Face aux fortes chaleurs et au déficit hydrique qui fragilisent déjà plusieurs productions agricoles, la députée de Côte-d’Or Catherine Hervieu alerte sur les conséquences économiques et humaines de la canicule. Elle réclame des mesures durables pour aider les exploitations à s’adapter au changement climatique et propose la création d’un fonds solidaire d’indemnisation.
Les épisodes de chaleur intense qui touchent la Côte-d’Or font peser une menace croissante sur les cultures, les élevages et les conditions de travail du monde agricole. Dans un communiqué publié ce mercredi 8 juillet, la députée Catherine Hervieu apporte son soutien aux agriculteurs, viticulteurs et éleveurs confrontés à des températures extrêmes et à des pertes qui pourraient être importantes.
La parlementaire évoque des premiers retours de terrain particulièrement préoccupants. Le manque d’eau affecterait notamment les cultures de maïs, de soja et de pommes de terre, tandis que les fortes températures endommageraient les raisins dans les parcelles viticoles. Le maraîchage et la production de légumes seraient également touchés par l’assèchement rapide des sols.
Selon le témoignage d’un exploitant cité dans le communiqué, les pertes de rendement sur le blé pourraient déjà atteindre 25 %. À ces difficultés immédiates s’ajoutent les inquiétudes concernant les récoltes d’automne, dont le développement dépendra de la durée de la sécheresse et de l’évolution des températures au cours des prochaines semaines.
Des conséquences économiques, mais aussi humaines
Pour Catherine Hervieu, la situation ne se résume pas aux seules pertes de récoltes. La députée insiste également sur les risques encourus par les femmes et les hommes qui continuent de travailler en extérieur ou dans des bâtiments agricoles parfois difficiles à rafraîchir.
Les périodes de moisson, les soins apportés aux animaux et les interventions dans les vignes ou les champs doivent être maintenus malgré la chaleur. Ces conditions peuvent entraîner une fatigue importante et exposer les travailleurs à des risques pour leur santé.
« Au-delà des pertes économiques, ces canicules mettent aussi en danger les femmes et les hommes qui nous nourrissent », souligne la députée dans son communiqué. Elle estime que la protection des travailleurs agricoles doit faire partie intégrante des réponses apportées aux épisodes climatiques extrêmes.
Le risque d’incendie augmente pendant les récoltes
La chaleur et la sécheresse favorisent également les départs de feu dans les parcelles. Catherine Hervieu rappelle que plusieurs incendies ont déjà été recensés dans le département au cours des dernières semaines.
Les travaux agricoles réalisés pendant cette période peuvent accroître les risques, notamment lorsque les sols et la végétation sont très secs. Une étincelle ou l’échauffement d’un équipement peut alors provoquer un départ de feu susceptible de se propager rapidement.
Cette menace supplémentaire complique le travail des exploitants, déjà confrontés à la baisse des rendements, au manque d’eau et à la nécessité de protéger les animaux. Elle impose aussi une vigilance renforcée pendant les récoltes et une coordination étroite avec les services de secours.
Des adaptations encore insuffisantes
Dans certaines exploitations, des agriculteurs tentent déjà de limiter les effets de la chaleur. Des brumisateurs et des ventilateurs sont notamment installés pour préserver les animaux et rendre les bâtiments plus supportables.
Ces équipements peuvent apporter une réponse immédiate, mais ils ne suffiront pas, estime Catherine Hervieu. Pour la députée, la répétition des canicules révèle les limites d’un modèle agricole qui reste particulièrement vulnérable aux sécheresses, aux températures extrêmes et à la dégradation de la biodiversité.
Elle appelle donc à dépasser les seules mesures d’urgence pour engager une transformation de long terme. L’objectif serait de permettre aux exploitations de mieux résister aux aléas climatiques tout en maintenant leur capacité de production.
Catherine Hervieu critique le retour de l’acétamipride
Dans son communiqué, la députée revient également sur la réintroduction de l’acétamipride, votée au Sénat lors de l’examen d’un texte consacré à l’agriculture. Présentée par ses défenseurs comme une solution pour protéger les rendements, cette mesure est contestée par Catherine Hervieu.
La parlementaire considère que le retour de ce pesticide ne répond pas aux difficultés structurelles rencontrées par les agriculteurs. Selon elle, les exploitants ont surtout besoin de solutions face au manque d’eau, à la multiplication des événements climatiques extrêmes, à la disparition des pollinisateurs et à l’affaiblissement de la biodiversité.
La députée défend ainsi une approche fondée sur l’adaptation des systèmes de production plutôt que sur une dépendance accrue aux produits phytosanitaires.
Agroforesterie, haies et diversification des cultures
Parmi les solutions avancées, Catherine Hervieu appelle à investir davantage dans l’agroécologie. Elle cite notamment l’agroforesterie, qui associe les arbres aux cultures ou à l’élevage, la diversification des productions, la restauration des haies et la préservation des zones humides.
Ces aménagements peuvent contribuer à protéger les sols, à retenir davantage d’eau et à créer de l’ombre pour les cultures ou les animaux. La diversification permet également de réduire la dépendance d’une exploitation à une seule production particulièrement sensible à la chaleur ou à la sécheresse.
La députée souhaite aussi que l’élevage extensif soit mieux pris en compte dans les politiques agricoles. Elle estime que ces transformations doivent être accompagnées financièrement afin de ne pas faire peser leur coût uniquement sur les exploitants.
Vers un fonds solidaire d’indemnisation
Catherine Hervieu propose par ailleurs la création d’un fonds mutuel et solidaire destiné à indemniser les agriculteurs victimes de pertes liées aux événements climatiques extrêmes.
Un tel dispositif permettrait, selon elle, de mieux protéger les exploitations confrontées aux canicules, aux sécheresses, aux incendies ou à d’autres phénomènes susceptibles de compromettre une récolte. La députée souhaite que cette solidarité accompagne les investissements nécessaires à l’adaptation du secteur.
Pour la parlementaire, ces mesures doivent poursuivre un double objectif : réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à l’agriculture tout en préparant les exploitations aux conséquences déjà visibles du dérèglement climatique.
Elle présente cette transformation comme une condition indispensable au maintien de la production agricole et à la préservation de la souveraineté alimentaire. « C’est ainsi que nous garantirons durablement notre souveraineté alimentaire », conclut Catherine Hervieu, en appelant à agir sans attendre que les prochaines canicules aggravent encore la situation des agriculteurs de Côte-d’Or.
Communiqué de presse du 8 juillet 2026 :
Canicule en Côte-d’Or : soutenir les agriculteurs pour préparer l’avenir
Alors que la Côte-d’Or, comme l’ensemble de la France et de l’Europe, traverse des périodes de canicule particulièrement intenses, j’adresse tout mon soutien aux agriculteurs, viticulteurs et aux éleveurs confrontés à des conditions de travail éprouvantes ainsi qu’à des pertes de récoltes et d’animaux qui s’annoncent déjà importantes.
Les premiers retours du terrain sont préoccupants : le déficit hydrique important affecte les cultures de maïs, soja et pommes de terre ; les chaleurs intenses brûlent les raisins. Les parcelles s’assèchent et les récoltes sont compromises. Un agriculteur estime avoir déjà perdu jusqu’à 25 % de rendement sur son blé, tandis que les craintes grandissent pour les récoltes d’automne. Le maraîchage et la production de légumes sont tout aussi largement affectés.
Au-delà des pertes économiques, ces canicules mettent aussi en danger les femmes et les hommes qui nous nourrissent, contraints de travailler sous des températures extrêmes.
La période des récoltes accroît également le risque d’incendie. Plusieurs départs de feu ont déjà été recensés dans le département ces dernières semaines, rappelant combien ces épisodes climatiques rendent le travail agricole toujours plus difficile.
Dans ces conditions, des agricultrices et agriculteurs s’adaptent en installant des brumisateurs ou des ventilateurs dans leurs exploitations. Ces réponses ponctuelles ne suffiront pas : les canicules se multiplient et interrogent le modèle agricole actuel qui atteint ses limites.
La réintroduction de l’acétamipride, votée au Sénat lors de l’examen de la loi d’urgence agricole au nom de meilleurs rendements, est une illustration de ces limites. Les agricultrices et agriculteurs n’ont pas besoin du retour de ce pesticide, mais de solutions durables face au manque d’eau, aux aléas climatiques, à la disparition des pollinisateurs et la fragilisation de la biodiversité.
Nous devons investir sans plus tarder dans une agriculture et viticulture plus résiliente, en soutenant l’agroécologie – agroforesterie, diversification des cultures, restauration des haies, préservation des zones humides, règlementation de l’élevage extensif – mais aussi en créant un fonds mutuel et solidaire d’indemnisation pour protéger les agricultrices et agriculteurs face aux pertes liées aux événements climatiques extrêmes. Ces investissements contribuent à amoindrir les émissions de gaz à effet dans ces domaines tout en créant les conditions d’adaptation au dérèglement climatique. C’est ainsi que nous garantirons durablement notre souveraineté alimentaire.
