L’intelligence artificielle s’installe au cœur du débat public et politique. Ses progrès rapides interrogent désormais l’organisation du travail, l’avenir de l’emploi, l’évolution des compétences, mais aussi la solidité du modèle social français. Pour analyser ces transformations et nourrir la réflexion nationale à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a lancé une mission d’information parlementaire. La députée de la Côte-d’Or Océane Godard a été désignée co-rapporteure de ces travaux.
Cette mission intervient dans un contexte où l’intelligence artificielle ne relève plus seulement de l’innovation technologique. Elle s’impose progressivement dans les entreprises, les administrations, les services, la santé, l’éducation ou encore l’industrie. Ses usages promettent des gains de productivité et de nouveaux outils d’aide à la décision, mais soulèvent aussi de nombreuses inquiétudes sur la transformation des métiers, l’automatisation de certaines tâches, les risques d’inégalités et la capacité des dispositifs publics à accompagner ces mutations.
Membre de la commission des affaires sociales, Océane Godard participera ainsi à un travail d’analyse destiné à dresser un état des lieux des connaissances actuelles. L’objectif affiché est de mieux comprendre les effets de l’intelligence artificielle sur la société française et de proposer des pistes concrètes pour anticiper les changements à venir. La mission ne se limitera donc pas à un constat technique : elle devra aussi interroger les choix politiques, sociaux et économiques que ces évolutions imposent.
Le premier axe de travail portera sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le travail. Les parlementaires devront examiner la manière dont l’IA transforme les métiers, modifie l’organisation des entreprises et redéfinit certaines missions professionnelles. Dans de nombreux secteurs, des tâches répétitives ou fortement standardisées peuvent déjà être automatisées. Mais l’IA peut également créer de nouveaux besoins, faire émerger de nouvelles fonctions et imposer l’acquisition de compétences inédites.
Cette évolution pose une question centrale : comment permettre aux salariés, aux indépendants, aux agents publics et aux futurs actifs de s’adapter à ces transformations sans subir une précarisation de leur parcours professionnel ? L’enjeu ne se résume pas à savoir quels métiers pourraient disparaître ou apparaître. Il s’agit aussi d’évaluer comment les métiers existants vont être réorganisés, quelles responsabilités resteront humaines, quelles décisions pourront être assistées par des systèmes algorithmiques et comment garantir un cadre de travail protecteur.
Le deuxième volet de la mission concernera le système de formation. L’intelligence artificielle bouleverse les besoins en compétences et oblige à repenser l’adaptation des parcours éducatifs et professionnels. La formation initiale, l’enseignement supérieur, l’apprentissage et la formation continue devront être interrogés à la lumière de ces nouveaux usages. L’objectif est d’éviter que l’IA ne creuse les écarts entre ceux qui maîtrisent ces outils et ceux qui n’y ont pas accès ou ne sont pas formés à leur utilisation.
Pour les parlementaires, cette réflexion sur la formation est essentielle. L’appropriation de l’intelligence artificielle ne peut pas être réservée à quelques secteurs spécialisés ou à des profils déjà qualifiés. Elle concerne l’ensemble du monde du travail. Des compétences techniques seront nécessaires, mais aussi des compétences critiques : comprendre les limites des outils, identifier les biais, protéger les données, vérifier les résultats produits et préserver la place du jugement humain.
Le troisième axe portera sur la protection sociale des actifs. L’essor de l’intelligence artificielle pourrait transformer les trajectoires professionnelles, accélérer les reconversions ou fragiliser certains emplois. La mission devra donc examiner la manière dont les dispositifs existants peuvent sécuriser les parcours. Assurance chômage, formation professionnelle, accompagnement des transitions, prévention des risques professionnels ou encore reconnaissance de nouvelles formes d’activité pourraient faire partie des sujets étudiés.
À travers ce volet social, la mission pose une question plus large : le modèle français de protection sociale est-il suffisamment préparé aux mutations provoquées par l’intelligence artificielle ? Si certains travailleurs voient leurs missions évoluer rapidement, si des compétences deviennent obsolètes plus vite qu’auparavant ou si de nouveaux statuts professionnels émergent, les outils actuels devront peut-être être adaptés. L’enjeu sera d’accompagner les actifs plutôt que de laisser les transformations technologiques produire seules leurs effets.
Océane Godard souhaite faire de cette mission un temps fort du débat public. Pour la députée de la Côte-d’Or, l’intelligence artificielle doit devenir un sujet fondamental de la prochaine élection présidentielle. Elle considère cette révolution comme déterminante pour l’emploi, l’économie, les inégalités et, plus largement, pour la manière dont la société française souhaite vivre ensemble. Cette approche replace la question technologique dans un cadre politique et social plus vaste.
La nomination d’Océane Godard comme co-rapporteure lui confère un rôle important dans la conduite des travaux. Les rapporteurs d’une mission d’information sont chargés d’organiser les auditions, de recueillir les analyses des acteurs concernés, de structurer les constats et de formuler des recommandations. Dans le cas de l’intelligence artificielle, les échanges devraient concerner une grande diversité d’interlocuteurs : chercheurs, entreprises, partenaires sociaux, organismes de formation, institutions publiques, représentants du monde du travail et experts du numérique.
Cette méthode doit permettre de croiser les points de vue et d’éviter une lecture strictement technologique du sujet. Les impacts de l’intelligence artificielle ne se mesurent pas seulement en termes de performance ou d’innovation. Ils touchent aussi à la qualité de l’emploi, à la reconnaissance des compétences, à l’égalité d’accès à la formation, à la régulation des usages et à la confiance des citoyens dans les transformations numériques.
La mission parlementaire intervient également dans une période de forte accélération des usages de l’IA générative. Ces outils, capables de produire du texte, des images, du code ou des analyses à partir de très grandes quantités de données, ont contribué à rendre l’intelligence artificielle beaucoup plus visible dans le quotidien professionnel. Leur diffusion rapide oblige les pouvoirs publics à mieux comprendre les conséquences concrètes de ces technologies sur les organisations de travail.
Pour la Côte-d’Or, cette nomination donne une visibilité nationale à une élue du territoire sur un sujet d’avenir. En tant que députée et membre de la commission des affaires sociales, Océane Godard portera une réflexion qui dépasse largement le seul champ numérique. Le travail, la formation et la protection sociale sont des piliers du modèle français. Leur adaptation à l’intelligence artificielle constitue donc un enjeu majeur pour les années à venir.
La députée a indiqué qu’elle rendrait régulièrement compte de l’avancée des travaux de cette mission. Cette communication progressive devrait permettre de suivre les auditions, les constats et les premières pistes de réflexion avant la remise des conclusions. Elle pourrait aussi contribuer à installer le sujet de l’intelligence artificielle dans le débat démocratique, au-delà des seuls cercles d’experts.
À travers cette mission d’information, l’Assemblée nationale entend donc éclairer les choix publics à venir. L’enjeu sera de déterminer comment la France peut tirer parti des apports de l’intelligence artificielle tout en protégeant les actifs, en accompagnant les transitions professionnelles et en préservant la cohésion sociale. Pour Océane Godard, cette réflexion doit permettre de poser une question centrale : quelle place la société française veut-elle accorder à l’humain dans un monde du travail de plus en plus transformé par les technologies ?
