À Hauteville-lès-Dijon et Daix, en Côte-d’Or, GRDF mène actuellement un chantier d’envergure destiné à accompagner le développement du gaz vert sur le territoire. L’opération, lancée le 11 mai 2026 et prévue jusqu’à la fin du mois de juin, porte sur 2,8 kilomètres de travaux. Elle doit permettre de raccorder au réseau de distribution de gaz une future unité de méthanisation locale, tout en modernisant une partie des infrastructures existantes.
Ce chantier s’inscrit dans un contexte de transition énergétique, alors que la production de gaz renouvelable poursuit son développement en Bourgogne-Franche-Comté. À terme, la future unité de méthanisation Agriplateau, portée par GFP Energies et six agriculteurs du territoire, produira 13,4 GWh de gaz vert par an. Cette quantité correspond à l’équivalent de la consommation annuelle moyenne d’environ 730 foyers. Le gaz produit localement sera injecté dans le réseau exploité par GRDF, contribuant ainsi à renforcer l’autonomie énergétique du territoire.
Au total, les travaux comprennent la pose de 2 065 mètres de canalisation destinés au raccordement de l’unité de méthanisation, ainsi que la modernisation de 745 mètres de réseau à Daix. Le coût global des travaux engagés par GRDF s’élève à 649 705 euros. L’entreprise SBTP intervient comme prestataire sur cette opération.
L’une des particularités du chantier réside dans l’utilisation d’une technologie de pose innovante : la canalisation en polyéthylène pré-enrubanné. Le 10 juin, GRDF a réalisé une étape clé avec la pose de ce type de canalisation. Le principe consiste à recouvrir la conduite d’une gaine géotextile hautement résistante, permettant son enfouissement direct dans le sol. Cette méthode évite l’apport de sable dans la tranchée, habituellement nécessaire pour protéger les canalisations.
Selon GRDF, cette technique présente plusieurs avantages environnementaux. Elle permettrait d’éviter jusqu’à 350 tonnes de sable et de gravats par kilomètre, tout en économisant environ 8 tonnes de CO₂ par kilomètre. Les déblais issus du chantier peuvent être réutilisés sur place, ce qui limite les transports de matériaux et réduit le trafic de camions. Le dispositif intègre également un fil traceur, facilitant le géoréférencement du réseau et renforçant la sécurité des interventions futures.
Pour GRDF, cette opération illustre la possibilité de concilier modernisation des infrastructures et réduction de l’empreinte carbone des chantiers. « Ce chantier démontre qu’il est possible de concilier performance technique et réduction de l’empreinte carbone. En préparant l’arrivée d’une nouvelle unité de production de gaz vert tout en déployant une technologie de pose plus sobre, GRDF agit concrètement pour accélérer la transition énergétique des territoires », souligne Eric Passetti, directeur territorial régional Bourgogne Franche-Comté de GRDF.
Le projet s’inscrit également dans une démarche portée localement par les acteurs agricoles. Jacques de Loisy, président de la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or et maire d’Hauteville-lès-Dijon, insiste sur l’attention portée à la préservation des ressources. « Au-delà de la production de gaz vert, nous avons souhaité concevoir un projet attentif à la préservation des ressources. Réutilisation des déblais sur site, limitation des transports de matériaux ou encore autonomie en eau : plusieurs choix ont été réalisés afin de réduire l’impact environnemental du projet de l’unité de méthanisation, et même d’avoir un effet de levier positif pour l’environnement et en terme agronomique », indique-t-il.
La Côte-d’Or est déjà engagée dans le développement du gaz vert. Produit à partir de matières organiques valorisées par méthanisation, ce gaz renouvelable représente aujourd’hui 16 % de la consommation annuelle de gaz dans le département, selon GRDF. L’objectif est de poursuivre cette dynamique pour atteindre 25 % de gaz vert dans les réseaux régionaux d’ici 2030.
Gestionnaire du plus grand réseau de distribution de gaz en Europe, GRDF exploite et entretient 207 000 kilomètres de réseaux. L’entreprise affirme vouloir accompagner les collectivités dans leur décarbonation, notamment grâce au développement du gaz vert, à la sobriété énergétique et à la modernisation des équipements. Avec ce chantier à Hauteville-lès-Dijon et Daix, elle entend démontrer que les infrastructures nécessaires à la transition énergétique peuvent elles-mêmes être réalisées avec des méthodes plus sobres et moins émettrices.



