Partager

Huit mois après l’incendie criminel qui avait lourdement endommagé une partie de l’établissement, le collège Champollion de Dijon est prêt pour la rentrée. Les travaux de remise en état sont désormais achevés et les élèves doivent retrouver, dès le 1er septembre, un établissement entièrement opérationnel. Une rentrée très attendue après une année scolaire profondément perturbée.

À quelques jours de la rentrée, les derniers préparatifs ont remplacé le bruit des travaux. Mobilier, salles de classe, équipements : au collège Champollion, dans le quartier des Grésilles à Dijon, tout est désormais tourné vers le retour des élèves.

Une rentrée qui n’aura rien de tout à fait ordinaire.

Le 13 décembre 2025, au petit matin, une partie de l’établissement avait été ravagée par un incendie criminel. Le sinistre avait profondément bouleversé la vie du collège, de ses personnels, mais surtout celle de près de 500 élèves et de leurs familles.

Huit mois plus tard, l’établissement s’apprête à retrouver un fonctionnement complet. Selon le Département de la Côte-d’Or, les travaux de remise en état se sont achevés le 31 juillet dernier. Le mois d’août a ensuite permis d’installer le mobilier et de préparer les différents espaces avant le retour des collégiens. Au total, la réhabilitation représente un investissement de 1,4 million d’euros.

Une rentrée qui referme plusieurs mois de fonctionnement provisoire

Pour comprendre ce que représente cette réouverture, il faut revenir aux semaines qui avaient suivi l’incendie. Après le sinistre, l’enjeu avait été de permettre aux élèves de reprendre les cours le plus rapidement possible, sans attendre la reconstruction complète de la partie touchée.

Une organisation exceptionnelle avait alors été mise sur pied par le Département, en lien avec les services de l’État, la Région Bourgogne-Franche-Comté et la Ville de Dijon.

Dès le 5 janvier 2026, soit à la rentrée suivant les vacances de Noël, les élèves de 6e, 5e et 4e avaient pu revenir au collège Champollion. Ils avaient été répartis entre les salles du bâtiment resté intact et deux bâtiments modulaires installés dans l’enceinte de l’établissement.

Les élèves de 3e avaient connu une organisation différente. Les quatre classes de ce niveau avaient été accueillies au lycée Gustave-Eiffel, situé à proximité, tout en continuant à suivre les cours avec les personnels de Champollion.

Une solution provisoire, pensée notamment pour éviter une dispersion des élèves dans plusieurs établissements et préserver autant que possible les repères de la communauté scolaire.

Près de 500 élèves concernés

Au total, environ 490 collégiens avaient dû s’adapter à cette nouvelle organisation. Pendant plusieurs mois, la vie scolaire s’est donc poursuivie parallèlement au chantier. Il a fallu composer avec les salles provisoires, les déplacements d’une partie des élèves, mais également avec les contraintes d’un établissement dont une partie restait inaccessible.

Avant la reprise de janvier, le Service départemental d’incendie et de secours de Côte-d’Or avait notamment procédé à une analyse des risques. Les réseaux électriques, informatiques et les différents dispositifs de sécurité des bâtiments utilisés avaient été vérifiés avant le retour des élèves.

L’objectif affiché dès décembre était cependant de ne pas laisser cette situation provisoire s’installer au-delà de l’année scolaire. La perspective avait été fixée très tôt : retrouver un collège entièrement réhabilité pour septembre 2026. Le calendrier a finalement été respecté.

Un chantier mené jusqu’au cœur de l’été

La partie touchée par les flammes a nécessité plusieurs mois d’intervention. Dès les premières heures qui ont suivi l’incendie, le Conseil départemental de la Côte-d’Or, sous l’impulsion de son président François Sauvadet, s’est engagé à permettre aux élèves de retrouver leur établissement dans les meilleurs délais.

Lors des premières évaluations réalisées après le sinistre, le Département estimait le coût du chantier entre 1,5 et 2 millions d’euros. Malgré l’ampleur des dégâts, la collectivité a maintenu son objectif : achever les travaux pour la rentrée de septembre 2026.

Le montant définitif communiqué à l’approche de la rentrée s’établit finalement à 1,4 million d’euros. Les travaux ont été menés jusqu’au 31 juillet, avant de laisser place, durant le mois d’août, à l’aménagement intérieur et à l’installation du mobilier.

Cet engagement a été respecté. Pour le Département, qui assure notamment la construction, l’entretien et l’équipement des collèges publics, le collège Champollion constituait l’un des principaux chantiers de cette rentrée. La collectivité indique que l’établissement est désormais prêt à accueillir l’ensemble de ses élèves dans des locaux rénovés et pleinement opérationnels.

Une nuit qui avait profondément marqué le quartier

Le retour à la normale ne fera toutefois pas disparaître le souvenir de la nuit du 12 au 13 décembre. Cette nuit-là, le feu avait pris dans une partie du collège. Dix-huit sapeurs-pompiers avaient été mobilisés pour intervenir sur le sinistre. Très rapidement, la piste accidentelle avait été écartée.

Des éléments découverts sur les lieux avaient conduit les enquêteurs à privilégier le caractère volontaire de l’incendie. L’affaire avait immédiatement provoqué une importante réaction politique et institutionnelle, jusqu’au déplacement à Dijon, deux jours plus tard, des ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale.

Au-delà des dégâts matériels, c’était le fait même qu’un établissement scolaire ait été pris pour cible qui avait suscité une forte émotion.

Cinq personnes interpellées au cours de l’enquête

L’enquête s’était ensuite poursuivie pendant plusieurs semaines. Le 20 janvier 2026, cinq personnes avaient été interpellées à Dijon dans le cadre des investigations.

Selon la Police nationale, l’exploitation des images de vidéosurveillance ainsi que les relevés ADN effectués par les enquêteurs et la police scientifique avaient joué un rôle important dans l’identification des personnes mises en cause.

L’opération avait mobilisé une cinquantaine de policiers, parmi lesquels des effectifs de la brigade de recherche et d’intervention, de la brigade anticriminalité, de la brigade d’intervention et de la division de la criminalité territoriale. Parmi les personnes interpellées figuraient quatre mineurs âgés de 15 à 17 ans ainsi qu’une femme de 27 ans.

L’information judiciaire ouverte après l’incendie devait notamment permettre de déterminer précisément les responsabilités de chacun dans cette attaque.

La priorité avait été de maintenir les élèves à l’école

Au lendemain de l’incendie, l’une des premières inquiétudes concernait évidemment la scolarité. Le collège avait été rendu en partie inutilisable à seulement quelques jours des vacances de Noël, et les familles ignoraient encore dans quelles conditions leurs enfants pourraient reprendre les cours en janvier.

Lors de sa venue à Dijon le 15 décembre, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray avait insisté sur la nécessité de rescolariser le plus grand nombre d’élèves directement sur le site ou à proximité immédiate.

Une attention particulière avait aussi été portée aux élèves de troisième, alors engagés dans une année déterminante avec la préparation du diplôme national du brevet et leurs choix d’orientation.

Le ministre était revenu au collège Champollion le 6 février, près de deux mois après l’incendie, pour rencontrer les élèves, les enseignants et l’équipe de direction et constater les conditions dans lesquelles les cours avaient repris.

Le 1er septembre, tous réunis à Champollion

La rentrée 2026 va donc marquer une nouvelle étape. Cette fois, plus de séparation entre les élèves accueillis dans les bâtiments habituels, ceux installés dans les modulaires et les classes de troisième transférées au lycée voisin. Tous doivent pouvoir retrouver le collège Champollion.

Pour les nouveaux élèves de sixième qui franchiront pour la première fois les portes de l’établissement, l’incendie appartient déjà à l’histoire récente du collège. Pour ceux qui y étaient scolarisés l’année dernière, cette rentrée aura nécessairement une autre dimension.

Ils retrouveront un établissement qu’ils ont vu, pendant des mois, fonctionner entre espaces préservés, installations provisoires et chantier de reconstruction. Pour les personnels aussi, le 1er septembre devrait signifier la fin d’une période particulièrement inhabituelle.

Au-delà de Champollion, 23 000 collégiens attendus en Côte-d’Or

La réouverture intervient dans une rentrée plus large qui concernera environ 23 000 jeunes dans les 54 collèges de Côte-d’Or. Le Département annonce avoir consacré près de 17 millions d’euros à l’entretien, la rénovation et l’équipement des collèges, avec de nombreux chantiers réalisés pendant les vacances scolaires.

Mais à Dijon, l’attention sera probablement particulière devant les portes de Champollion. Car cette rentrée ne représente pas seulement la livraison d’un chantier.

Elle marque aussi le retour de toute une communauté scolaire dans un établissement qui, huit mois auparavant, avait été brutalement atteint par un acte criminel.

Les murs ont été réparés. Les salles réaménagées. Le mobilier remis en place. Mardi 1er septembre, ce seront désormais les élèves qui redonneront pleinement vie au collège. Après huit mois d’une année hors norme, Champollion va pouvoir retrouver ce pour quoi il est fait : accueillir ses collégiens.


Au lendemain de l’incendie, l’ampleur des dégâts était particulièrement impressionnante. Plusieurs espaces du collège avaient été lourdement touchés par les flammes et les fumées, laissant derrière elles des locaux noircis et fortement dégradés. Notre rédaction s’était alors rendue sur place pour constater les conséquences du sinistre. La vidéo que nous avions tournée à l’époque, à retrouver ci-dessous, permet de mesurer le chemin parcouru depuis et l’importance des travaux réalisés pour permettre aux élèves de retrouver leur collège à la rentrée.

Publicité

Partager cet article

Signaler une erreur dans cet article

Commentaires 0

Connectez-vous pour pouvoir insérer des images dans vos commentaires.

Soyez le premier à commenter cet article.