Accès aux soins, prévention, vieillissement, handicap et santé mentale : la communauté de communes de la Plaine Dijonnaise et ses partenaires s’engagent dans un contrat local de santé d’une durée de cinq ans. Ce dispositif doit permettre de coordonner les acteurs du territoire et de réduire les inégalités sociales et géographiques en matière de santé.
Près de 22 000 habitants et 22 communes sont concernés par le nouveau contrat local de santé de la Plaine Dijonnaise. Porté notamment par la communauté de communes, l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté et le conseil départemental de la Côte-d’Or, ce programme doit fixer les grandes orientations de la politique locale de santé pour les cinq prochaines années.
L’objectif affiché est de construire des réponses adaptées aux réalités du territoire. Dans les secteurs ruraux ou périurbains, les habitants peuvent en effet rencontrer des difficultés particulières pour accéder à un médecin, identifier les dispositifs d’accompagnement disponibles ou bénéficier d’actions de prévention. Le contrat local de santé doit ainsi servir de cadre commun aux collectivités, aux professionnels de santé, aux institutions et aux associations intervenant auprès de la population.
Le dispositif a été élaboré à partir d’un diagnostic territorial. Cette étude a permis d’identifier les principaux besoins des habitants et les difficultés rencontrées localement. Le contrat ne se limite donc pas à une déclaration d’intention : il doit déboucher sur des actions concrètes, conduites en partenariat avec les acteurs déjà présents sur le terrain.
Faciliter l’accès aux soins et aux droits
La première priorité concerne l’accès aux soins, aux services et aux droits. Dans un contexte marqué par les tensions sur la démographie médicale et les difficultés d’accès à certains professionnels, les partenaires souhaitent maintenir et développer l’offre de santé sur le territoire.
Le contrat doit notamment favoriser une meilleure coopération entre les professionnels de santé, les structures médico-sociales, les collectivités et les organismes de protection sociale. L’enjeu est d’éviter que les habitants soient laissés seuls face à la complexité des démarches ou à la multiplication des interlocuteurs.
Une attention particulière sera également portée à l’information et à l’orientation du public. Certains dispositifs d’aide ou de prise en charge restent parfois méconnus des personnes qui pourraient en bénéficier. Le contrat local de santé doit donc permettre de rendre l’offre existante plus lisible et de mieux accompagner les habitants dans leurs parcours de soins.
Miser davantage sur la prévention
Le deuxième axe porte sur la prévention et la promotion de la santé. Les partenaires veulent encourager l’adoption d’habitudes de vie favorables à la santé, notamment en matière d’alimentation et d’activité physique.
Des actions pourront être organisées pour sensibiliser les habitants aux bénéfices d’une alimentation équilibrée, lutter contre la sédentarité et renforcer les capacités de chacun à prendre soin de sa santé. Cette démarche ne doit pas concerner uniquement les personnes déjà confrontées à une maladie. Elle vise l’ensemble de la population, à tous les âges de la vie.
La santé environnementale occupera également une place importante. Le cadre de vie, la qualité de l’environnement et l’exposition à certaines espèces nuisibles peuvent avoir des conséquences directes sur la santé. Le contrat prévoit ainsi de soutenir des initiatives favorisant un environnement plus sain et de renforcer la lutte contre les espèces nuisibles envahissantes.
Cette approche élargie rappelle que la santé ne dépend pas uniquement de la présence de médecins ou d’établissements de soins. Elle est aussi liée aux conditions de logement, aux habitudes quotidiennes, à l’environnement et à la capacité des habitants à accéder à une information fiable.
Accompagner le vieillissement et le handicap
Le vieillissement de la population et l’accompagnement des personnes en situation de handicap constituent une autre priorité du contrat. Plusieurs actions doivent être engagées afin de prévenir l’isolement social, de favoriser l’inclusion et de permettre aux personnes concernées de conserver leur autonomie le plus longtemps possible.
Dans les communes rurales, l’éloignement des services et les difficultés de déplacement peuvent accentuer la solitude des personnes âgées ou fragiles. Le contrat local de santé entend donc renforcer les liens entre les acteurs sociaux, médicaux et associatifs afin de mieux repérer les situations d’isolement et d’apporter des réponses adaptées.
Le soutien aux proches aidants figure également parmi les objectifs annoncés. Ces personnes, qui accompagnent régulièrement un parent âgé, malade ou en situation de handicap, jouent un rôle essentiel dans le maintien à domicile. Leur engagement peut toutefois entraîner de la fatigue, un épuisement psychologique ou des difficultés à concilier vie personnelle et responsabilités d’aidant. Le futur programme devra contribuer à mieux les informer, les orienter et les accompagner.
La santé mentale intégrée à toutes les actions
La santé mentale est présentée comme un enjeu transversal, appelé à être pris en compte dans l’ensemble des actions du contrat. Cette orientation doit permettre de ne plus traiter les difficultés psychologiques comme une problématique isolée, mais comme une composante essentielle de la santé globale.
Le contrat prévoit notamment des actions de sensibilisation destinées au grand public, le développement des compétences psychosociales ainsi que des formations aux premiers secours en santé mentale. Ces formations permettent d’apprendre à reconnaître certains signes de souffrance psychique, à adopter une attitude appropriée et à orienter une personne vers les professionnels ou les structures compétentes.
L’objectif est également de lutter contre les préjugés qui entourent encore les troubles psychiques et qui peuvent retarder la recherche d’aide. En renforçant l’information et les capacités de repérage, les partenaires espèrent faciliter une prise en charge plus précoce des personnes en difficulté.
Une coordination indispensable entre les partenaires
La réussite du contrat reposera enfin sur sa coordination. Un volet spécifique est consacré à l’animation et à l’ingénierie du dispositif, afin d’assurer le suivi des actions, de réunir les partenaires et d’évaluer les résultats obtenus.
Aux côtés de la communauté de communes, de l’Agence régionale de santé et du Département, plusieurs institutions doivent participer au contrat : les services de l’État, la Région Bourgogne-Franche-Comté, la caisse primaire d’Assurance maladie de la Côte-d’Or, la Mutualité sociale agricole, la communauté professionnelle territoriale de santé du Pays d’Or et l’Éducation nationale.
Cette diversité de signataires témoigne de la volonté de décloisonner les politiques publiques. L’accès aux soins, la prévention, le vieillissement, le handicap ou la santé mentale nécessitent en effet l’intervention coordonnée de nombreux professionnels et institutions.
Créés par la loi Hôpital, patients, santé et territoires de 2009, les contrats locaux de santé sont des outils de coopération entre les agences régionales de santé et les collectivités territoriales. Celui de la Plaine Dijonnaise doit désormais permettre de traduire les orientations retenues en projets concrets et visibles pour la population. L’enjeu sera de faire vivre ce partenariat pendant cinq ans et de mesurer ses effets réels sur la santé et la qualité de vie des habitants.
