Une convention expérimentale d’un an a été signée entre la Région Bourgogne-Franche-Comté, la Gendarmerie nationale et SNCF Voyageurs afin de renforcer la sécurité dans les trains et les gares du réseau régional Mobigo. À partir du 1er juillet 2026, 100 patrouilles de réservistes opérationnels de la gendarmerie seront déployées dans les huit départements de la région.
La Région Bourgogne-Franche-Comté veut renforcer la sécurité dans les trains régionaux. À l’occasion de la session plénière du Conseil régional du jeudi 25 juin 2026, la collectivité a annoncé la signature d’une convention expérimentale avec la Gendarmerie nationale et SNCF Voyageurs. Objectif : sécuriser davantage le réseau ferroviaire régional Mobigo, fréquenté chaque jour par de nombreux usagers.
Cette convention, présentée comme inédite, entrera en vigueur le 1er juillet 2026. Elle est conclue pour une durée d’un an, jusqu’au 30 juin 2027. Concrètement, elle prévoit le déploiement de 100 patrouilles de réservistes opérationnels de la Gendarmerie nationale dans les trains et les gares de Bourgogne-Franche-Comté.
Chaque patrouille sera composée de trois militaires. Ces équipes seront amenées à intervenir dans les huit départements de la région, afin d’assurer une présence visible, dissuasive et rassurante auprès des voyageurs comme des agents SNCF.
Ce nouveau dispositif vient compléter les moyens déjà existants sur le réseau Mobigo. Aujourd’hui, SNCF Voyageurs s’appuie notamment sur les équipes de contrôle à bord des trains ainsi que sur la Sûreté ferroviaire, plus connue sous le nom de SUGE. Ces personnels assurent déjà une mission essentielle de prévention, de contrôle et de sécurité sur les lignes régionales.
La Région rappelle que près de 600 trains Mobigo circulent quotidiennement sur le territoire régional. Cette réalité donne la mesure de l’enjeu. La sécurité dans les transports du quotidien est devenue une préoccupation forte, aussi bien pour les voyageurs que pour les agents qui travaillent chaque jour dans les trains et les gares.
Avec cette convention, la Région Bourgogne-Franche-Comté entend donc apporter une réponse concrète aux incivilités, aux actes de malveillance et aux situations pouvant créer un sentiment d’insécurité. L’idée n’est pas seulement d’intervenir en cas d’incident, mais aussi de prévenir les comportements problématiques par une présence régulière et identifiable sur le terrain.
Les réservistes de la gendarmerie interviendront le plus souvent possible en appui des équipes de contrôle SNCF. Leur rôle pourra être multiple. Ils pourront rechercher les infractions à la loi pénale, effectuer des contrôles d’identité et de bagages sous le contrôle du procureur de la République, et intervenir en cas d’incident.
Cette présence supplémentaire doit permettre de renforcer la capacité de réaction à bord des trains, mais aussi dans les gares. Les patrouilles auront vocation à sécuriser les trajets, à rassurer les usagers et à soutenir les agents SNCF lorsqu’ils sont confrontés à des situations difficiles.
Le dispositif repose également sur une coordination avec SNCF Voyageurs. Une formation spécifique sera dispensée aux réservistes afin de les familiariser avec les particularités de l’exploitation ferroviaire. Cette formation intégrera les règles propres au fonctionnement des trains, les dispositifs de sûreté déjà en place, ainsi que les modalités d’intervention en lien avec les équipes SNCF et la SUGE.
Cette étape est importante, car la sécurité ferroviaire obéit à des contraintes particulières. Intervenir dans un train, sur un quai ou dans une gare ne se fait pas de la même manière que dans l’espace public classique. La coordination entre les différents acteurs est donc indispensable pour garantir des interventions efficaces, adaptées et sécurisées.
Pour Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, cette convention répond à une attente claire des habitants. Il insiste sur le fait que la sécurité conditionne l’usage même du train au quotidien.

« La sécurité dans les transports n’est pas une option, c’est une condition. On ne peut pas demander aux habitants de nos territoires de privilégier le train s’ils ne se sentent pas en sécurité à bord. Cette convention, c’est une réponse concrète, opérationnelle, financée par la Région parce que la sécurité de nos usagers et de nos agents SNCF n’attend pas », déclare-t-il.
Le message politique est clair : pour encourager l’usage du train, notamment dans un contexte de transition écologique et de développement des mobilités durables, la question de la sécurité ne peut pas être laissée de côté. La Région veut ainsi faire du sentiment de sécurité un élément central de l’attractivité du réseau Mobigo.
Cette convention s’inscrit dans une stratégie plus large portée par la Région Bourgogne-Franche-Comté. La sécurité est présentée comme l’un des axes structurants de son action. Jérôme Durain préside également le groupe de travail sécurité de Régions de France, ce qui donne à cette expérimentation une portée particulière au-delà du seul territoire régional.
L’expérimentation fera l’objet d’un suivi. Un premier bilan intermédiaire sera dressé après six mois de mise en œuvre. Une évaluation complète sera ensuite réalisée à l’issue de l’année d’expérimentation. C’est sur la base de ces résultats que sera étudiée l’opportunité de pérenniser, ou non, ce dispositif.
Si les résultats sont jugés satisfaisants, cette coopération entre la Région, la Gendarmerie nationale et SNCF Voyageurs pourrait donc s’inscrire dans la durée. Elle pourrait aussi servir de modèle à d’autres territoires confrontés aux mêmes enjeux de sécurité dans les trains régionaux.
Avec cette convention, la Bourgogne-Franche-Comté engage donc une nouvelle étape dans la sécurisation de son réseau Mobigo. Dès le 1er juillet 2026, les voyageurs pourront voir apparaître ces patrouilles de réservistes dans les trains et les gares. Une présence que la Région veut à la fois dissuasive, opérationnelle et rassurante.
