L’enquête publique sur le Schéma de Cohérence Territoriale du Dijonnais, le SCoT, devient un nouveau point de crispation autour de l’avenir de l’aménagement de Dijon Métropole. Dans un communiqué, La France insoumise Dijon appelle les Dijonnaises, les Dijonnais, ainsi que les habitants de la métropole et des communes voisines, à participer à cette consultation publique afin de s’opposer à la poursuite de l’artificialisation des sols agricoles et naturels.
Pour le mouvement, l’enjeu dépasse largement la seule question technique de l’urbanisme. Le SCoT fixe les grandes orientations d’aménagement du territoire pour les années à venir : développement du logement, organisation des zones d’activité, préservation des espaces naturels, équilibre entre ville et campagne. C’est donc, selon LFI, un document décisif pour déterminer le modèle de développement de l’agglomération dijonnaise à l’horizon 2046.
La critique principale porte sur la trajectoire de croissance démographique retenue par la métropole. Selon le communiqué, l’objectif affiché serait d’accompagner une hausse de population estimée à 28 400 habitants supplémentaires d’ici 2046. Pour répondre à cette projection, le SCoT prévoirait la construction de 35 000 nouveaux logements. LFI ne conteste pas seulement le chiffre en lui-même : le mouvement met surtout en cause les conséquences foncières de cette orientation, qu’il juge incompatibles avec les urgences écologiques actuelles.
D’après La France insoumise, cette stratégie entraînerait la destruction de plus de 300 hectares d’espaces naturels et agricoles entre 2025 et 2046. Le communiqué mentionne notamment 27 hectares sur la commune de Dijon et 196 hectares sur le périmètre de Dijon Métropole. À Dijon, le rythme d’artificialisation serait même cinq fois supérieur à celui observé sur la période 2010-2015. Pour LFI, ces chiffres montrent que le SCoT ne permettrait pas de rompre avec une logique d’étalement urbain, mais organiserait au contraire sa poursuite.
Le mouvement dénonce une contradiction entre les discours de transition écologique portés par les collectivités et les choix concrets prévus dans le document. Alors que la préservation des terres de pleine terre est régulièrement présentée comme une priorité face au réchauffement climatique, plusieurs secteurs agricoles ou naturels seraient, selon LFI, menacés par de nouveaux projets d’aménagement. Le communiqué cite notamment les Valendons, au sud de Dijon, après les mobilisations déjà connues autour de l’Engrenage, au nord. Il évoque également la destruction de jardins partagés, considérés comme des espaces utiles à la fois pour le lien social, la biodiversité et la qualité de vie des habitants.
La situation d’Ouges est particulièrement mise en avant. Selon LFI, 126 hectares de terres agricoles y seraient réservés à des projets d’habitat. D’autres communes sont également citées, comme Ahuy, avec plus de 20 hectares concernés, ou Perrigny, avec 28 hectares. Ces exemples servent à illustrer ce que le mouvement considère comme une dynamique globale de bétonisation du territoire métropolitain. Pour LFI, le développement urbain ne devrait plus se faire au détriment de terres agricoles qui pourraient contribuer à l’autonomie alimentaire locale.
Les inquiétudes portent aussi sur les milieux naturels liés à l’eau. Le communiqué affirme que onze projets seraient recensés entre Plombières-lès-Dijon et Longvic, le long de l’Ouche et du canal de Bourgogne. Or ces espaces appartiennent à ce que l’on appelle la « trame bleue et verte », c’est-à-dire un ensemble de continuités écologiques destinées à préserver la biodiversité et les circulations naturelles. LFI s’interroge donc sur la cohérence d’un document qui affirme vouloir protéger l’environnement tout en permettant des aménagements dans des secteurs considérés comme sensibles.
Au fond, La France insoumise estime que le SCoT devrait partir d’autres priorités. Pour le mouvement, l’adaptation au changement climatique et le développement de l’autosuffisance alimentaire devraient guider les décisions d’urbanisme. Dans cette logique, les terres agricoles, les jardins, les sols non imperméabilisés et les espaces naturels ne sont pas des réserves disponibles pour construire, mais des ressources à protéger. Ils permettent de limiter les effets des fortes chaleurs, de favoriser l’infiltration de l’eau, de préserver la biodiversité et de maintenir des possibilités de production alimentaire de proximité.
LFI appelle donc les habitants à intervenir dans l’enquête publique avant sa clôture, fixée au 3 juillet. Le mouvement leur demande de s’opposer au SCoT dans sa version actuelle et de défendre une autre orientation pour le territoire. Parmi ses revendications, il demande l’application immédiate du principe de zéro artificialisation nette des sols, sans attendre 2050. Il réclame également l’arrêt de la bétonisation et une planification écologique construite avec les habitants, notamment à travers une convention citoyenne.
Le communiqué met aussi en avant la rénovation écologique et énergétique des bâtiments existants comme alternative à l’extension urbaine. Plutôt que de consommer de nouvelles terres pour construire, LFI propose de concentrer les efforts sur la réhabilitation du bâti déjà présent. Cette stratégie permettrait, selon le mouvement, de répondre à des besoins de logement, d’activité ou d’équipements tout en soutenant l’économie locale et en limitant la pression sur les sols agricoles.
Dans la même logique, LFI souhaite que les surfaces disponibles soient prioritairement orientées vers la réhabilitation de bâtiments à usage commercial ou social, plutôt que vers la création de nouveaux bureaux ou de nouveaux logements sur des terres encore préservées. Le mouvement défend ainsi une conception stricte de la sobriété foncière : utiliser mieux l’existant, densifier avec prudence lorsque c’est nécessaire, mais surtout éviter d’étendre encore l’urbanisation sur les espaces naturels et agricoles.
La création d’îlots de fraîcheur dans les zones déjà bétonnées fait également partie des demandes formulées. Cette proposition s’inscrit dans un contexte où les épisodes de chaleur deviennent plus fréquents et plus intenses. Pour LFI, les politiques d’aménagement devraient prioritairement végétaliser les espaces urbains existants, désimperméabiliser les sols et améliorer le cadre de vie dans les quartiers déjà construits, plutôt que de poursuivre l’ouverture de nouveaux terrains à l’urbanisation.
Avec cet appel, La France insoumise Dijon entend transformer l’enquête publique en moment de mobilisation citoyenne. Le parti invite les habitants à ne pas laisser le débat sur le SCoT aux seuls spécialistes de l’aménagement. Derrière les cartes, les annexes et les objectifs chiffrés, c’est selon lui une question de choix de société qui se pose : faut-il continuer à organiser la croissance de la métropole par la construction de nouveaux logements sur des terres agricoles, ou faut-il engager une rupture plus nette en faveur de la protection des sols, de la rénovation et de l’adaptation climatique ?
LFI conclut son communiqué en liant directement ces enjeux à la santé et à l’avenir des habitants. Pour le mouvement, l’artificialisation des terres n’est pas seulement un problème environnemental abstrait : elle a des conséquences concrètes sur la chaleur en ville, la qualité de vie, la biodiversité, l’alimentation et la capacité du territoire à résister aux effets du changement climatique. C’est pourquoi il appelle à agir collectivement, pendant l’enquête publique, afin de défendre « un environnement plus sain » et « un avenir plus désirable ».
