TotalEnergies va reconduire son opération de plafonnement des prix des carburants à l’occasion du week-end de la Pentecôte. Dans un communiqué publié lundi 18 mai, le groupe pétrolier annonce que cette mesure sera appliquée du samedi 23 au lundi 25 mai dans l’ensemble de son réseau en France métropolitaine.
Pendant ces trois jours, les automobilistes pourront bénéficier d’un prix bloqué à 1,99 euro le litre pour l’essence et à 2,09 euros le litre pour le gazole. TotalEnergies présente cette initiative comme une « opération spéciale », destinée à accompagner les déplacements nombreux attendus durant ce long week-end.
Cette décision s’inscrit dans la continuité des précédentes opérations menées au mois de mai. Le groupe avait déjà appliqué un dispositif similaire lors des ponts du 1er et du 8 mai, ainsi que pendant le week-end de l’Ascension. Avec la Pentecôte, TotalEnergies prolonge donc une stratégie ponctuelle de soutien aux conducteurs, dans un contexte de forte tension sur les prix des carburants.
La situation reste particulièrement sensible pour les ménages comme pour les professionnels dépendants de leur véhicule. Dimanche, les prix moyens de l’essence en France atteignaient leur plus haut niveau depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, aussi bien pour le SP95-E10 que pour le SP98. Sur les sept derniers jours, les moyennes nationales dépassaient les 2 euros le litre, renforçant l’inquiétude des usagers.
Face à cette hausse, le gouvernement doit également prendre la parole. Le Premier ministre Sébastien Lecornu tiendra jeudi 21 mai une conférence de presse consacrée aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient. À cette occasion, il présentera un nouveau paquet d’aides pour les secteurs les plus touchés par l’augmentation des prix à la pompe.
Ces mesures ne devraient toutefois entrer en vigueur qu’au mois de juin. Selon un conseiller gouvernemental, il s’agit d’aides prévues pour le mois prochain, ce qui aurait laissé quelques jours supplémentaires à l’exécutif pour finaliser ses arbitrages. Le gouvernement a aussi été mobilisé ces derniers jours par la gestion de l’hantavirus, un dossier qui a occupé une partie de l’agenda politique et médiatique.
L’exécutif entend conserver sa ligne actuelle : concentrer les aides sur les Français qui travaillent et sur les professions les plus exposées à la flambée des carburants. De nouveaux secteurs pourraient ainsi rejoindre le dispositif. Les taxis, par exemple, devraient bénéficier d’un remboursement accéléré de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, la TICPE.
Début mai, Sébastien Lecornu avait évoqué un « changement d’échelle » dans la réponse de l’État, assurant que le gouvernement ne voulait « abandonner personne ». Mais cette promesse ne devrait pas se traduire par une aide généralisée à l’ensemble des automobilistes.
À Bercy, le message reste clair : les finances publiques ne permettent pas une mesure universelle. Un ministre rappelle que la charge de la dette est appelée à devenir prochainement le premier poste budgétaire de l’État. Dans ce contexte, le gouvernement privilégie donc des aides ciblées plutôt qu’un soutien massif à tous les Français.
