce vendredi 15 mai 2026 à 19 h 30 au stade Gaston-Gérard, ne sera pas seulement un rendez-vous sportif. Il fera également l’objet d’un important dispositif de sécurité. Par un arrêté préfectoral numéroté 871, la préfecture de la Côte-d’Or a autorisé la direction interdépartementale de la police nationale à utiliser quatre drones équipés de caméras afin de capter, enregistrer et transmettre des images dans le cadre de la sécurisation de la rencontre et des festivités qui l’accompagnent.
Cette autorisation est valable le vendredi 15 mai 2026, de 14 h à 23 h 30, soit plusieurs heures avant le coup d’envoi et jusqu’à la fin de soirée. Elle concerne un périmètre précis autour du stade Gaston-Gérard, à Dijon. Les autorités justifient cette mesure par la nécessité de prévenir d’éventuels incidents, de protéger les personnes et les biens, mais aussi de permettre une meilleure gestion des flux de spectateurs dans un contexte de forte affluence.
La rencontre présente un enjeu particulier pour le club dijonnais. Elle correspond à la 34e journée du championnat National et marque le dernier match de la saison pour le DFCO. Surtout, elle intervient alors que le club dijonnais a obtenu son accession en Ligue 2 pour la saison suivante. La soirée doit donc prendre une dimension festive importante, avec une forte mobilisation attendue autour du stade et dans la ville. Selon les éléments mentionnés dans l’arrêté, environ 15 000 spectateurs sont attendus pour célébrer la réussite sportive du club.
La préfecture souligne que de nombreuses animations doivent accompagner cette soirée, notamment un feu d’artifice. Les autorités anticipent également la possibilité que les festivités se prolongent au-delà du stade, dans les rues de Dijon et dans certains établissements de nuit. Cette perspective explique en partie l’amplitude horaire de l’autorisation accordée à la police nationale, qui couvre non seulement la période du match, mais également les moments précédant et suivant la rencontre.
L’arrêté préfectoral insiste aussi sur l’existence d’un contentieux entre les deux clubs et leurs supporters. Les autorités rappellent que la précédente rencontre entre le DFCO et l’US Orléans, disputée le 7 mars 2025, avait été marquée par plusieurs incidents. Des invectives entre supporters avaient nécessité des arrêts de jeu et provoqué des mouvements de foule en tribune. Un projectile avait également été lancé sur le terrain. À la fin du match, des supporters dijonnais avaient dégradé le bus des supporters orléanais. Les forces de sécurité intérieure avaient alors dû faire usage de moyens lacrymogènes pour mettre fin aux débordements.
Ces précédents pèsent lourd dans l’analyse de la préfecture. Pour les services de l’État, la rencontre du 15 mai 2026 ne peut pas être considérée comme un simple match de fin de saison. Elle concentre plusieurs facteurs de tension : l’historique entre les deux équipes, l’importance symbolique de la montée du DFCO, l’affluence attendue, l’organisation de festivités, mais aussi la possible mobilisation de groupes de supporters ultras.
Selon les renseignements mentionnés dans l’arrêté, certains supporters dijonnais envisageraient d’exprimer leur joie par un envahissement du terrain à l’issue de la rencontre. Les autorités redoutent qu’un tel mouvement puisse provoquer des tensions, voire des affrontements entre différents groupes ultras du DFCO. La préfecture considère donc qu’il existe un risque sérieux de troubles à l’ordre public justifiant le recours à une surveillance aérienne.
Le texte mentionne également le contexte national de sécurité. La posture Vigipirate « urgence attentat » étant en vigueur, les forces de sécurité intérieure doivent, selon la préfecture, maintenir un niveau de vigilance élevé afin de garantir la protection des personnes et des biens contre les risques d’attentats. Cet élément vient renforcer la justification du dispositif, même si l’arrêté insiste principalement sur la gestion des risques liés à l’événement sportif et à ses abords.
Concrètement, quatre drones pourront être utilisés simultanément par la police nationale. L’arrêté précise les modèles et numéros de série des appareils autorisés. Il s’agit de deux drones Matrice 4T et de deux Mini 4 Pro. Ces aéronefs seront équipés de caméras permettant la captation, l’enregistrement et la transmission d’images. La préfecture indique que l’usage de ces dispositifs doit permettre aux forces de sécurité de disposer d’une vision en grand angle, utile pour identifier rapidement les risques d’incidents et adapter le déploiement des effectifs au sol.
Pour les autorités, l’intérêt de ces caméras aéroportées réside dans leur capacité à observer une zone large, en particulier lors de rassemblements importants. Dans un contexte de forte densité humaine, la surveillance aérienne peut permettre de repérer des mouvements de foule, des regroupements inhabituels, des départs d’incidents ou des déplacements de groupes de supporters. L’objectif affiché est de prévenir les troubles avant qu’ils ne dégénèrent, tout en limitant l’engagement direct des forces de l’ordre dans certaines zones.
L’arrêté affirme par ailleurs qu’il n’existe pas, dans les circonstances décrites, de dispositif moins intrusif permettant d’atteindre les mêmes objectifs. Cette mention est importante, car l’usage de drones par les forces de sécurité est encadré par le code de la sécurité intérieure. La captation d’images depuis des aéronefs ne peut être autorisée que dans des cas précis, notamment pour prévenir les atteintes à la sécurité des personnes et des biens, sécuriser des rassemblements sur la voie publique ou dans des lieux ouverts au public, prévenir les actes de terrorisme ou encore réguler les flux de transport.
La préfecture considère donc que la demande formulée par la direction interdépartementale de la police nationale de Côte-d’Or, reçue le 13 mai 2026, répond aux conditions prévues par la loi. Le recours aux drones est présenté comme proportionné au regard des circonstances : forte affluence, antécédents d’incidents, risque d’envahissement de terrain, festivités prévues et contexte sécuritaire national.
Le périmètre géographique de l’autorisation est précisément délimité. Il couvre un secteur autour du stade Gaston-Gérard, comprenant notamment le boulevard Paul-Doumer, le rond-point du 8-Mai-1945, la rue Jean-Moulin, le rond-point Jean-Moulin, la rue Docteur-Schmitt, le boulevard Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny et le boulevard de Strasbourg. La préfecture insiste sur le fait que les lieux surveillés sont strictement limités au secteur défini par les forces de sécurité intérieure.
Cette limitation géographique vise à encadrer l’usage du dispositif et à éviter une captation d’images au-delà de la zone concernée par les risques identifiés. L’autorisation ne permet donc pas une surveillance généralisée de la ville de Dijon. Elle concerne uniquement le secteur du stade et ses abords, dans le cadre de la sécurisation du match et des festivités liées à l’événement.
L’arrêté prévoit également que le registre prévu par le code de la sécurité intérieure soit transmis au représentant de l’État dans le département à l’issue de la période d’utilisation. Ce registre doit permettre de conserver une trace de l’usage du dispositif, conformément aux obligations légales encadrant l’emploi de caméras aéroportées par les forces de sécurité. Il s’agit d’un élément de contrôle administratif destiné à vérifier les conditions d’utilisation des drones.
La décision préfectorale a été prise sur proposition de la directrice de cabinet de la préfecture de la Côte-d’Or. Elle s’inscrit dans le cadre des pouvoirs confiés au préfet en matière de sécurité publique. L’arrêté rappelle plusieurs références juridiques, dont les articles L. 242-1 à L. 242-8 et R. 242-8 à R. 242-14 du code de la sécurité intérieure, ainsi que les textes relatifs aux pouvoirs des préfets et aux conditions d’utilisation des caméras installées sur des aéronefs.
Le texte a été signé dans le contexte de la nomination de Violaine Demaret comme préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté et préfète de la Côte-d’Or, par décret du 8 avril 2026. Il mentionne également l’arrêté préfectoral du 27 avril 2026 donnant délégation de signature à Aurélie Contrecivile, sous-préfète et directrice de cabinet de la préfète.
Comme tout acte administratif de ce type, l’arrêté peut faire l’objet d’un recours contentieux devant le tribunal administratif de Dijon dans un délai de deux mois à compter de sa publication. Il entre en vigueur dès sa publication au recueil des actes administratifs de la préfecture. Une copie doit être adressée au maire de Dijon ainsi qu’au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon.
Au-delà du seul cadre juridique, cette décision illustre la montée en puissance des dispositifs de surveillance aérienne dans la gestion des grands événements sportifs. Les drones sont désormais considérés par les autorités comme des outils utiles pour anticiper les mouvements de foule et coordonner les interventions. Leur utilisation reste toutefois sensible, car elle touche directement à la question des libertés publiques, de la vie privée et de la proportionnalité des moyens de surveillance.
Dans le cas du match DFCO-Orléans, la préfecture met en avant un ensemble de risques concrets pour justifier cette autorisation : les incidents passés entre supporters, l’importance de la rencontre, la célébration de la montée en Ligue 2, la présence attendue de 15 000 spectateurs, l’hypothèse d’un envahissement de terrain et la possibilité d’affrontements entre groupes ultras. Le dispositif aérien apparaît ainsi comme l’un des éléments d’un encadrement sécuritaire plus large.
Pour les supporters dijonnais, cette soirée doit avant tout être celle de la fête. Le retour du DFCO en Ligue 2 constitue un moment fort pour le club et pour ses fidèles. Mais les autorités entendent éviter que la célébration ne soit perturbée par des débordements. L’usage de drones doit permettre, selon la préfecture, d’accompagner l’événement en surveillant les zones sensibles, en détectant les incidents potentiels et en facilitant l’action des forces de l’ordre.
La rencontre du 15 mai 2026 se jouera donc dans une atmosphère particulière, entre ferveur populaire, fête sportive et vigilance sécuritaire. Sur le terrain, le DFCO célébrera la fin d’une saison réussie. Autour du stade, les forces de sécurité disposeront d’un appui aérien exceptionnellement autorisé pour encadrer les flux, prévenir les tensions et protéger le public.
