La journée régionale de restitution du dispositif « Oser semer ses envies » se tient aujourd’hui au lycée Charles de Gaulle, à Dijon. Seize établissements de Bourgogne-Franche-Comté y présentent des projets imaginés, construits et portés par les élèves eux-mêmes, autour du bien-être, de la solidarité, de l’égalité, de la culture ou encore de l’amélioration du cadre de vie scolaire.
Ce jeudi 4 juin 2026, le lycée Charles de Gaulle, à Dijon, devient le point de rencontre des initiatives lycéennes de toute la Bourgogne-Franche-Comté. La Région y organise aujourd’hui la journée de restitution du dispositif OSE, pour « Oser semer ses envies », un programme destiné à accompagner les élèves dans la réalisation de projets collectifs au sein de leurs établissements. Cette édition 2026 réunit des jeunes venus de seize lycées de la région, représentant plusieurs départements, de la Côte-d’Or à l’Yonne, en passant par le Doubs, le Jura, la Nièvre et la Saône-et-Loire.
Plus qu’une simple présentation de fin d’année, cette journée régionale constitue un temps fort de la vie lycéenne. Elle permet aux élèves de partager le chemin parcouru, de valoriser leur engagement et de montrer comment une idée née dans un établissement peut devenir une action concrète au service du collectif. En présence de Willy Bourgeois, vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté chargé des lycées et de l’alimentation, de l’offre de formation, de l’apprentissage et de l’orientation, les participants sont invités à présenter leurs réalisations sous forme de « pitchs ». Un exercice à la fois formateur et symbolique, qui donne pleinement la parole aux jeunes.
Le dispositif OSE repose sur une conviction simple : les lycéens ne sont pas seulement des usagers de leur établissement, mais des acteurs capables de proposer, d’organiser et de transformer leur environnement quotidien. À travers ce programme, la Région entend conforter la démocratie lycéenne en donnant aux élèves les moyens matériels et financiers de passer de l’intention à l’action. Les projets peuvent être portés par des éco-délégués, des membres des conseils de délégués pour la vie lycéenne, ou encore par des groupes d’élèves engagés dans une démarche collective.
L’un des marqueurs du dispositif est sa grande liberté thématique. Aucune orientation unique n’est imposée aux établissements participants. Les élèves peuvent ainsi travailler sur des sujets très variés, en fonction de leurs préoccupations, de leurs envies et des besoins identifiés dans leur lycée. Pour cette édition, les projets abordent notamment le bien-être au lycée, l’amélioration du cadre de vie scolaire, la création d’une webradio destinée à favoriser l’écoute et le dialogue, la mise en place d’un café solidaire, la lutte contre les stéréotypes de genre et le masculinisme, ou encore la valorisation des talents artistiques.
Cette diversité témoigne de la richesse des préoccupations lycéennes. Elle montre également que les élèves souhaitent intervenir sur des questions qui dépassent parfois largement le cadre scolaire au sens strict. La solidarité, l’égalité, l’expression culturelle, le vivre-ensemble, l’écoute ou encore l’aménagement des espaces de vie sont autant de sujets qui traversent leur quotidien. Avec OSE, ces préoccupations trouvent un cadre, une méthode et un soutien institutionnel.
Le principe du dispositif est fondé sur la co-construction. Chaque projet doit être élaboré par les jeunes avec l’appui d’un adulte référent de l’établissement, qu’il s’agisse d’un enseignant, d’un conseiller principal d’éducation ou d’un autre membre de la communauté éducative. Cette relation entre élèves et adultes permet d’accompagner les initiatives sans les confisquer. Les jeunes restent au cœur du processus de décision, tandis que les équipes éducatives apportent leur expérience, leur connaissance du fonctionnement de l’établissement et leur capacité à sécuriser la mise en œuvre.
Pour permettre aux idées de se concrétiser, la Région Bourgogne-Franche-Comté peut attribuer une subvention allant jusqu’à 3 250 euros par établissement retenu. Ce soutien financier constitue souvent le levier indispensable pour franchir une étape décisive. Car dans de nombreux lycées, les idées existent déjà : elles émergent lors des échanges entre élèves, dans les instances lycéennes ou à partir d’un constat partagé sur le terrain. Mais pour acheter du matériel, aménager un espace, organiser une action ou donner de l’ampleur à une initiative, un accompagnement concret est nécessaire.
C’est précisément le rôle que la Région entend jouer avec OSE. En confiant aux élèves une capacité d’action réelle, la collectivité cherche à les responsabiliser et à les reconnaître comme des citoyens en formation. Les projets menés dans les lycées deviennent ainsi des expériences d’engagement, de coopération et de prise de parole. Ils permettent aux jeunes de se confronter à toutes les étapes d’un projet collectif : identifier un besoin, formuler une proposition, convaincre, construire un budget, organiser le travail, associer les autres élèves et présenter les résultats.
La journée de restitution organisée aujourd’hui à Dijon vient clore cette démarche annuelle tout en ouvrant de nouvelles perspectives. Les élèves des différents établissements y découvrent les initiatives menées ailleurs dans la région. Cette circulation des idées est l’un des intérêts majeurs du dispositif. Un projet imaginé dans un lycée peut inspirer d’autres jeunes, être adapté à un autre contexte ou donner naissance à de nouvelles envies pour l’année suivante. La restitution ne se limite donc pas à un bilan : elle fonctionne aussi comme un espace d’émulation.
Pour Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, le dispositif traduit une volonté politique claire : faire confiance aux élèves et leur donner les moyens d’agir. Selon lui, OSE permet à leurs idées de devenir des réalisations concrètes au service du collectif. Cette notion de confiance est centrale. Elle suppose de considérer les lycéens comme capables d’analyser leur environnement et de proposer des réponses utiles, visibles et adaptées à la réalité de leurs établissements.
Willy Bourgeois souligne de son côté l’impact progressif du dispositif au fil des éditions. Les projets, portés de bout en bout par les élèves, produisent des effets tangibles dans les lycées. Ils ne relèvent pas seulement de l’animation ponctuelle : ils contribuent à modifier le quotidien, à renforcer le sentiment d’appartenance et à créer des espaces de participation. Dans un contexte où l’engagement des jeunes est parfois questionné, OSE met en lumière une autre réalité : lorsque les conditions sont réunies, les lycéens s’emparent pleinement des possibilités qui leur sont offertes.
Les seize établissements engagés cette année illustrent le maillage régional du dispositif. En Côte-d’Or, les lycées Stephen Liégeard à Brochon, Charles de Gaulle à Dijon, la MFR Auxois Sud Morvan à Pouilly-en-Auxois et le LEGTA Olivier de Serres à Quetigny participent à l’édition 2025-2026. Dans le Doubs, les établissements Nelson Mandela à Audincourt, Pierre-Adrien Pâris à Besançon, la MFR de Morre et le lycée Xavier Marmier à Pontarlier sont également représentés. Le Jura compte deux établissements participants, Paul-Émile Victor à Champagnole et Le Corbusier à Lons-le-Saunier. La Nièvre est représentée par le LEGTA de Nevers-Cosne-Plagny à Cosne-Cours-sur-Loire. En Saône-et-Loire, la MFR du Charolais-Brionnais à Anzy-le-Duc et le lycée La Prat’s à Cluny prennent part au dispositif. Enfin, dans l’Yonne, les lycées Vauban et Jacques Amyot à Auxerre, ainsi que l’EREA Jules Verne à Joigny, figurent parmi les participants.
Cette diversité géographique montre que le dispositif s’adresse à des établissements aux profils variés, implantés dans des territoires différents. Lycées généraux, technologiques, agricoles, maisons familiales rurales ou établissements régionaux d’enseignement adapté : OSE concerne un large éventail de structures. Cette ouverture permet d’ancrer la démarche dans des réalités scolaires et territoriales multiples, loin d’un modèle unique de participation.
Au-delà de l’événement dijonnais, l’enjeu est donc plus large. Il s’agit de donner une place concrète à la parole lycéenne dans les établissements. Là où les élèves peuvent parfois avoir le sentiment que leurs idées restent sans suite, OSE propose une méthode et des moyens. Là où les projets collectifs se heurtent souvent au manque de financement ou à la difficulté de structurer une démarche, le dispositif offre un cadre. Et là où l’engagement peut sembler abstrait, il devient une expérience vécue, mesurable et partagée.
En réunissant les élèves autour de leurs réalisations, la Région Bourgogne-Franche-Comté met en avant une jeunesse active, inventive et soucieuse de son environnement. Les thèmes choisis cette année disent beaucoup des préoccupations actuelles des lycéens : mieux vivre ensemble, lutter contre les discriminations et les stéréotypes, créer des espaces de solidarité, favoriser l’expression et améliorer les conditions de vie dans les établissements. Autant de sujets qui montrent que la vie lycéenne ne se résume pas aux cours, mais qu’elle constitue aussi un lieu d’apprentissage de la citoyenneté.
La journée de restitution de ce 4 juin au lycée Charles de Gaulle de Dijon permettra ainsi de mesurer l’ampleur du travail accompli. Elle donnera aux élèves l’occasion de présenter ce qu’ils ont imaginé, construit et parfois déjà transformé dans leur établissement. Elle permettra aussi aux équipes éducatives, aux représentants de la Région et à la presse de prendre la mesure de ces initiatives souvent discrètes, mais essentielles à la vitalité des lycées.
Avec OSE, les idées lycéennes ne restent pas au stade du souhait. Elles deviennent des projets, puis des réalisations. Et, au fil des éditions, elles contribuent à dessiner une autre manière de penser la vie scolaire : plus participative, plus collective et plus attentive à la parole des jeunes.
