Privé depuis la semaine dernière de l’accès aux équipements sportifs municipaux, le Club Sportif Laïque de Chenôve se retrouve dans une situation délicate à l’approche de la saison 2026-2027. Dans un communiqué, la liste « Le Bon Sens 100 % Chenôve » s’interroge sur la décision de la municipalité et dénonce une différence de traitement avec d’autres clubs de la commune ayant connu, par le passé, des difficultés financières plus importantes.
Le dossier du Club Sportif Laïque de Chenôve (CSL) suscite désormais une réaction politique. Depuis la semaine dernière, le club n’a plus accès aux infrastructures sportives municipales et ne peut donc plus utiliser ses terrains d’entraînement pour préparer la saison 2026-2027.
Une décision présentée, selon l’opposition « Le Bon Sens 100 % Chenôve », comme une mesure conservatoire liée aux difficultés financières rencontrées par l’association. Cette situation concerne directement près de 180 adhérents, parmi lesquels de nombreux jeunes licenciés.
Dans un communiqué signé par Philippe Neyraud, Mohamed Ahmed, Sylvie Taddei, David Jeanson et Patricia Thoinnet de La Turmelière, la liste affirme avoir pris contact avec le président du club afin de mieux comprendre la situation avant de se prononcer.
Des difficultés financières reconnues par le club
Selon les auteurs du communiqué, le président du CSL reconnaît « certaines erreurs d’appréciation budgétaire » ainsi qu’un manque à gagner lié notamment à des licences qui n’auraient pas été réglées.
Le responsable associatif aurait également évoqué les difficultés économiques rencontrées par certaines familles, qui compliqueraient le paiement des cotisations. La liste rappelle par ailleurs que le président exerce ses fonctions bénévolement.
Pour « Le Bon Sens 100 % Chenôve », ces difficultés justifient une vigilance particulière, mais pas nécessairement l’interdiction d’utiliser les installations municipales.
Le président du club « ne comprend pas que cette situation […] conduise à priver l’ensemble des adhérents de l’accès aux terrains », rapporte le communiqué, qui estime qu’aucune véritable mesure d’accompagnement ne semble, à ce stade, avoir été proposée pour permettre au CSL de retrouver une situation financière stable.
Une dette d’environ 3 000 euros envers le District
Toujours selon les informations avancées par la liste, la trésorerie du club serait aujourd’hui « légèrement positive ». Une dette d’environ 3 000 euros envers le District de Côte-d’Or de football resterait toutefois à régler. Un échelonnement de cette somme serait envisagé.
C’est précisément l’ampleur de ces difficultés qui conduit « Le Bon Sens 100 % Chenôve » à s’interroger sur la proportionnalité de la décision prise.
La liste établit notamment une comparaison avec les situations rencontrées précédemment par le Basket Club et le Rugby Club de Chenôve. D’après le communiqué, ces associations auraient connu des passifs nettement supérieurs, de « plusieurs centaines de milliers d’euros » pour le basket et de « plus de cent mille euros » pour le rugby, tout en continuant à bénéficier d’un accompagnement municipal et de l’accès aux installations sportives.
Ces montants et les circonstances précises des précédents dossiers sont avancés par la liste et mériteraient toutefois d’être confrontés aux données financières ainsi qu’à la position de la municipalité et des clubs concernés.
« Pourquoi un traitement différent ? »
C’est la principale question soulevée par les signataires. « Pourquoi des difficultés financières de moindre importance semblent-elles conduire aujourd’hui à une mesure aussi radicale pour le Cercle Sportif Laïque, alors que le Basket Club puis le Rugby Club ont bénéficié d’un accompagnement bien différent ? », interrogent-ils.
La liste reconnaît néanmoins à la commune la responsabilité de contrôler l’utilisation des deniers publics et de prendre les mesures nécessaires lorsqu’une association connaît des difficultés de gestion.
Elle conteste en revanche les conséquences sportives de la mesure prise, notamment pour les jeunes licenciés.
« Nous nous interrogeons sur la pertinence d’interdire l’accès à des infrastructures municipales à de jeunes sportifs », écrivent les membres du collectif.
Le communiqué soulève également la question du niveau des subventions municipales attribuées aux différentes associations sportives, notamment au regard du nombre d’adhérents de chaque club.
Pour les élus et membres de la liste, le principe devrait être celui de « l’équité et de la transparence ».
« Ce qui vaut pour l’une doit pouvoir valoir pour l’autre », résument-ils.
Cinq propositions pour permettre au club de reprendre son activité
Face à la situation, « Le Bon Sens 100 % Chenôve » demande désormais une réaction rapide afin d’éviter que le club ne soit durablement fragilisé.
La liste formule cinq propositions : réexaminer sans délai l’interdiction d’accès aux terrains, rendre publics de manière transparente les éléments expliquant les difficultés financières du CSL, rechercher avec l’association une solution permettant de rétablir durablement ses comptes, proposer si nécessaire un accompagnement extérieur et neutre sur la gestion de trésorerie, et enfin procéder au versement complet de la subvention prévue cette année.
Les signataires estiment qu’une intervention en amont aurait été préférable, compte tenu des difficultés de gestion déjà rencontrées par différentes associations sportives de la commune au cours des dernières années.
À leurs yeux, l’urgence consiste désormais à éviter la disparition ou l’affaiblissement durable d’un club présenté comme une association « à vocation populaire », particulièrement tournée vers la jeunesse.
« Santé, socialisation, éducation et inclusion restent des maîtres-mots que les difficultés financières, même lorsqu’elles sont réelles, ne doivent pas faire oublier », conclut le communiqué.
Au-delà du seul cas du CSL, la polémique pourrait désormais ouvrir un débat plus large sur les critères retenus par la Ville de Chenôve pour accompagner les clubs sportifs confrontés à des difficultés financières, sur la répartition des subventions et sur l’égalité de traitement entre associations.
La position de la Ville de Chenôve, ainsi que celles des clubs de basket et de rugby cités dans le communiqué, permettraient de compléter les éléments avancés par « Le Bon Sens 100 % Chenôve ».
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