François Patriat, sénateur de la Côte-d’Or, ancien ministre et ancien président de la région Bourgogne, est mort mercredi 19 août 2026 à l’âge de 83 ans. Figure incontournable de la vie politique bourguignonne depuis plusieurs décennies, il s’est éteint au CHU de Dijon des suites d’un grave accident de vélo survenu le 17 juillet dernier.
Avec sa disparition, la Bourgogne perd l’un de ses responsables politiques les plus connus et le camp présidentiel l’un des soutiens historiques d’Emmanuel Macron. François Patriat présidait depuis 2017 le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI) au Sénat, constitué autour des élus soutenant le président de la République.
Né le 21 mars 1943, François Patriat était docteur vétérinaire de profession. Entré en politique dans les années 1970, notamment au Parti socialiste, il avait progressivement accumulé les responsabilités locales et nationales. Il fut notamment maire, conseiller général de la Côte-d’Or, député, président du conseil régional de Bourgogne, secrétaire d’État puis ministre.
Son parcours restera profondément associé à la Côte-d’Or et à la Bourgogne. François Patriat faisait de la défense des territoires ruraux l’une de ses marques politiques. La chasse, l’agriculture, la viticulture et plus largement les problématiques du monde rural occupaient une place importante dans ses engagements.
Au gouvernement, il exerça des responsabilités sous Lionel Jospin au début des années 2000. Mais c’est également par sa longévité dans les mandats locaux et parlementaires que François Patriat aura marqué la vie publique française.
Élu sénateur de la Côte-d’Or pour la première fois en septembre 2008, il est réélu en 2014 puis en 2020. Il devait quitter le Sénat en septembre 2026. Quelques semaines avant sa mort, le 8 juillet, Gérard Larcher avait d’ailleurs salué dans l’hémicycle sa dernière question au gouvernement et ses dix-huit années de présence au Palais du Luxembourg. Le président du Sénat avait alors rappelé son engagement en faveur de la Bourgogne, de la Côte-d’Or, de la ruralité et de la chasse.
L’un des premiers soutiens d’Emmanuel Macron
François Patriat avait également pris une place particulière dans l’histoire du macronisme. Issu du Parti socialiste, il s’était rapproché très tôt d’Emmanuel Macron, avant même l’élection présidentielle de 2017. Il comptait parmi les responsables politiques expérimentés qui avaient décidé de soutenir l’ancien ministre de l’Économie au moment où celui-ci cherchait à construire un mouvement dépassant les formations politiques traditionnelles.
Cette fidélité ne s’est ensuite jamais démentie.
À partir de 2017, François Patriat devient l’un des principaux relais d’Emmanuel Macron au Sénat, une assemblée où le camp présidentiel n’a jamais disposé de majorité. À la tête du groupe RDPI, il joue ainsi un rôle d’intermédiaire entre l’Élysée, le gouvernement et les sénateurs de la majorité présidentielle.
Le président de la République perd ainsi l’un de ses plus anciens soutiens politiques. Emmanuel Macron a réagi à sa disparition en évoquant la perte d’un « ami cher ».
Une carrière politique de près d’un demi-siècle
La trajectoire de François Patriat raconte également une partie de l’évolution de la gauche française. Adhérent du Parti socialiste dans les années 1970, devenu élu local puis parlementaire et ministre, il appartient longtemps à l’aile sociale-démocrate du PS. Au fil des années, il prend toutefois ses distances avec l’évolution du parti.
Son rapprochement avec Emmanuel Macron marque définitivement cette rupture.
François Patriat se définissait lui-même comme un « social-libéral ». Son soutien à Emmanuel Macron à partir de 2015-2016 lui avait parfois valu les critiques de ses anciens camarades socialistes, mais il avait assumé jusqu’au bout ce choix politique.
Une personnalité indissociable de la Bourgogne
Malgré ses responsabilités parisiennes, François Patriat avait conservé un ancrage particulièrement fort en Bourgogne. Ancien président du conseil régional de Bourgogne, élu de Côte-d’Or durant plusieurs décennies, il était aussi connu pour son attachement au monde viticole, à la chasse et à la ruralité. Au Sénat, il appartenait notamment aux groupes d’études consacrés à la chasse et à la pêche ainsi qu’à la vigne et au vin.
Cette implantation locale explique en grande partie la longévité de sa carrière politique.
François Patriat avait traversé plusieurs générations de responsables politiques, de François Mitterrand à Emmanuel Macron, en passant par Lionel Jospin et François Hollande. Parti de la gauche socialiste, il aura terminé sa carrière comme l’un des piliers parlementaires du macronisme.
Sa dernière intervention au Sénat, quelques jours seulement avant son accident, avait déjà pris des airs d’adieu politique. Le 8 juillet 2026, Gérard Larcher rappelait qu’il allait quitter la Haute Assemblée en septembre après dix-huit années de mandat sénatorial.
Le destin en aura décidé autrement.
François Patriat disparaît quelques semaines avant la fin programmée de son mandat. Sa mort clôt près d’un demi-siècle de vie politique et laisse vacant un rôle singulier : celui d’un élu profondément enraciné en Bourgogne devenu, sur la fin de sa carrière, l’un des plus fidèles soutiens d’Emmanuel Macron au Parlement.
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