La présence de meublés de tourisme et d’entreprises de conciergerie spécialisées dans la location de courte durée au sein du guide des hébergements 2026-2027 de Dijon Bourgogne Tourisme & Congrès fait réagir le collectif Dijon en faveur de l’habitat permanent. Dans un communiqué, celui-ci interpelle l’Office de tourisme ainsi que la Ville de Dijon sur l’utilisation de leurs outils de communication pour promouvoir un secteur qu’il estime susceptible d’accentuer les tensions sur le marché local du logement.
Au cœur de la critique figure le Guide des Hébergements de Dijon Bourgogne Tourisme & Congrès. Ce document destiné aux visiteurs recense différentes solutions d’hébergement disponibles sur le territoire métropolitain. Le collectif dénonce notamment la visibilité accordée aux locations meublées de courte durée ainsi qu’aux sociétés de conciergerie qui accompagnent les propriétaires dans la gestion de ce type de biens.
Pour ses membres, cette promotion pose une question de fond : celle du rôle que doit jouer un organisme touristique bénéficiant notamment de financements publics dans un contexte marqué par les difficultés d’accès au logement. « À Dijon, l’argent public doit servir l’intérêt général, pas la promotion d’Airbnb », affirme le collectif dans son communiqué.
L’organisation estime que le développement des locations touristiques de courte durée ne peut être considéré uniquement sous l’angle de l’attractivité touristique. Selon elle, chaque logement qui quitte durablement le marché locatif traditionnel pour être exploité comme meublé touristique est susceptible de réduire l’offre disponible pour les habitants permanents, les salariés et les étudiants à la recherche d’un logement dans la métropole.
Cette question dépasse d’ailleurs la seule activité des plateformes de réservation. Les entreprises de conciergerie occupent aujourd’hui une place croissante dans l’écosystème des locations saisonnières. Elles peuvent prendre en charge, pour le compte des propriétaires, la publication des annonces, l’accueil des voyageurs, le ménage, la remise des clés ou encore la gestion quotidienne des biens. C’est précisément la promotion de ces services dans un document touristique institutionnel que le collectif souhaite voir interrogée.
Pour Dijon en faveur de l’habitat permanent, la problématique est avant tout celle de la cohérence des politiques publiques. Le collectif considère qu’un Office de tourisme doit naturellement contribuer à l’attractivité de la destination dijonnaise, à la valorisation de son patrimoine, de sa culture, de ses commerces et de son économie touristique. Il estime toutefois que cette mission devrait s’accompagner d’une réflexion sur les conséquences du développement des locations de courte durée sur l’habitat permanent.
« Un Office de tourisme financé notamment par de l’argent public doit promouvoir notre territoire, son patrimoine, sa culture, ses commerces et un tourisme responsable », souligne le collectif, qui considère que la communication institutionnelle ne devrait pas encourager l’expansion des locations touristiques sans tenir compte de leurs effets potentiels sur le parc résidentiel.
La contestation intervient alors que la question de l’équilibre entre tourisme et logement permanent occupe une place de plus en plus importante dans de nombreuses villes françaises. Dans les secteurs touristiques ou les centres urbains particulièrement attractifs, la multiplication des meublés proposés pour quelques nuits ou quelques semaines peut alimenter les débats sur la disponibilité des logements, le niveau des loyers ou encore l’évolution de certains quartiers.
À Dijon, le collectif souhaite donc ouvrir un débat sur la place de ces hébergements dans la stratégie touristique de la métropole. Il ne remet pas en cause le principe même de l’activité touristique, mais demande que son développement ne se fasse pas, selon lui, au détriment de la fonction résidentielle de la ville.
Les militants réclament désormais une clarification de la part de l’Office de tourisme et de la Ville de Dijon. Ils souhaitent notamment connaître leur position sur la promotion des conciergeries et des locations de courte durée dans les supports institutionnels consacrés à l’hébergement.
Le collectif appelle plus largement les responsables publics à mettre leurs politiques de communication en cohérence avec ce qu’il présente comme une priorité : maintenir une offre suffisante de logements accessibles aux personnes qui vivent, travaillent ou étudient à Dijon.
Son message tient en quelques mots : « Le tourisme, oui. La marchandisation toujours plus importante du logement, non. » Derrière cette formule, le collectif entend poser une question qui pourrait prendre une place croissante dans le débat local : jusqu’où une métropole touristique doit-elle promouvoir les locations de courte durée lorsqu’elle cherche, parallèlement, à préserver l’habitat permanent ?
Le débat est désormais lancé. Il pourrait conduire Dijon Métropole, la Ville et les acteurs du tourisme à préciser la manière dont ils entendent concilier attractivité touristique et besoins en logements des habitants.
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir insérer des images dans vos commentaires.
Soyez le premier à commenter cet article.