Une opération « collège mort » a eu lieu hier matin au collège Édouard-Herriot, à Chenôve. Parents d’élèves et organisations syndicales ont dénoncé la suppression annoncée d’un poste de conseiller principal d’éducation, créé après l’agression au couteau survenue dans l’établissement en mars 2024.
La mobilisation s’est tenue hier matin au collège Édouard-Herriot de Chenôve. À l’appel des représentants élus des parents d’élèves, une journée « collège mort » a été organisée afin de protester contre la suppression annoncée d’un poste de conseiller principal d’éducation à la rentrée prochaine. Une décision jugée très préoccupante par les familles et les syndicats, dans un établissement encore marqué par de graves événements.
Le poste concerné n’était pas considéré comme un renfort ordinaire par les parents mobilisés. Ces derniers ont rappelé qu’il avait été créé après l’agression au couteau du 15 mars 2024, au cours de laquelle une enseignante et la cheffe d’établissement avaient été visées. Pour les signataires de l’appel, supprimer ce moyen humain deux ans plus tard revenait à fragiliser un établissement où la question de la sécurité restait particulièrement sensible.
Les représentants des parents d’élèves ont estimé que cette décision intervenait dans un contexte local déjà tendu. Ils ont notamment évoqué la situation du quartier Herriot et rappelé que le maire de Chenôve avait récemment pris un arrêté municipal instaurant un couvre-feu pour les mineurs. Dans ce climat, la suppression d’un poste de CPE a été perçue comme une mesure déconnectée des réalités du terrain.
Au cœur des inquiétudes figurait la sécurité des élèves et des personnels. Le rôle d’un CPE ne se limite pas à l’organisation de la vie scolaire. Il participe au suivi quotidien des élèves, à la prévention des tensions, à l’encadrement des temps hors classe, au dialogue avec les familles et au maintien d’un climat scolaire apaisé. Pour les parents, réduire ces moyens risquait donc d’avoir des conséquences directes sur le fonctionnement de l’établissement.
Les abords du collège faisaient également partie des préoccupations exprimées. Les moments d’arrivée et de sortie des élèves, les regroupements éventuels et les tensions pouvant survenir aux alentours nécessitaient, selon les familles mobilisées, une présence éducative renforcée. Dans ce contexte, le maintien du poste de CPE a été présenté comme un outil indispensable de prévention et de régulation.
Cette opération « collège mort » visait à rendre visible l’opposition de la communauté éducative avant la rentrée prochaine. Les parents ont dit redouter une dégradation du climat scolaire si le poste venait effectivement à disparaître. Ils ont également alerté sur les conditions d’apprentissage des élèves, dans un collège où l’encadrement et le suivi éducatif étaient jugés essentiels.
Les personnels étaient eux aussi directement concernés par cette suppression annoncée. Selon les signataires, elle risquait d’augmenter la charge de travail des équipes déjà en place, qu’il s’agisse de la vie scolaire, des enseignants ou de la direction. Pour eux, cette décision pouvait fragiliser davantage un établissement qui avait déjà connu des événements graves.
Une audience devait se tenir auprès de l’IA-DASEN afin de défendre le maintien pérenne du poste de CPE et de rappeler les besoins concrets du collège Édouard-Herriot. Les représentants de l’établissement espéraient obtenir une réponse favorable des autorités académiques.
La mobilisation était soutenue par plusieurs organisations syndicales de l’Éducation nationale, dont SUD éducation 21-71, la CGT Éduc’action, le SNES-FSU et le SNALC. Cette diversité de soutiens traduisait une inquiétude partagée au-delà du seul cercle des familles.
