Le nombre de mariages célébrés dans la région a été divisé par deux depuis 1975. En 2024, 9 700 unions ont été enregistrées en Bourgogne-Franche-Comté, dans un contexte de transformations profondes des modes de vie, de la famille et du couple.
Avec le retour des beaux jours revient traditionnellement la saison des mariages. Mais en Bourgogne-Franche-Comté, cette institution ne rassemble plus autant qu’autrefois. Selon les données publiées par l’Insee Bourgogne-Franche-Comté, le nombre de mariages célébrés dans la région a diminué de moitié en l’espace de cinquante ans. Alors que l’on comptait environ 20 000 mariages en 1975, seuls 9 700 ont été enregistrés en 2024.
Cette évolution illustre un changement durable dans les comportements conjugaux. Le mariage, longtemps considéré comme une étape centrale de la vie de couple et de la construction familiale, n’occupe plus la même place dans les parcours de vie. Les couples se marient moins souvent, plus tardivement, et parfois après avoir déjà fondé une famille ou connu une autre union.
En 2024, 9 700 mariages ont donc été célébrés en Bourgogne-Franche-Comté. Parmi eux, 2,5 % concernaient des personnes du même sexe. Ce chiffre global confirme une tendance de long terme : depuis les années 1970, le recul est net. L’Insee relève notamment qu’après les 20 000 mariages enregistrés en 1975, la région en comptait encore 14 000 en 1990, puis 14 100 en 2000. La baisse s’est poursuivie ensuite, avec 12 200 mariages en 2004, 10 200 en 2014, puis 9 700 en 2024.
L’année 2020 constitue un cas particulier dans cette série statistique. En pleine période de crise sanitaire liée au Covid-19, le nombre de mariages était tombé à 6 100 dans la région. Les restrictions, reports de cérémonies et incertitudes liées à la pandémie avaient fortement perturbé l’organisation des unions. Si le niveau de 2024 marque un rebond par rapport à cette année exceptionnelle, il reste très inférieur à celui observé un demi-siècle plus tôt.
Le recul du mariage ne s’explique pas seulement par les évolutions démographiques. La baisse et le vieillissement de la population régionale jouent un rôle, mais l’Insee met surtout en avant des transformations sociétales profondes. L’union libre s’est largement diffusée, le Pacs est devenu une forme d’engagement courante, et la vie conjugale n’est plus nécessairement associée au passage devant le maire.
Ces changements traduisent une modification du rapport au couple. Les nouvelles générations entrent plus tard dans la vie active, souvent après des études plus longues. Les trajectoires personnelles et professionnelles se construisent différemment, ce qui repousse parfois les projets d’installation durable, de mariage ou de famille. Le couple se forme, se transforme et s’officialise selon des calendriers plus variés qu’auparavant.
Le mariage intervient aussi plus tard dans la vie. En Bourgogne-Franche-Comté, les femmes qui se marient ont en moyenne 38 ans, contre 40 ans pour les hommes. En cinquante ans, l’âge moyen au mariage a augmenté de 15 ans. Cette progression montre que l’union matrimoniale n’est plus seulement associée à l’entrée dans l’âge adulte. Elle peut désormais intervenir après plusieurs années de vie commune, après la naissance d’enfants, ou encore après une première union.
L’Insee souligne d’ailleurs qu’un couple sur trois a déjà des enfants en commun au moment de se marier. Cette proportion grimpe même à 44 % chez les couples vivant en milieu rural. Le mariage vient alors consacrer une situation familiale déjà installée, plutôt que marquer le point de départ de la vie à deux ou de la parentalité. Il devient moins une condition préalable à la famille qu’une étape possible dans un parcours déjà engagé.
Autre signe de l’évolution des parcours conjugaux : 15 % des unions célébrées en 2024 sont des remariages. Cela montre que le mariage peut intervenir à plusieurs moments de la vie, après une séparation, un divorce ou une recomposition familiale. Les parcours amoureux apparaissent plus diversifiés, avec davantage de partenaires au fil du temps, comme le souligne l’Insee dans son communiqué.
Le Pacs occupe également une place importante dans les trajectoires conjugales. Un quart des couples mariés en 2024 étaient déjà pacsés avant de se marier. Pour ces couples, le mariage peut représenter une nouvelle étape d’engagement, venant après une première officialisation de leur union. Le Pacs, créé comme une alternative plus souple au mariage, s’est ainsi imposé dans les habitudes et peut parfois précéder une union matrimoniale.
La répartition des mariages varie également selon les territoires de Bourgogne-Franche-Comté. L’infographie de l’Insee indique que les volumes départementaux s’échelonnent de 530 à 1 930 mariages en 2024. Ces écarts reflètent notamment les différences de population entre les départements, mais ils s’inscrivent tous dans une tendance régionale commune : le mariage est devenu moins fréquent qu’auparavant.
En observant un demi-siècle d’évolution, le constat est clair : le mariage n’a pas disparu, mais il a changé de fonction sociale. Il attire moins de couples, intervient plus tard, et s’inscrit désormais dans des parcours familiaux souvent déjà construits. L’union libre, le Pacs, les recompositions familiales et l’allongement des études ont profondément modifié les habitudes.
En Bourgogne-Franche-Comté comme ailleurs, le mariage reste un moment symbolique fort pour les couples qui le choisissent. Mais il n’est plus le passage obligé qu’il a longtemps été. Les chiffres de l’Insee racontent ainsi une évolution majeure de la société : en cinquante ans, le mariage est passé d’une norme largement partagée à une option parmi d’autres dans la vie conjugale.
