Treize ans après la fermeture de l’usine Terrot, l’ancien site industriel du boulevard Voltaire renaît sous la forme d’un quartier de près de 1 000 logements. Inaugurée le 10 juillet 2026, cette opération portée par Nexity et ADIM Centre-Est, avec Dijon métropole et la Ville de Dijon, mêle conservation du patrimoine, mixité sociale, végétalisation et reconquête d’une friche située au cœur de la ville.
Pendant plus d’un siècle, Terrot a occupé une place centrale dans l’histoire industrielle de Dijon. Les bicyclettes et les motos produites dans cette usine ont contribué à la renommée de la ville, tandis que des générations de Dijonnais ont travaillé sur le site ou conservé un lien familial avec l’entreprise.
Treize ans après sa fermeture, l’ancienne usine connaît une transformation majeure. Le nouveau quartier Terrot a été officiellement inauguré vendredi 10 juillet 2026, boulevard Voltaire. Sur une friche industrielle de 2,5 hectares, près de 1 000 logements, plusieurs résidences spécialisées, un établissement pour personnes âgées et de nouveaux espaces végétalisés ont été aménagés.
Cette opération de renouvellement urbain a été conduite par Nexity et ADIM Centre-Est, en partenariat avec Dijon métropole et la Ville de Dijon. Les différents acteurs du projet défendent une même ambition : construire de nouveaux logements sans effacer l’histoire du lieu et sans poursuivre l’urbanisation sur des terres agricoles ou naturelles.
Une façade conservée pour raconter l’histoire de Terrot
Le principal témoin du passé industriel du site demeure la façade monumentale de l’ancienne usine. Visible depuis le boulevard Voltaire, elle a été conservée et restaurée. Son architecture et l’inscription « Terrot » doivent continuer à rappeler l’identité industrielle du quartier.
Cette façade ne constitue plus seulement un vestige. Elle devient également l’une des entrées du nouvel ensemble urbain. Sa conservation traduit la volonté de donner une nouvelle fonction au site sans faire disparaître ce qu’il représentait dans la mémoire collective locale.
Pour Nathalie Koenders, maire de Dijon, la transformation ne pouvait pas se faire sans préserver cet élément emblématique.
« Terrot fait partie de l’histoire de Dijon. Beaucoup de Dijonnaises et de Dijonnais conservent un lien affectif avec cette usine qui a marqué plusieurs générations », rappelle-t-elle.
Selon la maire, restaurer la façade permet à la fois de transmettre cette mémoire et d’ouvrir une nouvelle page. « En préservant sa façade emblématique, nous avons fait le choix de transmettre cette mémoire tout en ouvrant un nouveau chapitre », explique Nathalie Koenders.
L’élue insiste sur la nécessité de ne pas opposer identité historique et développement urbain. « C’est une belle illustration d’une ville qui sait préserver son identité tout en répondant aux défis d’aujourd’hui et de demain », estime-t-elle.
« Construire la ville sur la ville »
La reconversion de Terrot s’inscrit dans la politique de renouvellement urbain portée par Dijon métropole. Plutôt que d’étendre l’agglomération sur de nouveaux terrains, la collectivité entend réutiliser les espaces déjà urbanisés, notamment les anciennes friches industrielles.
François Rebsamen, président de Dijon métropole, présente le quartier comme une démonstration de cette stratégie.
« Le quartier Terrot illustre pleinement la vision que nous portons pour Dijon métropole : construire la ville sur la ville plutôt que poursuivre son étalement », déclare-t-il.
Pour le président de la métropole, redonner une fonction à cette friche permet de répondre aux besoins de logements tout en limitant la consommation d’espaces naturels. « En redonnant vie à cette friche industrielle emblématique, nous préservons notre patrimoine tout en limitant la consommation d’espaces naturels », poursuit-il.
François Rebsamen affirme également que la croissance urbaine, la transition écologique et la qualité du cadre de vie peuvent être pensées ensemble. « Ce projet démontre que développement urbain, transition écologique et qualité de vie ne s’opposent pas : ils se renforcent mutuellement », assure-t-il.
Le président de Dijon métropole voit dans cette opération une traduction concrète de la ville que la collectivité souhaite développer. « C’est cette ville plus sobre, plus durable et plus attractive que nous construisons chaque jour », ajoute-t-il.

Près de 1 000 logements pour des publics très différents
Le quartier Terrot rassemble plusieurs formes de logements et d’hébergement. Il doit accueillir des étudiants, des jeunes actifs, des familles, des personnes âgées autonomes, mais aussi des résidents dépendants.
Nexity a développé 448 logements sur le site. Ce programme comprend une résidence étudiante de 146 logements gérée par Nomad Campus, 166 logements en accession libre, 79 logements locatifs sociaux destinés à Grand Dijon Habitat, 16 logements locatifs intermédiaires et 41 logements abordables contractualisés pour CDC Habitat.
De son côté, ADIM Centre-Est a réalisé 538 logements et places d’hébergement. Cet ensemble inclut un Ehpad de 166 chambres géré par l’EPCAPA, 15 logements adaptés aux seniors pour CDC Habitat, une résidence de 142 logements pour jeunes actifs gérée par Adoma, ainsi qu’une résidence étudiante de 214 chambres accompagnée d’un logement de gardien.
Cette programmation permet de réunir au même endroit des habitants d’âges, de situations et de parcours très différents. Les partenaires du projet revendiquent cette diversité comme l’un des principaux éléments du nouveau quartier.
Nathalie Koenders souligne ainsi que Terrot « accueillera des étudiants, des jeunes actifs, des familles et des seniors dans un environnement largement végétalisé, ouvert et apaisé ».
Nexity défend un quartier « ouvert à tous »
Pour Véronique Bédague, présidente-directrice générale de Nexity, le point de départ du projet a été l’existant : la friche, son emplacement et son histoire. « Avec Terrot, nous avons fait du “déjà-là” le point de départ d’un véritable projet de ville », explique-t-elle.
La dirigeante souligne que l’objectif n’était pas seulement de construire des immeubles, mais de transformer l’ancien site industriel en un quartier capable d’accompagner plusieurs étapes de la vie.
« Nous avons transformé un ancien site industriel en un quartier de vie ouvert à tous et pensé pour accompagner les parcours résidentiels de chacun », précise Véronique Bédague.
Elle met particulièrement en avant la cohabitation entre les différents publics. « Étudiants, jeunes actifs, familles, seniors et résidents vont désormais partager un même lieu de vie », indique-t-elle.
Pour la présidente-directrice générale de Nexity, cette diversité sociale et générationnelle participe directement à la qualité du quartier. « C’est cette diversité qui fait la richesse de la ville et qui donne tout son sens à notre raison d’être, “la vie ensemble” », affirme-t-elle.
Véronique Bédague présente également Terrot comme une démonstration du savoir-faire du promoteur dans la réalisation de programmes destinés à plusieurs catégories de population.
« Nous sommes particulièrement fiers de cette opération, qui témoigne de notre savoir-faire pour concevoir des projets répondant aux besoins de tous les publics », déclare-t-elle.
La dirigeante insiste enfin sur les différentes possibilités offertes aux futurs habitants. « En favorisant la mixité sociale et générationnelle et en offrant de nouvelles opportunités d’accession à la propriété, ce quartier accompagne concrètement les parcours de vie de ses habitants », estime-t-elle.
Un quartier végétalisé à 48 %
La densité du programme immobilier n’empêche pas le retour de la nature sur une partie de l’ancienne friche. À terme, 48 % de la surface du quartier doit être végétalisée. Le projet prévoit la désimperméabilisation d’une partie des sols, la plantation d’arbres, la création d’espaces paysagers et l’aménagement d’un vaste cœur d’îlot végétalisé. Des cheminements doux doivent également permettre aux habitants de circuler à pied ou à vélo à l’intérieur du quartier.
Le plan d’aménagement présenté dans le dossier place ce cœur d’îlot au centre des différentes résidences. Les logements étudiants, les bâtiments destinés aux jeunes actifs, l’Ehpad et les immeubles familiaux s’organisent autour de cet espace commun.
Pour les responsables du projet, cette végétalisation doit améliorer le cadre de vie, mais aussi permettre au quartier de mieux résister aux épisodes de chaleur. La transformation du site est ainsi présentée comme la preuve qu’il est possible de construire davantage de logements tout en redonnant une place aux sols naturels et aux plantations.
Dépollution, désamiantage et préservation du patrimoine
Avant de pouvoir accueillir de nouveaux habitants, l’ancienne friche industrielle a nécessité des travaux importants. Les équipes ont dû conduire des opérations de dépollution et de désamiantage, tout en préservant les éléments historiques du site.
Julien Dubernard, directeur délégué Bâtiment Centre-Est de VINCI Construction, met en avant la complexité de cette reconversion.
« Avec la reconversion du site Terrot, nous sommes fiers de contribuer à la transformation d’une ancienne friche industrielle emblématique de Dijon en un véritable quartier de vie, ouvert sur la ville et tourné vers l’avenir », déclare-t-il.
Il estime que l’opération résume les principes d’un urbanisme capable de réutiliser les espaces existants. « Cette opération incarne pleinement notre vision de la ville de demain : une ville qui se réinvente sur elle-même, valorise les fonciers déjà urbanisés, limite l’artificialisation des sols et recrée des espaces plus végétalisés et mieux adaptés aux enjeux climatiques », explique Julien Dubernard.
Le responsable de VINCI Construction rappelle que les opérations de renouvellement urbain cumulent plusieurs difficultés techniques et environnementales. « Ce projet Terrot illustre aussi notre capacité collective à relever les défis exigeants du renouvellement urbain », affirme-t-il.
Il cite notamment « la dépollution, le désamiantage, la préservation du patrimoine, la mixité des usages, la qualité du cadre de vie et la prise en compte de la biodiversité ».
De l’usine au quartier de vie
Le site Terrot change profondément de fonction. Là où des motos et des bicyclettes ont été fabriquées pendant plus d’un siècle se trouvent désormais des logements, des résidences étudiantes, un établissement pour personnes âgées et de nouveaux espaces verts.
Pour les porteurs du projet, Terrot ne doit pas être considéré comme une simple opération immobilière. Le quartier est présenté comme un nouveau morceau de ville, relié aux rues environnantes et ouvert à des habitants aux profils variés.
La façade restaurée conserve la mémoire de l’ancienne usine, tandis que la diversité des logements et des usages doit accompagner les différentes étapes de la vie. Les étudiants pourront y débuter leur parcours résidentiel, les jeunes actifs y trouver un premier logement, les familles accéder à la propriété ou au parc social, et les personnes âgées bénéficier d’un habitat adapté ou d’un accompagnement spécialisé.
Avec son millier de logements, son cœur d’îlot végétalisé et son patrimoine industriel conservé, le quartier Terrot devient ainsi l’un des symboles de la transformation urbaine engagée à Dijon. Une renaissance qui cherche à ne choisir ni entre l’histoire et l’avenir, ni entre la construction de logements et la transition écologique.
