Près de 140 scientifiques venus de plus de vingt pays sont réunis à Dijon à l’occasion du 39ᵉ colloque annuel de l’Association internationale de climatologie. Organisé par l’Université Bourgogne-Europe du 8 au 11 juillet 2026, ce rendez-vous porte notamment sur la variabilité climatique, les effets du changement climatique et l’adaptation des territoires. Les participants ont été reçus mercredi 8 juillet au Palais des Ducs et des États de Bourgogne.
Le 39ᵉ colloque annuel de l’Association internationale de climatologie se tient du 8 au 11 juillet 2026 sur le campus dijonnais de l’Université Bourgogne-Europe, à la Maison des Sciences de l’Homme. Pendant plusieurs jours, des doctorants, chercheurs et enseignants-chercheurs présentent leurs travaux et confrontent leurs analyses sur la variabilité et le changement climatique.
Les échanges organisés du 8 au 10 juillet portent notamment sur les impacts et les risques du changement climatique à l’échelle des territoires, en particulier dans les espaces urbains, sans toutefois se limiter à cette seule problématique. Les effets du dérèglement climatique sur les différents éléments du géosystème, comme l’eau, la biodiversité et les sociétés, occupent également une place importante dans le programme.
Dans le cadre de cet événement scientifique, les participants ont été reçus mercredi 8 juillet dans la salle de Flore du Palais des Ducs et des États de Bourgogne, à Dijon. Carine Savina, quatrième adjointe à la maire de Dijon chargée de l’adaptation de la ville au changement climatique, de la végétalisation et de la biodiversité, représentait Nathalie Koenders lors de cette réception.
Un rendez-vous scientifique international
En ouverture de son intervention, Carine Savina a souhaité la bienvenue aux participants au nom de la Ville et de Dijon Métropole.
« Mesdames, Messieurs, chers chercheurs, chers participants, c’est avec un grand plaisir que je vous accueille ce soir au Palais des Ducs et des États de Bourgogne, à l’occasion du 39ᵉ colloque annuel de l’Association Internationale de Climatologie », a-t-elle déclaré.
L’adjointe a également transmis un message de Nathalie Koenders, maire de Dijon, qui n’avait pas pu participer à cette réception : « Je suis particulièrement heureuse de vous souhaiter la bienvenue à Dijon au nom de la Ville et de Dijon Métropole. Madame la Maire, Nathalie Koenders, retenue par d’autres obligations, m’a chargée de vous transmettre ses salutations les plus chaleureuses ainsi que ses vœux de pleine réussite pour ces journées d’échanges scientifiques. »
Carine Savina a ensuite remercié les acteurs mobilisés dans la préparation du colloque. « Je tiens également à remercier l’Université Bourgogne Europe, le laboratoire Biogéosciences et l’ensemble des équipes mobilisées pour l’organisation de cet événement, en particulier celles qui ont permis l’accueil de ce colloque dans notre ville. »
Cette 39ᵉ édition rassemble près de 140 participants issus de plus de vingt pays. Pour l’élue dijonnaise, cette importante participation illustre à la fois la dimension internationale de l’Association et la place désormais centrale occupée par les questions climatiques dans les travaux scientifiques.
« Cette année, vous êtes près de 140 participants venus de plus de vingt pays. Votre présence témoigne de la dimension internationale de votre communauté scientifique et de l’importance croissante des questions climatiques dans nos sociétés », a-t-elle souligné.
Dijon accueille le colloque pour la troisième fois
La présence de l’Association internationale de climatologie à Dijon s’inscrit dans une histoire déjà ancienne. La capitale régionale avait précédemment accueilli le colloque en 1992, puis en 2014. « Dijon entretient une relation ancienne avec l’Association Internationale de Climatologie. Cette édition 2026 marque en effet la troisième fois que notre ville accueille ce rendez-vous scientifique, après les éditions de 1992 et de 2014 », a rappelé Carine Savina.
L’élue y voit également une reconnaissance du travail scientifique réalisé sur le territoire dijonnais, notamment au sein de l’Université Bourgogne-Europe et du laboratoire Biogéosciences.
« C’est un honneur renouvelé pour notre territoire et une reconnaissance de la qualité des recherches menées ici, au sein de l’Université Bourgogne Europe », a-t-elle ajouté.
« Le changement climatique n’est plus une réalité lointaine »
Dans son discours, Carine Savina a longuement insisté sur le rôle des collectivités territoriales face aux conséquences du changement climatique. Les recherches présentées durant le colloque concernent directement les villes et les métropoles, confrontées à une multiplication des épisodes de chaleur extrême.
« Les sujets que vous étudiez sont aujourd’hui au cœur des préoccupations des collectivités territoriales. Les épisodes de chaleur extrême que nous connaissons désormais de façon récurrente à Dijon, comme dans de nombreuses villes européennes, nous rappellent chaque été que le changement climatique n’est plus une réalité lointaine », a affirmé l’adjointe.
Ces phénomènes modifient déjà, selon elle, la manière de penser les villes et d’organiser les futurs projets d’aménagement.
« Il influence déjà notre manière de vivre, de concevoir les espaces urbains et de préparer l’avenir », a-t-elle poursuivi.
Face à ces évolutions, la représentante de la Ville de Dijon a défendu la nécessité d’un dialogue permanent entre les scientifiques et les responsables publics. Les collectivités ont besoin de connaissances précises pour comprendre les phénomènes climatiques et définir des réponses adaptées.
« Face à ces défis, les collectivités ont besoin de la recherche. Elles ont besoin d’observations, de données, de méthodes robustes et d’expertises indépendantes pour éclairer leurs décisions », a déclaré Carine Savina.
Une collaboration engagée depuis 2012
Cette coopération entre la recherche et l’action publique est déjà ancienne à Dijon. Dès 2012, la Ville de Dijon et Dijon Métropole ont engagé une collaboration avec l’Université de Bourgogne et le laboratoire Biogéosciences.
« C’est précisément dans cet esprit qu’une collaboration a été engagée dès 2012 entre Dijon Métropole, la Ville de Dijon, l’Université Bourgogne et plus particulièrement le laboratoire Biogéosciences », a rappelé l’adjointe.
Cette coopération est née après l’adoption, à la fin de l’année 2011, du premier Plan Climat du territoire dijonnais. Elle a notamment permis le lancement de plusieurs travaux consacrés à l’étude du climat urbain.
« Cette coopération est née dans le prolongement du premier Plan Climat adopté par notre territoire à la fin de l’année 2011 », a-t-elle précisé.
Depuis 2014, les partenaires travaillent plus particulièrement sur l’observation et la caractérisation des îlots de chaleur urbains. Ces zones, dans lesquelles les températures sont plus élevées que dans les secteurs environnants, représentent un enjeu important en matière de santé, de confort des habitants et d’adaptation des villes.
Plus de 80 capteurs déployés sur le territoire
Pour améliorer la connaissance de ces phénomènes, un réseau de plus de 80 capteurs a été installé sur le territoire dijonnais. Ces équipements permettent de suivre précisément les températures et d’étudier les différences observées entre les quartiers.
« Depuis 2014, un important travail d’observation et de caractérisation des îlots de chaleur urbains a été conduit sur notre territoire. Plus de 80 capteurs ont été déployés, permettant un suivi fin du climat urbain et une modélisation du territoire », a expliqué Carine Savina.
Les données recueillies ont permis de mieux comprendre les mécanismes de la chaleur en ville et leurs conséquences sur la population.
« Ce travail a considérablement enrichi notre compréhension des phénomènes de chaleur en ville et de leurs impacts », a-t-elle ajouté.
L’élue a insisté sur le fait que ces recherches ne sont pas restées uniquement théoriques. Les résultats scientifiques ont directement contribué à la réflexion conduite par la collectivité sur plusieurs projets d’aménagement.
« Ce qui me semble particulièrement intéressant, c’est que ces connaissances ne sont pas restées cantonnées aux laboratoires. Elles ont nourri des réflexions très concrètes sur l’aménagement urbain », a-t-elle déclaré.
Des recherches appliquées aux projets d’aménagement
Plusieurs exemples ont été présentés au cours du discours. Carine Savina a notamment évoqué une démarche menée avec les habitants du quartier Heudelet, ainsi que des études conduites sur le secteur de la Porte Agrippa.
« Je pense notamment au travail mené avec les habitants sur le quartier Heudelet, aux études engagées sur le secteur Porte Agrippa afin d’intégrer les enjeux climatiques en amont des futurs projets d’aménagement », a-t-elle expliqué.
Un autre travail a été réalisé dans la cour de l’école Lallemand, avant la mise en œuvre d’un projet de désimperméabilisation des sols et de rénovation thermique des bâtiments.
L’objectif de ces études est d’évaluer précisément la situation avant les travaux, puis de mesurer l’efficacité des aménagements réalisés pour limiter la chaleur, favoriser l’infiltration de l’eau et améliorer le confort des usagers.
« Ces exemples illustrent la richesse du dialogue entre recherche et action publique. Ils montrent que les connaissances scientifiques peuvent contribuer très concrètement à améliorer le confort d’été, la qualité de vie, la santé des habitants et la résilience de nos territoires », a souligné Carine Savina.
Les collectivités ne peuvent pas agir seules
Si Dijon développe plusieurs expérimentations, l’adjointe a rappelé que les collectivités territoriales ne pouvaient pas, à elles seules, apporter toutes les réponses aux bouleversements climatiques.
« Bien entendu, les collectivités ne disposent pas seules de toutes les réponses. Les enjeux climatiques auxquels nous sommes confrontés sont complexes, évolutifs et parfois incertains », a-t-elle reconnu.
Pour Carine Savina, le rôle de la recherche est donc essentiel pour accompagner les responsables publics, évaluer leurs politiques et leur permettre d’adapter leurs décisions à l’évolution des connaissances.
« C’est pourquoi nous avons besoin plus que jamais d’une recherche exigeante, capable d’éclairer les choix publics, d’interroger nos pratiques et d’ouvrir de nouvelles perspectives », a-t-elle poursuivi.
L’adaptation des villes ne peut ainsi reposer que sur un travail collectif réunissant les scientifiques, les élus, les agents des collectivités et les habitants.
« À Dijon, nous sommes convaincus que ce dialogue entre scientifiques, élus, techniciens et citoyens constitue l’une des conditions essentielles de l’adaptation de nos villes aux changements en cours », a affirmé l’adjointe.
En conclusion de son intervention, Carine Savina a souhaité que ce 39ᵉ colloque favorise les échanges et permette l’émergence de nouvelles collaborations scientifiques.
« Je forme donc le vœu que ces quelques jours de colloque soient l’occasion de débats riches, de rencontres fructueuses et de nouvelles coopérations. Je vous souhaite d’excellents travaux, de belles découvertes scientifiques, ainsi qu’un très agréable séjour à Dijon. »
Les échanges se poursuivent jusqu’au 11 juillet sur le campus dijonnais. À travers les différentes présentations et rencontres programmées, les participants ambitionnent de mieux comprendre les conséquences territoriales du changement climatique et de contribuer à la construction de réponses adaptées aux transformations déjà en cours.

