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Engagé au Parti communiste français depuis mai 2025, Louis Buffet, 24 ans, vient d’être nommé secrétaire départemental des Jeunes Communistes de Côte-d’Or. Après une première expérience politique lors de la campagne de la liste Dijon Change d’Ère et une participation au congrès national du PCF à Lille, le jeune Dijonnais entend désormais reconstruire durablement le mouvement communiste auprès de la jeunesse du département.

Campagne d’adhésion, précarité étudiante, emploi, logement, services publics, rapport au PCF ou encore héritage du communisme : il détaille ses ambitions pour relancer les Jeunes Communistes de Côte-d’Or et expose sa vision de l’engagement politique.

Vous devenez secrétaire départemental des Jeunes Communistes de Côte-d’Or. Qui êtes-vous et quel est votre parcours militant ?

Louis Buffet : Je suis Louis BUFFET, j’ai 24 ans, je suis dijonnais depuis 6 ans maintenant. Mon parcours militant est assez classique mais plutôt fulgurant, je me suis engagé au PCF au mois de mai 2025, très vite je participe aux actions locales. Mon parcours prend un tournant au moment où le PCF21 décide de rejoindre la liste Dijon Change d’Ère où l’on m’a proposé la 9ème place, on m’a confié quelques responsabilités et un rôle important durant la campagne. C’était un vrai choc pour moi au début de me retrouver entouré de ces personnalités alors que je n’avais jamais fait de politique avant, heureusement mes camarades étaient là pour m’épauler, me conseiller et me soutenir. Ensuite j’ai eu la chance de participer au congrès national du PCF à Lille, où j’ai pu rencontrer et échanger avec les têtes du PCF et du MJCF.

Pourquoi avoir choisi de vous engager chez les Jeunes Communistes ?

Louis Buffet : J’ai choisi de m’engager chez les Jeunes Communistes au même moment où je me suis engagé au PCF, après avoir lu « Le parti pris du travail » de Fabien ROUSSEL et après avoir étudié la pensée Marxiste. C’est après des heures de discussion avec l’organisation nationale des Jeunes Communistes que j’ai décidé de me donner à fond pour cette organisation. Avec les JC nationales et quelques camarades, nous avons décidé de repartir de zéro, avec une nouvelle existence, une nouvelle organisation administrative. Ayant été à l’initiative de ce renouveau et étant le principal interlocuteur entre le département et les JC nationaux, j’ai été nommé secrétaire départemental.

Vous annoncez que « les Jeunes Communistes sont de retour en Côte-d’Or ». Pourquoi le mouvement avait-il perdu de sa présence dans le département ?

Louis Buffet : Je ne regarde pas ce qu’il s’est passé avant, je préfère me concentrer sur l’avenir, sur la construction d’une base solide et saine pour assurer aux jeunes de Côte-d’Or un lieu de fraternité et d’échanges. C’est très difficile de créer un noyau suffisant pour militer dans le milieu des jeunes travailleurs et des étudiants, ils sont amenés à quitter la région souvent et rapidement. D’où la nécessité de cette base solide.

Combien de militants compte aujourd’hui votre organisation en Côte-d’Or et quels objectifs vous fixez-vous ?

Louis Buffet : Étant donné que notre organisation est en pleine reconstruction, nous comptons, pour l’instant, sur d’anciens camarades qui avaient déjà des contacts avec l’ancienne JC. Notre objectif à court terme serait d’atteindre la quinzaine de militants d’ici la fin février, avec en moyenne 2 adhésions concrètes par mois. Il s’agit pour nous d’un bon début, qui nous permettra d’avoir une base réaliste afin de militer pour les campagnes électorales à venir.

Vous annoncez une « campagne massive d’adhésion » à la rentrée. Concrètement, comment va-t-elle se dérouler ?

Louis Buffet : Concrètement, cette campagne va se dérouler avec des distributions de tracts, des collages d’affiches, le tout sur la zone des facultés. Le but étant de partir à la rencontre des jeunes, de leur parler, de les écouter et de leur proposer un soutien dans leurs vies étudiantes, d’ouvrir également une permanence au siège du PCF Côte-d’Or

afin d’avoir un lieu où les jeunes puissent s’exprimer en toute liberté et de ne pas rester isolés, de rencontrer d’autres jeunes avec les mêmes problématiques ou capables d’apporter leurs aides et leurs connaissances. Il y a également la mobilisation du 29 septembre pour les services publics où nous serons présents, et tous les jeunes sont invité.es à participer avec nous. Il y aura également une campagne d’adhésion auprès des apprentis qui sera en lien avec le national.

Pourquoi un jeune devrait-il rejoindre les Jeunes Communistes aujourd’hui ?

Louis Buffet : Rejoindre les Jeunes Communistes, c’est d’abord militer pour une vision de la société, c’est entrer dans la lutte des classes, vouloir une société sans inégalités et injustices, une société de paix et de solidarité. Chez les Jeunes Communistes, on retrouve cet esprit d’entraide, de fraternité, de camaraderie qui nous rapproche, nous permet de s’émanciper et d’apprendre de nouvelles choses au quotidien.

Quels sont, selon vous, les principaux problèmes rencontrés actuellement par les jeunes en Côte-d’Or ?

Louis Buffet : Les principaux problèmes rencontrés par nos jeunes en Côte-d’Or sont surtout la précarité, le manque de formation de qualité, de vision d’avenir sur l’emploi, le manque d’égalité entre les hommes et les femmes. Surtout, ils font face à plus de discriminations, notamment sur leur âge, bon nombre de jeunes se voient refuser des emplois dans lesquels ils sont qualifiés parce qu’ils sont trop jeunes. Beaucoup de jeunes se voient également refuser des études pour des raisons totalement arbitraires, notamment à cause de Parcoursup. Et encore tant d’autres qui se voient refuser une alternance faute de patrons prêts à former.

Crédit photo : Boris Masson

Sur le logement, le pouvoir d’achat et la précarité des jeunes, quelles mesures défendez-vous concrètement ?

Louis Buffet : Les mesures que nous défendons, c’est la volonté de vouloir créer un minimum d’un million d’emplois pour les jeunes, et d’avoir des formations de qualité. Nous avons obtenu le repas Crous à 1€ il y a quelques mois à l’Assemblée Nationale, ce n’est qu’un premier pas pour lutter contre la précarité étudiante. La suite est d’instaurer un revenu étudiant universel géré par la Sécurité sociale. Nous devons également instaurer la gratuité générale, que ce soit pour les formations, mais aussi pour le permis de conduire et les transports en commun. Il faut également mettre en place une aide pour l’alimentaire et la santé via des investissements publics. En France, près de 40% des étudiants souffrent de dépression et il est temps de s’occuper d’eux. En ce qui concerne le logement, il faut rénover les parcs immobiliers Crous, en construire de nouveaux et surtout il faut un encadrement strict des loyers afin de permettre aux plus précaires de se loger dignement.

Quelles actions comptez-vous mener localement dans les prochains mois ?

Louis Buffet : Déjà, il y a la mobilisation du 29 septembre à laquelle les Jeunes Communistes seront membres. Après, il s’agira de distribution de tracts et de collages d’affiche, toujours en lien avec cette campagne d’adhésion, au moins le temps de la rentrée. Après une fois notre base militante suffisamment élargie, nous pourrons réfléchir sérieusement à des actions à mettre en place.

Vous affirmez vouloir montrer que « le projet communiste fonctionne ». Qu’entendez-vous précisément par « projet communiste » ?

Louis Buffet : Le projet communiste, c’est un projet qui crée de la richesse et de l’emploi en ramenant les productions en France. C’est un projet où le dumping social est stoppé net (dumping social, c’est la pratique d’entreprises et/ou des pays réduisant les coûts de production en baissant les salaires et en affaiblissant les droits des travailleurs). C’est un projet qui est capable de répondre aux enjeux sociaux et écologiques de notre monde actuel. C’est un projet où la discrimination n’existe plus et où les inégalités ne sont qu’histoire ancienne. C’est un projet où la répartition des richesses est une réalité. C’est un projet où les services publics sont renforcés pour répondre aux besoins des gens. C’est un projet qui place l’éducation et l’humain au coeur de ses intérêts. Voilà ce qu’est un projet communiste.

Que répondez-vous à ceux qui associent encore le communisme aux régimes autoritaires du XXe siècle ?

Louis Buffet : Le Parti Communiste Français a un héritage qui lui est propre et qui a permis d’acquérir des conquêtes sociales telles que la sécurité sociale, le système de retraite, l’élargissement des droits des travailleurs avec Ambroise Croizat. C’est aussi, via le Front Populaire, les 35 heures, les congés payés et le salaire minimum. C’est sur cet héritage et cette histoire-là qu’il faut nous concentrer, c’est en regardant vers l’avenir que nous arriverons à obtenir de nouvelles conquêtes sociales.

Votre publication reprend L’Internationale et l’expression « la lutte finale ». Assumez-vous cette imagerie très traditionnelle du communisme ?

Louis Buffet : Au vu de la situation actuelle, le blocus de Cuba, le génocide à Gaza. Nous avons cette obligation de réaffirmer le besoin de solidarité entre les peuples et les travailleurs du monde entier. C’est ça notre internationale. C’est ce que ces symboles signifient pour nous, et donc c’est pour ça que nous les assumons.

Quelle relation les Jeunes Communistes de Côte-d’Or entretiennent-ils avec le Parti communiste français et les autres mouvements de gauche ?

Louis Buffet : Notre relation avec le PCF21 est complémentaire mais autonome. Ils nous accueillent dans leur local et nous soutiennent. Quant aux JC21, nous sommes autonomes, c’est vrai, mais nous considérons que si les travailleurs veulent s’émanciper, c’est avec le PCF au pouvoir que cela pourra se faire. En ce qui concerne les autres mouvements de gauche, nous avons des relations cordiales mais avant tout professionnelles avec les mouvements qui composaient la liste de Dijon Change d’Ère.

Dans un an, à quoi pourra-t-on mesurer la réussite — ou l’échec — de votre relance des Jeunes Communistes en Côte-d’Or ?

Louis Buffet : Ce n’est pas un projet dont on peut mesurer la réussite ou l’échec sur une année. Je vise un fonctionnement à long terme pour la fédération de Côte-d’Or, pour cela il faut mettre en place des projets sur plusieurs années. Si nous voulons vraiment un indicateur de réussite, car cette relance va fonctionner, j’en ai l’intime conviction, nous pouvons regarder le nombre de militants actifs et d’activités menées par l’organisation. Si nos objectifs pour février sont atteints et que d’ici à août prochain nous avons mené au moins une grande action, comme par exemple un café philosophique, ou une manifestation. Je pense qu’on pourra dire que là, c’est un projet réussi.

Propos recueillis par F. Bauduin


Les Jeunes Communistes de Côte-d’Or sont joignables via les réseaux sociaux et par e-mail :
Instagram : @jcommuniste.21
Facebook : Mjcf21 
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