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Au lendemain de l’annonce de la disparition de François Patriat, mort à 83 ans des suites d’un accident de vélo, les réactions politiques se multiplient en Côte-d’Or et en Bourgogne-Franche-Comté. Socialistes, macronistes, radicaux et responsables de la droite locale saluent, au-delà des appartenances partisanes, un homme profondément attaché à son territoire et une carrière politique longue de près d’un demi-siècle.

Depuis l’annonce de la mort de François Patriat, mercredi 19 août, les communiqués affluent. Derrière les différences politiques et les souvenirs personnels, un même portrait se dessine : celui d’un élu de terrain, profondément bourguignon, capable d’entretenir des relations au-delà des clivages et dont la carrière aura traversé plusieurs générations de la vie politique française.

Ancien maire, conseiller général, député, ministre, président du conseil régional de Bourgogne puis sénateur de la Côte-d’Or, François Patriat occupait depuis 2017 la présidence du groupe RDPI au Sénat. Sa disparition, consécutive à un grave accident de vélo, intervient alors qu’il venait d’annoncer la fin prochaine de sa carrière politique.

François Rebsamen perd « un ami »

Parmi les hommages les plus personnels figure celui de François Rebsamen. Le président de Dijon Métropole et ancien ministre évoque une relation commencée « au temps de François Mitterrand » et plus de quarante années de combats politiques, de victoires, d’épreuves et parfois de désaccords.

« Aujourd’hui, je perds un ami », écrit François Rebsamen, qui insiste sur la fidélité de François Patriat à la Bourgogne, au monde rural et aux hommes qu’il avait choisi d’accompagner au fil de sa carrière, « de Michel Rocard à Emmanuel Macron ».

L’ancien maire de Dijon rappelle également le rôle joué par François Patriat dans plusieurs projets structurants de l’agglomération dijonnaise lorsqu’il présidait la Région Bourgogne : le tramway, le développement de l’université de Bourgogne, la rénovation du musée des Beaux-Arts ou encore les investissements consacrés à la culture, à la recherche, à la santé et au développement économique.

Son communiqué s’achève sur quelques mots particulièrement sobres : « Adieu, l’ami. »

Nathalie Koenders salue une figure « profondément enracinée »

La maire de Dijon, Nathalie Koenders, rend elle aussi hommage à une personnalité qui aura, selon elle, accompagné les grandes transformations de la capitale régionale.

Elle souligne notamment l’action de François Patriat en faveur du tramway, de l’université et de la recherche, de la culture, du musée des Beaux-Arts, de la santé et du développement économique.

Pour Nathalie Koenders, l’ancien président de Région était avant tout un élu « profondément attaché à la Bourgogne », connaissant aussi bien ses villes que ses territoires ruraux et demeurant proche des agriculteurs, viticulteurs, élus et acteurs associatifs. Sa disparition constitue, écrit-elle, « une grande perte pour Dijon, pour la Côte-d’Or et pour la Bourgogne ».

Jérôme Durain : « un attachement viscéral aux territoires »

À la tête de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Jérôme Durain insiste lui aussi sur l’enracinement local de son prédécesseur.

Il rappelle le parcours de ce vétérinaire de formation devenu élu municipal, conseiller général, parlementaire puis membre du gouvernement de Lionel Jospin, d’abord comme secrétaire d’État aux PME, au Commerce et à l’Artisanat, puis comme ministre de l’Agriculture et de la Pêche.

Mais c’est surtout, selon Jérôme Durain, « l’engagement local » qui définit François Patriat, avec un « attachement viscéral aux territoires et aux terroirs de Bourgogne ». Il retient également les politiques menées durant sa présidence régionale dans les domaines de l’équilibre territorial, de l’enseignement supérieur, de la recherche, de l’innovation, de l’agriculture et de la viticulture.

Au Parti socialiste, le souvenir de « Fanfan »

Du côté de la fédération socialiste de Côte-d’Or, dont François Patriat fut longtemps une figure importante avant son rapprochement avec Emmanuel Macron, Michel Neugnot salue un ancien « camarade talentueux ».

Le premier secrétaire fédéral rappelle que François Patriat fut président de la Région Bourgogne de 2004 à 2015, qu’il exerça presque tous les mandats électifs possibles et qu’il fut ministre à deux reprises.

Michel Neugnot évoque également un homme travailleur, chaleureux et volontiers désinvolte en apparence : « Fanfan avait une élégance très particulière », écrit-il, soulignant son humour et sa capacité à dissimuler derrière cette personnalité une nature de « travailleur infatigable ».

Un hommage qui témoigne de la trace laissée par François Patriat au sein de son ancienne famille politique, malgré la rupture intervenue lors de son engagement aux côtés d’Emmanuel Macron.

Renaissance pleure « un compagnon de route »

Pour Renaissance Côte-d’Or, dont François Patriat était devenu l’une des figures de référence, la disparition du sénateur provoque une « immense tristesse ».

Le mouvement présidentiel décrit un « compagnon de route », un « modèle politique » et un « guide » pour nombre de ses militants. Le communiqué rappelle également que François Patriat était un « homme de gauche », tout en soulignant sa proximité avec le président de la République et son engagement à ses côtés.

Pour Renaissance, il aura marqué durant un demi-siècle la vie politique de la Côte-d’Or, de la Bourgogne-Franche-Comté et de la France.

Océane Godard se souvient de leur dernier échange

La députée socialiste de Côte-d’Or Océane Godard livre, elle, un témoignage particulièrement personnel. Elle raconte avoir échangé avec François Patriat le 13 juillet, quelques jours avant son accident, alors qu’il s’apprêtait à tourner la page de sa vie politique.

Interrogé sur son état d’esprit face à cette retraite prochaine, François Patriat lui aurait répondu qu’il était tiraillé entre « la béatitude et l’effondrement ».

« Puis nous avons ri car avec “Fanfan” on riait, forcément ! », raconte la députée.

Océane Godard décrit un homme capable de mêler « engagement, goût des autres et de son territoire et humour », dont la connaissance des collectivités et des institutions allait « de l’hyper-proximité au national ». Elle voit en lui un « tisseur de liens » et un amoureux de la Côte-d’Or et de la Bourgogne.

François Sauvadet : « il est des parcours qui dépassent les clivages »

L’hommage dépasse largement les rangs de la gauche et du camp présidentiel. Le président du conseil départemental de la Côte-d’Or, François Sauvadet, insiste précisément sur cette capacité de François Patriat à dépasser les appartenances politiques.

« Il est des parcours politiques qui dépassent les clivages et les appartenances partisanes. Celui de François Patriat est de ceux-là », écrit l’ancien ministre.

François Sauvadet évoque son attachement à la Bourgogne, à l’agriculture et au monde rural, mais également les projets conduits ensemble, notamment la création du Pays de l’Auxois-Morvan.

Les deux hommes avaient connu les affrontements et les divergences politiques mais partageaient, écrit François Sauvadet, « les mêmes routes, les mêmes cabanes de chasse, les mêmes fermes et le même amour du territoire ». Il conclut son hommage par ces mots : « Va et repose en paix François, ton devoir accompli. »

Le Parti radical annonce un hommage national à Dijon

Le Parti radical de Côte-d’Or s’associe également à cette vague d’hommages. Dans un communiqué, son président départemental Jean-Philippe Morel décrit François Patriat comme « un homme d’État, un homme de conviction, un homme de terrain », profondément attaché à la Côte-d’Or et à la Bourgogne.

Le Parti radical rappelle également les relations d’estime entretenues par François Patriat avec sa présidente nationale, Nathalie Delattre.

Le sénateur devait participer au 126e Congrès du Parti radical, prévu à Dijon les 10 et 11 octobre prochains, aux côtés de plusieurs responsables du bloc présidentiel.

Sa disparition modifiera nécessairement la tonalité du rendez-vous. Le Parti radical annonce qu’un hommage solennel lui sera rendu durant le congrès.

« Nous aurions aimé accueillir François Patriat parmi nous en octobre », confie Maxime Moulazadeh, secrétaire général du Parti radical de Côte-d’Or. « Son absence sera douloureusement ressentie, mais sa présence, elle, restera dans nos mémoires. »

Une unanimité rare au-delà des appartenances politiques

Socialistes historiques, élus macronistes, responsables centristes et dirigeants de la droite départementale : rarement une disparition aura suscité aussi rapidement une telle convergence dans les réactions politiques locales.

Les mots changent selon les sensibilités et les histoires personnelles, mais plusieurs thèmes reviennent dans presque tous les témoignages : l’Auxois, la ruralité, la Bourgogne, la fidélité, le terrain et une capacité à nouer des relations au-delà des frontières partisanes.

François Patriat avait commencé sa carrière politique dans la gauche et l’achève comme l’un des plus fidèles soutiens d’Emmanuel Macron. Entre les deux, près d’un demi-siècle de mandats, de campagnes et de responsabilités auront fait de « Fanfan », comme beaucoup continuaient à l’appeler, une personnalité à part dans le paysage politique bourguignon.

Sa disparition ouvre désormais le temps des hommages. Et, à lire les communiqués reçus depuis mercredi, ils devraient être encore nombreux.

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