Depuis plusieurs semaines, les incendies de végétation se succèdent en Côte-d’Or. Ce mercredi 8 juillet 2026, un nouveau départ de feu mobilise 46 sapeurs-pompiers à Nuits-Saint-Georges. Des femmes et des hommes déjà fortement sollicités, dans le département comme en renfort ailleurs en France. Le décès, en Savoie, du caporal Baptiste Gerfaud-Valentin, sapeur-pompier volontaire de 22 ans, rappelle brutalement les dangers auxquels ils s’exposent pour protéger la population.
Un nouveau feu de forêt à Nuits-Saint-Georges
Une nouvelle alerte est venue mobiliser les sapeurs-pompiers de la Côte-d’Or ce mercredi. Un départ de feu de forêt a été signalé sur la commune de Nuits-Saint-Georges, dans le secteur de la route de la Serrée.
Face au risque de propagation, un important dispositif a été engagé : huit camions-citernes feux de forêt moyens, deux camions-citernes feux de forêt super, un camion-citerne rural ainsi que plusieurs moyens de commandement.
Au total, 46 sapeurs-pompiers participent à cette nouvelle opération. Au moment de la publication de cet article, l’origine du sinistre et la superficie parcourue par les flammes n’avaient pas encore été précisées.
Cette intervention vient s’ajouter à une série déjà longue de feux de forêts, de champs, de friches et de végétation qui touchent le département depuis le début de l’été.
Depuis plusieurs semaines, les interventions s’enchaînent
Le 22 juin, à Darois, un feu de friches avait nécessité l’engagement de 84 sapeurs-pompiers venus de nombreux centres de secours du département. Leur action avait permis de limiter l’incendie à environ 23 hectares.
Dès le lendemain, 45 sapeurs-pompiers et une vingtaine d’engins étaient mobilisés entre Brochon et Gevrey-Chambertin, dans la Combe Lavault. L’incendie avait parcouru environ 2,5 hectares de sous-bois et contraint les secours à maintenir une surveillance durant toute la nuit.
Le 2 juillet, un important incendie de végétation s’était déclaré à proximité du cimetière de Plombières-lès-Dijon. Le dispositif, initialement composé de 85 sapeurs-pompiers et de 32 véhicules, avait ensuite été renforcé. À 21 heures, 113 pompiers et 37 engins étaient engagés, tandis que 15 hectares avaient été parcourus par les flammes. Une randonneuse, incommodée par les fumées, avait été transportée au CHU de Dijon et les habitants de la Cité de la Flamme avaient été confinés par précaution.
La journée du mardi 7 juillet a marqué un nouveau sommet dans cette mobilisation. Cinq incendies étaient combattus simultanément à Morey-Saint-Denis, Ruffey-lès-Echirey, Corcelles-les-Monts, Fleurey-sur-Ouche et Saint-Martin-de-la-Mer. Pas moins de 192 sapeurs-pompiers et plus d’une trentaine d’engins de lutte contre les incendies ont été déployés.
À Fleurey-sur-Ouche, 24 hectares ont été brûlés. Une trentaine de pompiers étaient encore présents mercredi matin pour noyer les points chauds et empêcher toute reprise du feu.
Mobilisés ici, mais également ailleurs en France
Malgré cette pression opérationnelle en Côte-d’Or, le SDIS 21 participe également à la solidarité nationale. Dimanche 5 juillet, 16 sapeurs-pompiers professionnels et volontaires de Côte-d’Or ont quitté le département pour renforcer les équipes engagées contre les importants incendies dans le sud de la France. Trois camions-citernes feux de forêt, un véhicule de commandement et un véhicule logistique les accompagnaient.
Cette mobilisation sur plusieurs fronts illustre la réalité quotidienne des services de secours : protéger leur propre territoire tout en étant capables de venir en aide aux départements confrontés à des incendies de grande ampleur.
Les chiffres permettent de mesurer l’importance de leur mission. En 2025, le SDIS de la Côte-d’Or comptait 2 177 sapeurs-pompiers. Ils ont assuré 25 107 interventions et porté secours à plus de 20 000 victimes.
Derrière ces statistiques se trouvent des gardes, des astreintes, des nuits interrompues, des heures passées sous la chaleur et dans les fumées, mais également des familles qui attendent le retour de leurs proches.
En Savoie, un jeune pompier volontaire perd la vie
Le drame survenu ce mercredi 8 juillet en Savoie donne un visage à ces risques. Le caporal Baptiste Gerfaud-Valentin, sapeur-pompier volontaire âgé de seulement 22 ans, est décédé alors qu’il combattait un incendie d’espaces naturels sur la commune du Planay. Il appartenait au centre d’incendie et de secours d’Albertville.
Le jeune homme intervenait depuis une partie de la nuit dans un secteur montagneux particulièrement difficile. Selon les éléments communiqués, un bloc rocheux se serait détaché avant de le percuter et de le projeter plusieurs mètres en contrebas, dans un ravin.
Baptiste Gerfaud-Valentin venait de réussir le concours de sapeur-pompier professionnel. Il devait rejoindre les sapeurs-pompiers de Haute-Savoie le 1er septembre 2026. Son engagement au service des autres devait devenir son métier. Il lui a coûté la vie.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé sa profonde émotion et adressé ses pensées à la famille, aux proches et aux camarades du jeune caporal. Il a rappelé que la Nation s’inclinait devant sa mémoire.
Un métier dont le danger ne doit jamais être banalisé
Le Code de la sécurité intérieure reconnaît officiellement « le caractère dangereux du métier et des missions exercés par les sapeurs-pompiers ».
Mais derrière cette formulation juridique se cache une réalité très concrète : progresser au milieu des flammes, respirer dans les fumées, travailler sous des températures extrêmes, conduire des engins lourds sur des chemins difficiles, intervenir de nuit et évoluer sur des terrains instables.
Sur un feu de forêt, le danger peut venir de partout. D’un changement soudain de la direction du vent. D’un arbre fragilisé. D’une bouteille de gaz. D’un effondrement. D’un relief escarpé ou, comme en Savoie, d’un rocher qui se détache.
Les pompiers apprennent à évaluer ces risques et à s’en protéger. Mais le risque zéro n’existe pas.
Merci aux sapeurs-pompiers
Depuis plusieurs semaines, les sapeurs-pompiers de la Côte-d’Or répondent présents, parfois sur plusieurs incendies simultanément. Lorsque les flammes sont enfin maîtrisées, leur travail ne s’arrête pas. Il faut traiter les points chauds, retourner les sols, arroser les zones encore fumantes et surveiller les lisières pendant des heures afin d’éviter une reprise.
Puis il faut nettoyer le matériel, remettre les véhicules en état et se préparer à repartir.
Professionnels ou volontaires, ils partagent le même uniforme, les mêmes valeurs et la même volonté de servir. Beaucoup de volontaires quittent leur travail ou leur famille dès que l’alerte retentit. Tous acceptent de s’exposer pour protéger des vies, des habitations, des exploitations agricoles et des espaces naturels.
À Nuits-Saint-Georges, comme à Darois, Brochon, Gevrey-Chambertin, Plombières-lès-Dijon, Fleurey-sur-Ouche, Morey-Saint-Denis et partout où les flammes menacent, leur engagement mérite davantage qu’un remerciement de circonstance.
Il mérite le respect et la reconnaissance de tous. À celles et ceux qui combattent les flammes, qui protègent nos communes et qui prennent des risques pour sauver les autres : merci.
