Le dossier du CSL Chenôve continue d’alimenter le débat local. Le 21 août 2026, Dijon Actualités informait ses lecteurs de la décision de la Ville de Chenôve de suspendre la mise à disposition de ses équipements sportifs au club de football. Le 27 août, le groupe d’opposition « Le Bon Sens 100 % Chenôve » dénonçait pour sa part un traitement qu’il jugeait inégal entre les clubs sportifs de la commune.
À la suite de cette réaction, le maire de Chenôve, Thierry Falconnet, a pris la parole sur les réseaux sociaux. Dans un long message, il défend la décision municipale et affirme que la situation du club ne saurait être réduite à une simple dette de quelques milliers d’euros.
Dijon Actualités a pu consulter le procès-verbal de la Commission Statut – Règlements Obligations Clubs du District de Côte-d’Or, réunie le 17 août 2026 (PROCES-VERBAL COMMISSION STATUT – REGLEMENTS OBLIGATIONS CLUBS
PV N°9 SROC/2). Le document retrace, date après date, les incidents de paiement, les délais accordés et les décisions prises à l’encontre du CSL Chenôve.
9 février 2026 : un premier chèque rejeté
Le premier incident mentionné dans le procès-verbal remonte au 9 février 2026. Un chèque d’un montant de 1 876,79 euros, émis par le CSL Chenôve en règlement d’un relevé de compte, est rejeté pour défaut de provision.
Le 27 février, le président du club demande que ce chèque soit représenté.
27 mars 2026 : le club évoque des difficultés financières
Le 27 mars, le président du club demande la représentation du chèque. Le CSL Chenôve sollicite une « indulgence exceptionnelle » en raison de difficultés financières. Le club indique qu’une subvention doit être versée le lendemain, une information qui, selon le procès-verbal, est confirmée par le président de l’Office municipal des sports.
28 avril 2026 : deux nouveaux chèques rejetés
Le comptable de la Ligue informe le club du rejet de deux chèques, intervenus les 24 mars et 28 avril 2026. Le même jour, le club invoque des difficultés bancaires et annonce le versement d’une subvention au 20 mai 2026.
29 avril 2026 : un délai supplémentaire est accordé
Le lendemain, le président du District accorde au club un délai supplémentaire jusqu’au 26 mai pour lui permettre de régulariser sa situation financière.
Le 26 mai, le CSL Chenôve indique avoir déposé un nouveau règlement.
10 juin 2026 : un chèque de 2 278,47 euros rejeté à son tour
Le 10 juin, ce nouveau chèque, d’un montant de 2 278,47 euros, est à son tour rejeté. Le président du District informe immédiatement le club de ce nouvel impayé et sollicite une nouvelle échéance de représentation.
10 juillet 2026 : le CSL Chenôve demande un échéancier
Un mois plus tard, le 10 juillet, le club demande la mise en place d’un échéancier.
Le 12 juillet, le District propose un échéancier portant sur une dette globale de 6 700 €. Le même jour, le club accepte le principe d’un remboursement sur 12 mensualités, du 25 juillet 2026 au 25 juin 2027, en annonçant un premier versement immédiat sans en préciser le montant. Toutefois, lors des échanges avec le District, le président du club indique ne pas être en mesure de garantir avec certitude le respect des échéances proposées, compte tenu de la situation financière du club.
13 juillet 2026 : le club placé en situation d’infraction financière
la Ligue Bourgogne-Franche-Comté de Football publie son procès-verbal dressant la liste des clubs en situation d’infraction financière et précisant que le club de Chenôve doit faire l’objet d’une interdiction d’accès aux dossiers d’engagement des équipes en compétitions de Ligue et de District. Le même jour, le président du club répond par courriel avoir pris acte de cette décision et indique avoir régularisé la situation auprès de M. Nuth.
31 juillet 2026 : un virement de 600 euros effectué
Le 31 juillet, un virement de 600 euros est effectué sur le compte du District.
6 août 2026 : la dette envers la Ligue est régularisée, pas celle envers le District
Il est constaté que le club a procédé au règlement de sa dette auprès de la Ligue Bourgogne-Franche-Comté de Football, conformément au PV du 6 août 2026. En revanche, la dette envers le District demeure à ce jour non régularisée.
17 août 2026 : une dette de 6 100 euros toujours constatée
Lors de sa réunion du 17 août, la commission reprend l’ensemble du dossier avant de statuer. Dans ses considérants, elle rappelle que plusieurs règlements effectués par le club ont été rejetés pour défaut de provision et que le District a accordé plusieurs délais exceptionnels afin de permettre une régularisation.
La commission estime toutefois que ces délais et les engagements pris n’ont pas permis de rétablir durablement la situation financière du club.
Elle établit alors la dette du CSL Chenôve à 6 100 euros au titre de la saison 2025-2026.
Le procès-verbal rappelle également qu’un échéancier de remboursement avait été proposé par le District afin de permettre une régularisation progressive de la dette, mais que le président du club avait indiqué ne pas pouvoir garantir le respect des échéances proposées.
La commission souligne ensuite que la Ligue Bourgogne-Franche-Comté de Football avait inscrit le CSL Chenôve sur la liste des clubs en infraction financière et transmis cette décision aux Districts pour application.
Elle prend cependant acte du fait que le club a régularisé sa situation financière auprès de la Ligue, comme l’indique le procès-verbal de la LBFC du 6 août. En revanche, la dette envers le District n’avait toujours pas été régularisée au 17 août.
Le District indique également que cette situation s’inscrit dans un « historique de difficultés financières récurrentes du club ». Enfin, le procès-verbal précise qu’au 17 août 2026, le CSL Chenôve n’avait toujours pas repris contact avec le président du District.
Le District prononce le non-engagement des équipes jeunes et seniors
Au terme de cet examen, la commission constate que le CSL Chenôve demeure en situation d’impayé envers le District. Elle relève également que l’échéancier proposé n’a pas pu être mis en place, le président du club n’étant pas en mesure d’en garantir le respect. En conséquence, la commission prononce le non-engagement des équipes seniors et jeunes du CSL Chenôve dans les compétitions organisées par le District jusqu’à régularisation complète de sa situation financière.
La décision est notifiée au club ainsi qu’à la Ligue Bourgogne-Franche-Comté de Football.
Le District rappelle par ailleurs que les délais accordés au cours de la saison 2025-2026 avaient un caractère « strictement exceptionnel ». Selon la commission, la répétition des incidents de paiement, l’absence de régularisation de la dette et l’impossibilité de garantir le respect d’un échéancier justifient cette décision.
Le document précise que la mesure est prise dans le respect des principes d’équité entre les clubs et des obligations financières envers les instances. Cette décision est susceptible d’appel devant la commission départementale d’appel, conformément aux règlements généraux de la Fédération française de football.
Thierry Falconnet défend une mesure « conservatoire »
Dans sa réponse à l’opposition, Thierry Falconnet insiste sur le fait que la décision de suspendre la mise à disposition des équipements municipaux constitue, selon lui, une mesure conservatoire et non une sanction dirigée contre les joueurs.
Le maire estime que la municipalité ne pouvait pas laisser reprendre normalement les inscriptions et les entraînements alors que les équipes du CSL Chenôve n’étaient plus en mesure d’être engagées dans les compétitions du District tant que la situation financière n’était pas régularisée.
Selon lui, permettre à des familles de payer leur cotisation dans ces conditions aurait fait courir le risque qu’elles s’engagent financièrement sans disposer de la garantie que leurs enfants puissent participer aux compétitions.
Thierry Falconnet reproche également au groupe « Le Bon Sens 100 % Chenôve » de présenter une lecture tronquée de la situation et de comparer le dossier du football avec celui du rugby chenevelier, estimant que les deux situations ne peuvent pas être mises sur le même plan.
Une plainte déposée sur fond de fortes suspicions
Un autre volet, distinct de la situation financière du club, vient désormais s’ajouter au dossier. Dans sa réaction publique, Thierry Falconnet fait état de sérieux doutes concernant l’authenticité de certains documents et messages qui auraient été transmis au nom de l’Office municipal des sports.
Ces interrogations ont suscité une vive inquiétude du côté de l’OMS. Son président a finalement décidé de déposer plainte, un dépôt que Dijon Actualités est en mesure de confirmer.
À ce stade, il convient naturellement de rester prudent sur la nature exacte des faits et sur d’éventuelles responsabilités. Le dépôt d’une plainte ne préjuge pas des conclusions qui pourront être tirées par les enquêteurs ou par la justice. Il traduit néanmoins le niveau de suspicion entourant désormais une partie de ce dossier.
Toute la lumière devra donc être faite sur cette affaire, notamment sur l’origine, l’authenticité et les conditions dans lesquelles les documents ou messages concernés auraient été produits ou transmis. Il appartiendra désormais aux autorités compétentes de déterminer précisément les faits et, le cas échéant, d’établir les responsabilités.
Une décision municipale prise dans un contexte particulièrement dégradé
À la lecture du procès-verbal du District, la décision de la Ville de Chenôve ne peut en tout cas être analysée indépendamment du contexte dans lequel elle a été prise.
Lorsque la municipalité a décidé de suspendre provisoirement la mise à disposition de ses équipements au CSL Chenôve, elle disposait d’éléments faisant état de plusieurs règlements rejetés pour défaut de provision, de délais exceptionnels accordés sans régularisation durable, d’une dette de 6 100 euros envers le District et de l’impossibilité pour le président du club de garantir le respect de l’échéancier proposé.
Surtout, le District avait décidé de ne pas engager les équipes jeunes et seniors du CSL Chenôve dans ses compétitions tant que la situation financière du club ne serait pas intégralement régularisée.
Dans ces conditions, la Ville et son maire, Thierry Falconnet, avaient la responsabilité de prendre en compte ces alertes. Maintenir sans aucune précaution l’accès aux équipements et permettre une reprise normale des inscriptions aurait pu conduire des familles à engager des frais alors même que la participation des équipes aux compétitions n’était pas garantie.
La mesure conservatoire décidée par la municipalité apparaît ainsi directement liée aux éléments objectifs dont elle disposait au moment de prendre sa décision. Elle ne règle évidemment pas à elle seule la situation du CSL Chenôve, mais elle répond à une obligation de prudence dans l’utilisation d’équipements publics et dans l’information des familles concernées.
La suite du dossier devra désormais permettre de répondre à plusieurs questions : le règlement de la dette envers le District, les conditions d’une éventuelle reprise sportive du CSL Chenôve et, parallèlement, les faits ayant conduit le président de l’OMS à saisir la justice.
Sur ce dernier point, seule l’enquête permettra d’établir ce qui s’est réellement passé. Mais compte tenu des éléments financiers consignés par le District et des interrogations désormais portées devant la justice, la prudence adoptée par la Ville de Chenôve et son maire apparaît, à ce stade, difficilement contestable sur son principe.
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