Suppression des préfabriqués, reconstruction de la maternelle, rénovation des bâtiments historiques, végétalisation des cours et adaptation aux fortes chaleurs : le groupe scolaire Joséphine Baker est au cœur de l’un des principaux chantiers éducatifs engagés par la Ville de Dijon. Entre 2025 et 2027, 15,8 millions d’euros doivent être consacrés aux travaux, pour un investissement cumulé dépassant désormais 16,2 millions d’euros.
À quelques jours de la rentrée, derrière les palissades du groupe scolaire Joséphine Baker, c’est une transformation profonde qui se poursuit. Situé dans un environnement patrimonial sensible du centre de Dijon, à proximité de l’îlot Sainte-Anne et des rues Turgot et Tivoli, l’établissement fait l’objet de l’une des opérations scolaires les plus ambitieuses actuellement portées par la municipalité.
L’enjeu dépasse largement un simple rafraîchissement des locaux. À terme, le site doit être en grande partie repensé : disparition des derniers bâtiments préfabriqués, reconstruction de certains espaces, restauration du bâti existant, nouveau restaurant scolaire, amélioration des performances énergétiques et transformation des cours de récréation.
Selon les dernières données communiquées par la Ville, 15,8 millions d’euros TTC sont désormais consacrés aux travaux réalisés entre 2025 et 2027. En intégrant les interventions précédentes, l’investissement engagé sur le site dépasse 16,2 millions d’euros.
Un montant qui fait de Joséphine Baker l’un des projets emblématiques du programme municipal Ambition éducative 2030, doté de 75 millions d’euros sur plusieurs années pour moderniser le patrimoine scolaire dijonnais.
Un projet engagé depuis plusieurs années
Si le chantier entre aujourd’hui dans une phase particulièrement visible, la transformation de Joséphine Baker a commencé bien avant 2026.
Les premières réflexions ont été engagées en 2022. La Ville indique avoir organisé dès le mois de mai de cette année-là des échanges avec les équipes pédagogiques et techniques ainsi qu’une consultation des parents d’élèves. Le projet leur a ensuite été présenté au printemps 2023.
Les premiers travaux ont débuté à l’été 2023 avec le désamiantage de bâtiments existants et la démolition des préfabriqués qui accueillaient notamment une partie de l’école maternelle et du périscolaire.
À l’époque, la municipalité évaluait encore l’opération à environ 14 millions d’euros. L’enveloppe a donc sensiblement évolué au fil de l’avancement du projet : le montant communiqué à l’été 2026 atteint désormais 15,8 millions d’euros de travaux sur la période 2025-2027.
Cette évolution témoigne aussi de l’ampleur prise par une opération qui associe reconstruction et réhabilitation dans un environnement urbain et patrimonial contraint.

Faire disparaître les préfabriqués
La disparition des bâtiments préfabriqués constitue l’un des symboles les plus visibles du chantier. Ces constructions, longtemps utilisées pour répondre aux besoins de capacité des établissements scolaires, étaient devenues vieillissantes et particulièrement peu performantes sur le plan énergétique.
Dès la présentation du programme Ambition éducative 2030, leur suppression figurait parmi les priorités de la Ville. À Joséphine Baker, les préfabriqués de la maternelle et du périscolaire ont été parmi les premiers concernés. La programmation municipale prévoit également la suppression du dernier bâtiment préfabriqué associé au groupe scolaire.
À leur place doivent être créés des locaux adaptés aux usages actuels de l’école, mieux isolés et davantage intégrés au bâti existant.
La Ville avait recensé 225 enfants en maternelle et en élémentaire au moment du lancement de la grande opération de restructuration.
Préserver les bâtiments anciens tout en construisant une école contemporaine
L’une des particularités de Joséphine Baker réside dans l’équilibre recherché entre patrimoine et architecture contemporaine.
Le projet ne consiste pas à faire table rase du passé. Une partie des bâtiments historiques doit être conservée et rénovée tandis que de nouveaux volumes viennent compléter l’ensemble.
La Ville insiste notamment sur l’utilisation du bois et de matériaux recyclés, destinée à permettre une meilleure intégration des constructions nouvelles dans leur environnement patrimonial et végétal. Le groupe scolaire se trouve en effet au cœur du secteur sauvegardé de Dijon.
Le futur établissement doit également bénéficier d’un accès depuis l’îlot Sainte-Anne et accueillir une salle polyvalente disposant d’une entrée spécifique, permettant potentiellement une utilisation indépendante du fonctionnement scolaire.
Derrière la rénovation d’une école se dessine donc également une intervention architecturale sur un morceau de ville particulièrement sensible.
La chaleur devient un élément central de la conception
Depuis le lancement du projet, une autre question a pris une importance croissante : celle du comportement des écoles pendant les périodes de fortes chaleurs.
Les épisodes caniculaires successifs ont replacé le « confort d’été » au centre des politiques de rénovation scolaire. Joséphine Baker doit ainsi être conçue non seulement pour consommer moins d’énergie durant l’hiver, mais aussi pour rester plus supportable lorsque les températures extérieures s’envolent.
Le programme prévoit des protections solaires extérieures, des brasseurs d’air ainsi que des possibilités de ventilation nocturne. Le principe consiste notamment à empêcher une partie de la chaleur de pénétrer dans les bâtiments pendant la journée et à profiter de températures plus basses la nuit pour les rafraîchir.
Ces dispositifs viennent compléter l’amélioration de l’isolation du bâti. La question climatique ne s’arrête pas aux murs des salles de classe.
Des cours moins minérales et davantage végétalisées
Les espaces extérieurs doivent eux aussi être profondément transformés. Comme dans plusieurs établissements dijonnais, la Ville souhaite réduire la place des sols entièrement imperméables et minéraux, particulièrement exposés à la chaleur en été.
À Joséphine Baker, végétalisation et désimperméabilisation des cours de récréation font partie intégrante du projet. La municipalité présente ces futures cours comme des espaces devant offrir aux enfants un cadre de jeu plus agréable, mais également davantage de fraîcheur et de biodiversité.
L’objectif est aussi hydrologique : en remplaçant certaines surfaces étanches par des espaces capables d’absorber davantage d’eau, les cours peuvent participer à une meilleure gestion des précipitations.
L’école devient ainsi un terrain d’application très concret des nouvelles politiques d’adaptation de la ville au changement climatique.
Un calendrier qui a évolué
L’importance et la complexité de l’opération ont également entraîné une évolution de son calendrier. Les premières programmations municipales envisageaient une réhabilitation et une reconstruction de la maternelle, du périscolaire et du restaurant scolaire entre juin 2024 et novembre 2025, avant une seconde grande phase consacrée à l’élémentaire jusqu’en août 2027.
Le calendrier communiqué à l’été 2026 est différent : la livraison de l’école maternelle et du restaurant scolaire est désormais annoncée pour l’été 2027, avant la poursuite de la rénovation de l’école élémentaire.
Le chantier s’inscrit donc dans un temps plus long qu’initialement prévu.
Pendant les différentes phases de travaux, le fonctionnement scolaire a dû être adapté. Dès le lancement de l’opération, la Ville avait prévu l’accueil temporaire d’élèves dans les locaux de l’ancienne école Tivoli afin de permettre la poursuite du chantier.
Joséphine Baker, vitrine d’« Ambition éducative 2030 »
Par son montant et par la diversité des interventions réalisées, Joséphine Baker concentre finalement presque tous les enjeux du programme Ambition éducative 2030.
Lancé en 2021, celui-ci représente 75 millions d’euros d’investissement sur dix ans pour le patrimoine scolaire dijonnais. La Ville l’a construit autour de plusieurs orientations : suppression des préfabriqués, rénovation et modernisation des bâtiments, transformation et végétalisation des cours ainsi que développement des équipements pédagogiques et numériques.
Joséphine Baker constitue ainsi un laboratoire grandeur nature de cette nouvelle génération d’écoles : moins énergivore, plus végétale, mieux protégée des fortes chaleurs mais aussi davantage intégrée à son quartier.
Pour la municipalité, l’enjeu est désormais de ne plus considérer les bâtiments scolaires uniquement sous l’angle de leur entretien. L’école doit être capable d’accompagner les évolutions climatiques et les nouveaux usages pendant plusieurs décennies.
Avec plus de 16,2 millions d’euros investis au total, le groupe scolaire Joséphine Baker illustre toutefois le coût considérable de cette transformation. Lorsque les derniers travaux seront achevés, l’établissement aura changé de visage presque intégralement, tout en conservant une partie de son identité architecturale.
Un chantier particulièrement observé à Dijon, parce qu’il donne aussi un aperçu de ce que pourraient devenir progressivement les écoles de la ville face aux défis climatiques, énergétiques et éducatifs des prochaines décennies.



























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