La Région Bourgogne-Franche-Comté, la gendarmerie nationale et SNCF Voyageurs lancent une expérimentation d’un an destinée à renforcer la sécurité dans les trains et les gares du réseau régional. Cent patrouilles, composées chacune de trois militaires, doivent être mobilisées dans les huit départements de la région.
Le dispositif est désormais sur les rails. Mercredi 15 juillet, en gare de Dijon-Ville, la Région Bourgogne-Franche-Comté et la gendarmerie nationale ont officiellement lancé les premières patrouilles de réservistes à bord des trains Mobigo. Le président de Région, Jérôme Durain, et le général Christophe Husson, commandant la région de gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté, ont présenté cette nouvelle organisation en présence de représentants de SNCF Voyageurs.
Cette opération découle d’une convention signée le 25 juin par les trois partenaires. Prévue pour une durée d’un an, du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, l’expérimentation doit permettre le déploiement de 100 patrouilles de réservistes opérationnels. Chacune sera constituée de trois gendarmes appelés à intervenir dans les trains et les gares des huit départements de Bourgogne-Franche-Comté.
Une présence visible à bord des trains
Les militaires ne remplaceront pas les agents chargés de la sécurité ferroviaire. Leur présence doit venir compléter les dispositifs déjà assurés par les équipes de contrôle de SNCF Voyageurs et par la Sûreté ferroviaire, la SUGE. Ces services interviennent quotidiennement sur un réseau qui compte environ 600 trains Mobigo en circulation chaque jour dans la région.
Sur le terrain, les réservistes accompagneront aussi souvent que possible les contrôleurs SNCF. Leur mission consistera notamment à rechercher d’éventuelles infractions pénales, à intervenir en cas d’incident et, lorsque le cadre légal le permet, à procéder à des contrôles d’identité ou de bagages sous l’autorité du procureur de la République.
Au-delà de l’intervention immédiate, les partenaires misent surtout sur l’effet dissuasif de ces patrouilles. L’objectif affiché est de limiter les actes de malveillance, les incivilités et les comportements susceptibles de perturber les trajets. La présence de militaires en uniforme doit également rassurer les voyageurs et les agents SNCF, parfois confrontés à des situations tendues dans les trains ou dans les gares.
Des réservistes formés aux contraintes ferroviaires
Intervenir dans un train en circulation ne répond pas aux mêmes contraintes qu’une opération menée sur la voie publique. Les réservistes engagés dans le dispositif reçoivent donc une formation spécifique dispensée par SNCF Voyageurs. Celle-ci porte sur le fonctionnement du réseau, les règles de sécurité propres au milieu ferroviaire et la coordination avec les équipes de la SUGE.
Cette préparation doit permettre de clarifier le rôle de chacun lors d’un incident et d’éviter que la présence de plusieurs services ne complique les interventions. Les contrôleurs restent chargés de leurs missions commerciales et réglementaires, tandis que les gendarmes peuvent agir lorsqu’une situation relève de leurs compétences judiciaires ou de sécurité publique.
Pour Jérôme Durain, le développement de l’usage du train passe nécessairement par la confiance des voyageurs. Le président de la Région estime que les habitants ne peuvent pas être encouragés à privilégier les transports collectifs s’ils ne se sentent pas suffisamment en sécurité. La collectivité régionale finance ainsi ce dispositif, présenté comme une réponse concrète aux préoccupations des usagers et des personnels ferroviaires.
Le général Christophe Husson insiste, de son côté, sur l’importance du contrôle des axes de circulation. Selon le commandant régional de la gendarmerie, la surveillance des déplacements de personnes, de biens et de marchandises peut contribuer à détecter des trafics et à renforcer plus largement la sécurité du territoire.
SNCF Voyageurs voit également dans ce partenariat un soutien supplémentaire pour ses équipes. Ghislain de Rugy, directeur régional TER Bourgogne-Franche-Comté, souligne que les patrouilles doivent à la fois améliorer la tranquillité à bord et apporter un appui opérationnel aux agents présents sur le terrain.
Une expérimentation avant une éventuelle pérennisation
Le dispositif ne sera toutefois pas automatiquement reconduit. Un premier bilan doit être réalisé après six mois de fonctionnement. Une évaluation complète interviendra ensuite à la fin de l’expérimentation, en juin 2027. Les résultats obtenus devront permettre de déterminer si les patrouilles de réservistes peuvent être maintenues durablement dans les trains Mobigo.
La Région, la gendarmerie et SNCF Voyageurs devront notamment mesurer les effets de cette présence sur le nombre d’incidents, les interventions réalisées et le sentiment de sécurité des voyageurs comme des agents. Le communiqué ne précise toutefois ni les lignes qui seront prioritairement concernées ni la fréquence exacte des patrouilles. Ces éléments pourraient varier en fonction des besoins constatés sur le réseau au cours de l’année d’expérimentation.



