L’affaire a rebondi ce lundi soir en plein conseil municipal de Dijon. Après la publication, ce matin, par Dijon Actualités, d’un article consacré aux propos tenus sur Facebook par Christine Sondon, ancienne colistière d’Emmanuel Bichot, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation publique si l’intéressée ne présente pas d’excuses publiques et ne retire pas son commentaire des réseaux sociaux.
Dans un commentaire publié sur Facebook, Christine Sondon avait directement visé François Rebsamen, président de Dijon Métropole, et Nathalie Koenders, maire de Dijon, en évoquant notamment une « bonne pratique de la corruption » et un « couple mafieux ». Des termes particulièrement lourds, visant deux responsables politiques locaux, et dont Dijon Actualités avait rappelé ce matin la gravité, tout en appelant l’auteure de ces propos à produire d’éventuels éléments de preuve.
Lors du conseil municipal, Nathalie Koenders a mis sur table un rapport demandant l’octroi de la protection fonctionnelle pour elle-même, en sa qualité de maire. Elle a rappelé que la Ville de Dijon est tenue de protéger ses élus contre les menaces, violences, injures, voies de fait ou diffamations dont ils peuvent faire l’objet dans l’exercice de leurs fonctions.
La maire a qualifié les propos de Christine Sondon de « diffamatoires » et de « très graves ». Elle a également interpellé Emmanuel Bichot, rappelant que Christine Sondon figurait sur sa liste lors des élections municipales, et l’a invité, ainsi que ses colistiers, à lui demander de faire preuve de davantage de mesure.
Nathalie Koenders a ensuite posé deux conditions claires : des excuses publiques et le retrait du commentaire publié sur les réseaux sociaux. À défaut, elle a annoncé qu’elle déposerait plainte pour diffamation publique.
« On ne peut pas laisser passer ça », a-t-elle déclaré en substance, estimant que ce type de propos participe à une dégradation du débat démocratique et peut nourrir une violence verbale, voire physique, à l’encontre des élus.
Présent lors de la séance, François Rebsamen a également pris la parole. Le président de Dijon Métropole a indiqué qu’il effectuerait la même démarche jeudi à la Métropole. Il a lui aussi dénoncé la gravité des mots employés, en particulier l’expression « couple mafieux », et a demandé que d’éventuelles excuses publiques soient formulées dans les médias où ces accusations ont été relayées, avec la même visibilité. Il a également évoqué une possible constitution de partie civile afin que la procédure aille à son terme.
Une précision s’impose toutefois : lors de son intervention, Nathalie Koenders a évoqué Dijon Actu. Or l’information n’a pas été révélée par Dijon Actu. C’est notre rédaction qui a publié ce matin l’article intitulé : « Rebsamen / Koenders accusés de “corruption” et de pratiques “mafieuses” : Christine Sondon balance, maintenant il faut des preuves ».
À travers cet article, Dijon Actualités n’a pas repris ces accusations à son compte. Au contraire, notre rédaction a souligné leur gravité et rappelé qu’à ce niveau de mise en cause, de simples déclarations sur les réseaux sociaux ne suffisent pas. Accuser publiquement des responsables politiques de corruption ou de pratiques mafieuses impose, si de tels éléments existent, de les étayer par des documents, témoignages ou preuves vérifiables.
Le conseil municipal a ensuite voté la protection fonctionnelle demandée par Nathalie Koenders. Le rapport a été adopté, ouvrant la voie à une prise en charge de sa défense dans ce dossier.
Désormais, la suite dépendra de Christine Sondon. Si elle présente des excuses publiques et retire son commentaire, la maire de Dijon a laissé entendre qu’elle ne saisirait pas la justice. Dans le cas contraire, une plainte pour diffamation publique sera déposée.
Cette affaire illustre une nouvelle fois la tension du débat politique local et la place prise par les réseaux sociaux dans les affrontements publics. Mais elle rappelle aussi une règle essentielle : en démocratie, la critique politique est libre, parfois dure, mais les accusations les plus graves doivent reposer sur des faits précis et démontrables.
