Malgré une crise durable de la construction et une demande de logements sociaux toujours plus forte, CDC Habitat Nord-Est affirme avoir maintenu un niveau d’activité élevé en 2025. Le bailleur a livré près de 1 650 logements neufs et engagé plus de 2 000 mises en chantier à l’échelle du Nord-Est. En Bourgogne-Franche-Comté, où il gère près de 10 000 logements, plusieurs opérations doivent répondre aux besoins des étudiants, des familles, des seniors et des ménages modestes, tout en intégrant des objectifs environnementaux renforcés.
Dans un secteur du logement fragilisé par la chute des mises en chantier et l’augmentation continue des demandes de logements sociaux, CDC Habitat Nord-Est présente l’année 2025 comme une période de « consolidation et d’engagement territorial ». La direction interrégionale du groupe, filiale de la Caisse des Dépôts rattachée à la Banque des Territoires, revendique une activité soutenue, aussi bien dans la construction neuve que dans la transformation de son patrimoine existant.
À l’échelle du Nord-Est, l’opérateur indique avoir livré 1 649 logements neufs au cours de l’année. Dans le même temps, 2 081 logements ont été mis en chantier et 287 autres ont fait l’objet d’un lancement en réhabilitation. CDC Habitat Nord-Est gérait, à la fin de l’exercice, un patrimoine de 26 286 logements. L’ensemble de cette activité a représenté 316 millions d’euros d’investissement et mobilisé 310 collaborateurs.
Ces chiffres témoignent d’une volonté de maintenir la production dans un environnement immobilier pourtant défavorable. La hausse des coûts de construction, les difficultés d’accès au foncier et le ralentissement général de la promotion immobilière pèsent sur le secteur. Face à ces contraintes, CDC Habitat Nord-Est dit concentrer ses efforts sur les territoires où la tension est la plus importante, notamment dans les métropoles, les agglomérations universitaires et les zones transfrontalières.
« Les opérations engagées permettent de répondre de manière concrète aux besoins des territoires », souligne Philippe Blech, directeur interrégional de CDC Habitat Nord-Est. Le responsable insiste également sur la progression de la part du logement social dans le patrimoine de l’opérateur et sur l’intégration croissante des enjeux climatiques dans les projets de construction et de réhabilitation.
Le climat devient un axe central de la politique immobilière
Au-delà du volume de logements produits, CDC Habitat Nord-Est cherche à inscrire ses opérations dans une trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette orientation se traduit notamment par le remplacement progressif des systèmes de chauffage utilisant des énergies fossiles et par le développement des raccordements aux réseaux de chaleur urbains.
En 2025, la part des logements du bailleur raccordés à un réseau de chaleur urbain a atteint 20 %, contre 15 % en 2023. Le réseau de chaleur constitue désormais la deuxième source de chauffage du patrimoine de CDC Habitat Nord-Est. Au total, 905 logements ont été raccordés à un tel réseau ou ont bénéficié du remplacement de leur chaudière à gaz par une pompe à chaleur ou un système hybride.
À la résidence Les Saules, située au Ban-Saint-Martin, en Moselle, 100 logements ont ainsi été raccordés au réseau de chauffage urbain en octobre 2025. L’opération illustre la stratégie de décarbonation progressivement appliquée au patrimoine existant.
La question de la performance énergétique demeure toutefois un chantier important. Selon CDC Habitat Nord-Est, les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique ne représentent plus que 0,4 % de son parc. Les logements classés E en constituent encore 3,6 %. Le bailleur annonce que ces logements feront l’objet de traitements spécifiques, même si le dossier présenté ne précise pas le calendrier complet de résorption de ces étiquettes énergétiques.
La stratégie climatique ne se limite pas à la consommation d’énergie. Elle porte également sur la capacité des bâtiments à résister aux conséquences du dérèglement climatique : épisodes de chaleur plus fréquents, pluies intenses, risques d’inondation ou périodes de sécheresse. Dans le cadre de son plan d’adaptation, le groupe a développé un « diagnostic de performance résilience ». Cet outil doit permettre d’identifier les vulnérabilités des résidences et d’intégrer des travaux supplémentaires lors des opérations de réhabilitation.
CDC Habitat prévoit d’expertiser 4 171 logements du territoire Nord-Est à l’horizon 2027. Les conclusions de ces diagnostics pourront conduire à renforcer la protection solaire des logements, adapter la gestion des eaux pluviales, végétaliser les espaces extérieurs ou modifier certains équipements techniques.
Reconstruire la ville sur la ville
La sobriété foncière constitue l’autre pilier de la stratégie environnementale du bailleur. Plutôt que de construire exclusivement sur des terrains naturels ou agricoles, CDC Habitat Nord-Est souhaite développer davantage de projets sur des emprises déjà urbanisées.
L’opérateur recense actuellement 102 opérations de reconversion de friches industrielles ou commerciales, représentant près de 3 700 logements. Cette approche permet de remettre en usage des terrains abandonnés ou sous-utilisés tout en limitant l’étalement urbain.
Plusieurs projets associent cette reconversion foncière à des procédés constructifs moins carbonés. À Strasbourg, la résidence Océade comprend environ 65 logements sociaux répartis dans une architecture associant façades en bois, matériaux biosourcés et structure en béton. Le chauffage et la production d’eau chaude reposent sur un dispositif de géothermie mutualisée, complété par une chaudière d’appoint. Un premier bâtiment a été livré au début de l’année 2025, tandis que le second doit être achevé en septembre 2026.
La valorisation du foncier existant doit aussi contribuer à rapprocher les logements des transports, des services et des bassins d’emploi. Cette logique est particulièrement visible dans les opérations conduites autour des gares ou sur d’anciens sites industriels.
La biodiversité intégrée aux réhabilitations
CDC Habitat Nord-Est affirme également renforcer la place de la biodiversité dans ses résidences. Les projets prévoient notamment la désimperméabilisation de surfaces auparavant minéralisées, la plantation d’arbres et de massifs, la création de zones d’infiltration des eaux de pluie ainsi qu’une gestion plus différenciée des espaces verts.
Cette gestion différenciée consiste à adapter l’entretien à la nature des espaces, en réduisant l’usage d’intrants et en laissant davantage de place à la végétation spontanée et à la faune. Dans certaines résidences, des parcours de biodiversité doivent être aménagés afin de sensibiliser les habitants et de favoriser le retour d’espèces utiles.
À Geispolsheim, dans le Bas-Rhin, la résidence Crampton doit faire l’objet d’une réhabilitation portant sur 94 logements sociaux. Le programme comprend la récupération des eaux pluviales et la création de noues d’infiltration, destinées à canaliser l’eau vers les espaces verts plutôt que vers les réseaux d’assainissement.
Des arbres et des massifs doivent également être plantés pour améliorer la perméabilité du site, créer des zones d’ombre et limiter les effets des îlots de chaleur urbains. Un mât à hirondelles est aussi prévu. Le début des travaux est annoncé pour juin 2026, avec une livraison à la fin de l’année 2028.
Une satisfaction des locataires en progression
La stratégie du bailleur porte aussi sur la gestion quotidienne des résidences. Depuis 2020, CDC Habitat déploie une démarche interne appelée « Culture clients », destinée à placer davantage les attentes des locataires au centre de ses décisions.
En 2025, plus de 380 000 euros ont été investis par CDC Habitat Nord-Est dans des actions liées à la propreté des résidences, à l’expérience des locataires et à la gestion responsable des déchets.
Le baromètre annuel réalisé auprès de 1 000 clients fait apparaître un taux de satisfaction globale de 78,7 %. Ce résultat progresse de sept points par rapport à 2024. L’enquête porte notamment sur la qualité du logement, le cadre de vie et les relations entre les locataires et leur bailleur.
Cette hausse constitue un indicateur favorable pour l’opérateur, même si le dossier de presse ne détaille pas l’ensemble de la méthodologie de l’enquête ni les écarts éventuels entre les territoires et les résidences. CDC Habitat attribue cette progression au travail mené par les équipes de proximité, les agences et les différents services techniques.
Près de 10 000 logements gérés en Bourgogne-Franche-Comté
En Bourgogne-Franche-Comté, CDC Habitat Nord-Est gère 9 830 logements, avec l’appui de deux agences de proximité. L’opérateur travaille également avec Loge.GbM, bailleur implanté dans le Grand Besançon.
L’année 2025 s’est traduite dans la région par la livraison de 92 logements neufs et la mise en chantier de 413 logements supplémentaires. Au total, 238 logements ont par ailleurs été réhabilités ou étaient en cours de réhabilitation.
La production régionale s’inscrit dans une stratégie associant logement social, logement intermédiaire, accession sociale et rénovation du parc ancien. L’objectif affiché est de proposer des solutions correspondant aux différentes étapes d’un parcours résidentiel, depuis les premières années d’études jusqu’au vieillissement.
L’agglomération dijonnaise concentre une part importante des projets. Le territoire doit en effet faire face à des besoins liés à son attractivité universitaire, au développement de nouveaux quartiers et à la nécessité de rénover certaines résidences anciennes.
Une résidence de 214 logements pour les étudiants à Dijon
Le logement étudiant constitue l’un des principaux enjeux identifiés par CDC Habitat dans la métropole dijonnaise. Le besoin local est estimé par le bailleur à près de 5 000 logements supplémentaires.
Pour répondre partiellement à cette tension, CDC Habitat Nord-Est a signé en décembre 2025 l’implantation d’une résidence étudiante de 214 logements locatifs sociaux sur le site Terrot, ancien site industriel emblématique de Dijon. La livraison est prévue en juin 2028.
Le projet sera réalisé par STUDEFI, filiale spécialisée de CDC Habitat. Il s’agira de la première opération de cette société sur le territoire couvert par la direction Nord-Est.
Pour le bailleur, cette résidence doit permettre d’élargir l’offre accessible aux étudiants, alors que la pénurie de petites surfaces et la hausse du coût des loyers peuvent constituer un frein à la poursuite des études. Le projet participe aussi à la reconversion du site Terrot et à la transformation urbaine de ce secteur de Dijon.
Des programmes mêlant logements sociaux et intermédiaires
CDC Habitat développe également des opérations mixtes destinées à réunir plusieurs catégories de logements dans un même ensemble immobilier.
La résidence Parc, livrée en juin 2025, comprend 47 logements intermédiaires et 16 logements sociaux. Ce type de programme vise à éviter une spécialisation excessive des quartiers et à faciliter la cohabitation de ménages aux niveaux de revenus différents.
La construction de la résidence Arsenal Avenue 4 a, quant à elle, débuté durant l’été 2025. Réalisée directement sous la maîtrise d’ouvrage de CDC Habitat Nord-Est, elle doit comprendre 38 logements sociaux, 29 logements intermédiaires et 29 logements proposés dans le cadre du prêt social location-accession.
Le PSLA permet à des ménages disposant de revenus modestes d’occuper d’abord leur logement comme locataires avant d’en devenir propriétaires. Quatre cellules d’activités sont également intégrées au programme, dont la livraison est annoncée pour la fin de l’année 2027.
La présence de locaux professionnels ou commerciaux traduit une volonté de ne pas limiter ces opérations à une simple fonction résidentielle. Il s’agit de créer des quartiers associant logements, services et activités, avec l’objectif de produire des espaces urbains plus vivants.
À Beaune, l’ancienne friche du quartier de la gare se transforme
À Beaune, CDC Habitat Nord-Est participe à la transformation du quartier de la gare en développant un programme immobilier sur une ancienne friche.
L’opération doit accueillir 146 logements sociaux, dont une partie réservée aux seniors, ainsi que 29 logements libres et 12 maisons individuelles en accession sociale sécurisée. Par sa diversité, le projet entend répondre à plusieurs catégories de population et favoriser le maintien des habitants sur le territoire à différentes étapes de leur vie.
Le programme doit respecter des exigences environnementales élevées, notamment la certification NF Habitat HQE et les seuils de la réglementation environnementale RE 2020, avec des niveaux variant selon les bâtiments. Les livraisons doivent s’échelonner entre avril et octobre 2027.
L’enjeu dépasse la seule construction de logements. Le projet doit contribuer à redonner une fonction urbaine à un terrain délaissé, à renforcer l’attractivité des abords de la gare et à rapprocher les habitants des transports collectifs.
Rénover sans effacer l’identité architecturale
À Dijon, la résidence De Guise fait l’objet d’une réhabilitation complète. Conçu par l’architecte Manuel Núñez Yanowsky, cet ensemble possède une identité visuelle forte que CDC Habitat souhaite conserver.
Les travaux portent sur l’amélioration du confort et de la performance énergétique des logements. Les façades doivent être nettoyées et préservées. Une fresque soutenue par la Ville de Dijon est également prévue afin de mettre en valeur les escaliers centraux de la résidence.
La fin des travaux intérieurs est annoncée pour décembre 2026, tandis que les interventions extérieures doivent s’achever en avril 2027. L’opération illustre la difficulté de concilier rénovation énergétique, amélioration de l’usage quotidien et conservation de l’architecture d’origine.
Des projets pour recréer du lien entre habitants
Les actions présentées par CDC Habitat ne concernent pas uniquement les bâtiments. Plusieurs initiatives cherchent également à encourager la participation des habitants et à améliorer la vie collective dans les résidences.
À la résidence Le Mail, à Chenôve, un projet de mosaïque participative a été organisé au printemps 2025 avec l’association Sentiers. Les familles ont créé une fresque composée d’une partie figurative centrale et de deux mosaïques latérales réalisées par des enfants et leurs parents.
L’objectif était de transformer un espace commun tout en favorisant les échanges entre habitants. Pour le bailleur, ce type d’intervention doit contribuer à une meilleure appropriation des lieux et à une image plus positive de la résidence.
À Quetigny, la résidence intergénérationnelle Urban Natur accueille depuis avril 2025 un service de vélos partagés mis à la disposition des locataires. Le dispositif vise à faciliter les déplacements du quotidien, à encourager les mobilités moins polluantes et à créer des occasions de rencontre entre les différentes générations présentes dans la résidence.
Ces initiatives restent modestes au regard des investissements immobiliers engagés, mais elles traduisent une conception plus large du rôle d’un bailleur. Celui-ci ne se limite plus à construire et entretenir des logements : il intervient aussi sur les usages, les services et la cohésion sociale.
Une année 2026 consacrée à la concrétisation des projets
Après une année 2025 marquée par de nombreux lancements, 2026 doit être une année de réalisation pour CDC Habitat Nord-Est. Plusieurs chantiers doivent entrer dans une phase active, tandis que les opérations engagées à Dijon, Beaune, Chenôve, Quetigny ou Geispolsheim se poursuivront jusqu’en 2027 ou 2028.
En Bourgogne-Franche-Comté, l’opérateur doit également formaliser son engagement en faveur des matériaux renouvelables avec la signature du pacte Bois et Biosourcés. Cette démarche pourrait favoriser l’utilisation du bois, de la paille, du chanvre ou d’autres matériaux à faible empreinte carbone dans les futures constructions.
Le bilan présenté par CDC Habitat Nord-Est montre ainsi une stratégie articulée autour de trois priorités : produire davantage de logements dans les territoires tendus, rénover le patrimoine existant et intégrer la transition climatique à l’ensemble des projets.
La capacité du bailleur à tenir les calendriers annoncés, à maîtriser les coûts et à maintenir la qualité de service sera toutefois déterminante. Dans un contexte de pénurie de logements abordables, les résultats ne seront pas seulement mesurés au nombre de chantiers engagés, mais aussi à la rapidité avec laquelle les logements pourront effectivement être mis à la disposition des étudiants, des familles, des seniors et des ménages modestes.
