Condamné le 30 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Dijon dans l’affaire du Gril’Laure, Arnaud Frelin a décidé de faire appel partiellement de la décision. Selon nos informations, il ne conteste pas sa culpabilité, mais uniquement son inscription au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, plus connu sous les sigles FIJAIS ou FIJAISV. Xavier Boula, également condamné dans ce dossier, n’aurait pas fait appel de la décision.
Le 30 juin dernier, les deux anciens salariés du restaurant dijonnais avaient comparu devant le tribunal correctionnel de Dijon pour des faits graves commis dans le cadre professionnel. À l’audience, il avait été question de propos sexuels répétés, de gestes déplacés, d’attouchements, d’humiliations et d’un climat de travail dégradant subi par une ancienne salariée de l’établissement. Les faits reprochés s’étaient déroulés sur plusieurs années, dans une cuisine décrite comme marquée par une ambiance masculine, lourde et sexualisée.
À l’issue de l’audience, Xavier Boula et Arnaud Frelin avaient chacun été condamnés à quinze mois d’emprisonnement avec sursis. Le tribunal avait également ordonné l’indemnisation de la victime. Les deux hommes disposaient d’un délai de dix jours pour faire appel de cette décision.
C’est désormais chose faite pour Arnaud Frelin, mais seulement sur un point précis : son inscription au FIJAISV. Selon les éléments portés à notre connaissance, il ne remet pas en cause sa culpabilité. Son appel vise donc la conséquence judiciaire attachée à la condamnation, à savoir son inscription dans ce fichier.
Le FIJAISV est un fichier judiciaire qui centralise des informations concernant des personnes mises en cause ou condamnées pour certaines infractions sexuelles ou violentes. Selon Service-public.fr, il sert notamment à faciliter l’identification d’auteurs de délits ou de crimes sexuels ou violents et à empêcher le renouvellement de telles infractions.
L’inscription dans ce fichier peut entraîner des obligations pour la personne concernée, notamment en matière de déclaration d’adresse. Service-public.fr précise également que les personnes inscrites peuvent subir certaines restrictions, par exemple l’impossibilité de travailler auprès de mineurs. La CNIL rappelle de son côté que ce fichier a pour objectif de prévenir la récidive, de faciliter l’identification des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes et de permettre leur localisation rapide.
Dans ce dossier, l’appel partiel d’Arnaud Frelin ouvre donc un nouveau chapitre judiciaire, mais limité à la question de son inscription au fichier. La condamnation prononcée le 30 juin reste au cœur d’une affaire qui avait fortement marqué l’audience par la gravité des faits évoqués et par le récit de la victime, longtemps confrontée à ce qu’elle a décrit comme une violence banalisée dans son environnement de travail.
Lors du procès, la défense avait insisté sur le contexte professionnel, l’ancienne “ambiance de cuisine” et l’absence supposée de conscience du mal causé. La partie civile, elle, avait décrit un système dans lequel une jeune salariée avait appris à rire et à se taire pour continuer à travailler, jusqu’à ne plus pouvoir supporter ce climat.
L’appel d’Arnaud Frelin devra désormais être examiné par la juridiction compétente. Il appartiendra à la justice de dire si son inscription au FIJAISV doit être maintenue ou non. Pour la victime, cette nouvelle étape prolonge une procédure déjà longue, engagée plusieurs années après les faits dénoncés et marquée par un procès qui avait mis en lumière la difficulté de faire reconnaître des violences sexuelles lorsqu’elles sont dissimulées derrière le mot “ambiance”.
L’affaire du Gril’Laure n’est donc pas totalement refermée. Après la condamnation prononcée en première instance, la cour d’appel devra désormais se pencher sur cette contestation partielle. Un point technique en apparence, mais essentiel dans un dossier où la question de la reconnaissance des faits, de leurs conséquences et de la protection des victimes reste centrale.
