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À quelques jours de la nouvelle édition du Golden Coast, Dijon Avenir monte au créneau. Le mouvement s’interroge sur le maintien du festival malgré la sécheresse persistante et les risques d’incendie, tout en demandant à la maire de Dijon, Nathalie Koenders, de rendre publique l’étude d’impact sonore annoncée après les nuisances constatées lors de l’édition 2025.

Le Golden Coast n’a pas encore ouvert ses portes que le festival suscite déjà la polémique. Dans un communiqué, Dijon Avenir critique vivement les conditions dans lesquelles doit se tenir cette nouvelle édition du rendez-vous rap dijonnais. Le mouvement pointe à la fois les risques liés à la sécheresse, les nuisances sonores et ce qu’il considère comme un manque de transparence de la municipalité sur les mesures prises depuis l’an dernier.

Dijon Avenir ne remet toutefois pas en cause le principe même du festival. Le mouvement insiste au contraire sur l’importance de préserver des événements culturels destinés notamment à la jeunesse. « Il n’est pas concevable de lui retirer un tel moment de fête collective », estime-t-il, rappelant son attachement à « toutes formes d’expression artistique ».

Mais pour le collectif, cette défense de l’événement culturel ne saurait exonérer les organisateurs et la Ville de leurs responsabilités en matière de sécurité et de tranquillité publique.

Les nuisances sonores de 2025 toujours dans les mémoires

Le premier point de tension concerne le bruit. Lors de l’édition 2025, plusieurs habitants de l’agglomération dijonnaise avaient signalé d’importantes nuisances sonores durant les trois nuits du festival. Dijon Avenir évoque des riverains ayant vécu ces émissions sonores comme « une agression ».

Le mouvement met notamment en cause la configuration géographique du site, situé dans le secteur des combes. Selon lui, le relief pourrait favoriser un phénomène acoustique amplifiant ou orientant le son en direction de certaines parties de l’agglomération.

À ces préoccupations liées au confort des habitants s’ajoutent, selon Dijon Avenir, des interrogations environnementales. Le mouvement souligne que des travaux scientifiques sont actuellement menés en France et ailleurs en Europe sur les effets des festivals et des fortes émissions sonores sur certaines espèces animales, notamment les oiseaux et les chauves-souris.

Après les plaintes enregistrées l’année dernière, la maire de Dijon avait annoncé à l’automne 2025 qu’une étude d’impact sonore serait réalisée en amont de l’édition 2026.

C’est précisément sur ce point que Dijon Avenir demande aujourd’hui des comptes à la municipalité.

« Nous demandons à la Maire de Dijon de rendre dès aujourd’hui publique l’étude d’impact sonore qu’elle avait annoncée », réclame le mouvement.

À travers cette demande, Dijon Avenir souhaite connaître les résultats de cette étude mais également les mesures concrètes qui auraient été décidées pour limiter la propagation du bruit durant les concerts.

Des concerts annoncés jusqu’à 3 heures du matin

La date du festival avait également été avancée. Nathalie Koenders avait justifié cette décision par la volonté d’organiser l’événement pendant la période des congés estivaux, afin de limiter les perturbations pour les actifs et le public scolaire.

Un argument qui ne convainc guère Dijon Avenir.

Le mouvement relève que la programmation doit s’étendre, pendant trois jours, jusqu’à 3 heures du matin. Il met cette amplitude horaire en parallèle avec un été déjà marqué par de fortes chaleurs et plusieurs nuits tropicales, qui ont pu perturber le sommeil d’une partie de la population.

« Après la fournaise, le vacarme ? », ironise Dijon Avenir dans son communiqué.

La question du bruit constitue ainsi l’un des principaux sujets de crispation autour du festival. Pour le mouvement, le maintien d’un événement de cette ampleur doit nécessairement s’accompagner de garanties précises pour les habitants des quartiers susceptibles d’être exposés.

Le risque d’incendie au cœur des critiques

Mais la principale inquiétude exprimée par Dijon Avenir concerne cette fois la sécurité incendie.

Malgré le retour récent de la pluie, le mouvement estime que la végétation reste particulièrement sèche et inflammable dans le secteur. Dans ces conditions, il considère que le principe de précaution aurait dû conduire les autorités à remettre en cause la tenue du festival.

La question prend une dimension particulière compte tenu de la fréquentation annoncée. Dijon Avenir évoque près de 85 000 festivaliers attendus sur les trois jours.

Pour appuyer son argumentation, le mouvement rappelle que d’autres manifestations programmées au début du mois d’août avaient fait l’objet de décisions restrictives en raison du risque d’incendie. La Nuit des étoiles avait ainsi été annulée tandis qu’un événement consacré à l’éclipse solaire avait été déplacé.

Dijon Avenir estime dès lors difficilement compréhensible que des manifestations populaires de moindre ampleur aient été supprimées ou modifiées au nom de la sécurité, tandis qu’un festival rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes soit maintenu.

C’est sur cette différence de traitement que repose l’accusation de « deux poids, deux mesures » formulée par le mouvement.

L’interdiction de fumer jugée insuffisante

Face au risque d’incendie, l’organisateur du Golden Coast a notamment annoncé l’interdiction de fumer sur le site pendant les trois jours du festival.

Dijon Avenir reconnaît le bien-fondé d’une telle décision. Le mouvement y voit une mesure favorable aussi bien à la prévention des incendies qu’à la protection des participants contre le tabagisme passif.

Il exprime cependant de sérieux doutes sur son application concrète au milieu de dizaines de milliers de festivaliers.

Pour Dijon Avenir, une interdiction de fumer ne constitue donc pas une réponse suffisante à la situation. Le mouvement estime qu’une telle mesure peut contribuer à rassurer le public et à répondre aux critiques, mais qu’elle ne règle pas à elle seule la question du risque d’incendie sur un site entouré d’une végétation desséchée.

Dijon Avenir attaque la politique d’« attractivité » de la municipalité

Au-delà du seul cas du Golden Coast, le communiqué prend une tournure politique. Dijon Avenir estime que la décision de maintenir le festival révèle les priorités de la majorité municipale.

Le mouvement accuse la maire de privilégier une politique d’« attractivisme », autrement dit la recherche d’événements susceptibles de renforcer l’image et l’attractivité de Dijon, au détriment selon lui de considérations liées au bien-être des habitants et au principe de précaution.

« Dijon Avenir dénonce ce « deux poids, deux mesures » qui fait clairement apparaître les priorités d’attractivisme de la Maire, devant la raison et le bien commun », affirme le mouvement.

Une attaque qui place désormais la municipalité face à plusieurs questions : quelles conclusions ont été tirées des nuisances sonores observées en 2025 ? Quelles mesures seront mises en œuvre pendant les concerts ? Et comment les autorités évaluent-elles et encadrent-elles le risque d’incendie dans un contexte de sécheresse ?

À l’approche du festival, Dijon Avenir réclame surtout un élément précis : la publication de l’étude d’impact sonore promise par la maire après l’édition précédente. De quoi faire du Golden Coast, au-delà de son programme musical, un nouveau sujet de confrontation politique à Dijon.

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