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L’association EVAD – Ensemble à vélo dénonce une nouvelle agression visant un cycliste à Dijon, ce mercredi 2 septembre. Selon son récit, une automobiliste aurait volontairement percuté un homme à vélo après une altercation boulevard Clemenceau. Au-delà de cet épisode, l’association interpelle les pouvoirs publics sur la sécurité des cyclistes et le partage de l’espace public.

Un nouvel épisode de violence routière provoque l’indignation des défenseurs du vélo à Dijon. Ce mercredi 2 septembre 2026, un cycliste dijonnais a été heurté par une automobiliste alors qu’il circulait boulevard Clemenceau, selon un communiqué publié par l’association EVAD – Ensemble à vélo.

D’après le récit de l’association, le cycliste circulait sur la chaussée principale afin de contourner des obstacles présents au niveau de l’aménagement cyclable situé le long du boulevard. Il aurait alors été klaxonné à plusieurs reprises par une automobiliste circulant derrière lui.

Le cycliste se serait finalement arrêté afin de comprendre les raisons de ces coups de klaxon. Selon EVAD, la conductrice aurait alors poursuivi sa route et heurté volontairement le cycliste avec son véhicule.

La victime doit consulter un médecin afin de faire constater les blessures et plaies provoquées par le choc. Une plainte doit ensuite être déposée, indique l’association.

À ce stade, ces circonstances correspondent à la version communiquée par EVAD. Les éventuelles qualifications pénales et le caractère volontaire du geste devront être établis dans le cadre de l’enquête.

« Comment accepter que nous en soyons encore là ? »

L’association dijonnaise refuse toutefois de considérer cet événement comme une simple altercation isolée entre un automobiliste et un cycliste.

Dans son communiqué, EVAD fait directement le rapprochement avec plusieurs épisodes récents de violences envers des personnes circulant à vélo.

Une semaine plus tôt, le 26 août, la Fédération française des Usagères et Usagers de la Bicyclette (FUB) avait elle-même publié un communiqué après l’agression particulièrement grave d’un cycliste à Paris, poignardé au cou à la suite d’un différend routier. La fédération dénonçait alors un « continuum d’agressions, de menaces, d’intimidations et de mises en danger » visant les cyclistes et appelait l’État à prendre des mesures concrètes.

À Dijon, EVAD pose aujourd’hui la même question : « Comment accepter que nous en soyons encore là ? »

L’association évoque également le souvenir de Paul Varry, cycliste parisien mort le 15 octobre 2024 après avoir été écrasé par le conducteur d’un SUV boulevard Malesherbes, à Paris, à la suite d’une altercation. Le conducteur avait été mis en examen pour meurtre. En mai 2026, une juge d’instruction a ordonné son renvoi devant la cour d’assises pour meurtre, considérant que le cycliste avait été volontairement percuté.

Cette affaire, devenue emblématique des violences routières visant les cyclistes, avait suscité de nombreux rassemblements dans toute la France, dont un hommage organisé à Dijon en octobre 2024.

EVAD pointe une responsabilité politique

Pour EVAD, la répétition de ces incidents doit conduire à dépasser la seule question des comportements individuels.

« La responsabilité est aussi, et surtout, politique », affirme l’association.

Elle estime que la confrontation entre automobilistes, cyclistes et autres usagers est alimentée par un espace public dans lequel les différents modes de déplacement restent insuffisamment séparés et sécurisés.

L’association met particulièrement en cause les situations où les cyclistes doivent quitter un aménagement qui leur est destiné en raison de travaux, d’obstacles ou de ruptures de continuité.

C’est précisément ce qu’elle reproche à la configuration actuelle du boulevard Clemenceau.

Le secteur est concerné par des travaux. Selon EVAD, les obstacles rencontrés sur l’espace cyclable obligent les personnes à vélo à se reporter ponctuellement sur la chaussée, où elles se retrouvent directement confrontées au trafic automobile.

Une situation que l’association juge d’autant moins acceptable que le Schéma directeur cyclable 2023-2030 de Dijon Métropole prévoit explicitement la prise en compte des cyclistes lors de travaux sur l’espace public.

Le document adopté en 2023 fixe notamment comme objectif d’assurer la continuité du service cyclable et rappelle la nécessité de sécuriser les déplacements des piétons et cyclistes aux abords des chantiers. Le schéma directeur cyclable constitue aujourd’hui le document de référence de la métropole pour le développement et la sécurisation de son réseau.

EVAD cite notamment cet engagement de la collectivité : lors de travaux ayant un impact sur l’espace public, les déviations doivent prendre en compte l’ensemble des modes de déplacement et préserver la sécurité ainsi que le confort des mobilités actives.

Dès lors, demande l’association, pourquoi cette exigence ne serait-elle pas suffisamment respectée boulevard Clemenceau ? Elle cite également le boulevard de la Trémouille parmi les secteurs où les conditions de circulation des cyclistes restent, selon elle, problématiques.

Des infrastructures qui doivent empêcher le conflit

Derrière l’événement de ce mercredi, c’est donc toute la question de l’aménagement de la ville qui est soulevée.

Pour les associations cyclistes, une infrastructure sûre ne doit pas simplement indiquer aux automobilistes et aux cyclistes où circuler. Elle doit, autant que possible, empêcher physiquement les situations de conflit.

Dijon Métropole met en avant plus de 350 kilomètres d’aménagements cyclables sur son territoire et poursuit la transformation de plusieurs axes. La collectivité cite notamment le réaménagement de la place du 30-Octobre, longtemps identifiée comme un point noir pour les cyclistes, où des séparations physiques entre voitures et vélos ont été installées lors de travaux réalisés en 2024.

Pour EVAD, le développement du réseau ne peut néanmoins être évalué uniquement au nombre de kilomètres aménagés : la continuité des itinéraires, leur lisibilité et leur sécurité lors des travaux restent déterminantes.

Une piste interrompue, neutralisée ou encombrée peut en effet contraindre un cycliste à se réinsérer brutalement dans la circulation générale. Et lorsque les automobilistes considèrent à tort que la présence d’un vélo sur la chaussée constitue une gêne ou une anomalie, le risque de conflit augmente.

L’agression présumée du boulevard Clemenceau constitue, aux yeux d’EVAD, une illustration particulièrement brutale de cette tension.

« Et si cela avait été un enfant ? »

L’association formule également une interrogation volontairement provocatrice : « Et si cela avait été un enfant ? »

EVAD rappelle qu’elle interpelle depuis plusieurs années les collectivités locales sur les conditions de déplacement à vélo dans l’agglomération.

En octobre 2024, l’association avait participé à un rassemblement devant le Palais des ducs de Bourgogne pour rendre hommage à Paul Varry et dénoncer les violences motorisées.

En juin 2025, des cyclistes avaient également marché rue de la Liberté, vélo à la main, pour contester les restrictions imposées à la circulation cycliste dans le centre-ville et réclamer des itinéraires alternatifs jugés suffisamment sûrs.

Depuis plusieurs mois, Dijon accueille en outre une « Masse Critique », rassemblement cycliste organisé régulièrement avec un objectif à la fois festif et militant : rendre les cyclistes visibles et réaffirmer leur place dans l’espace public.

Pour EVAD, ces mobilisations témoignent d’un sentiment d’urgence qui ne faiblit pas.

Un appel adressé aux élus de la métropole

Dans son communiqué, l’association interpelle directement Dijon Métropole ainsi que les élus des 23 communes qui la composent.

Elle réclame une accélération des mesures destinées à protéger les cyclistes, notamment autour des zones de travaux, ainsi qu’une prise en compte systématique des continuités cyclables lors des modifications temporaires de circulation.

L’association appelle également à une réponse plus ferme face aux comportements dangereux sur la route et estime que les victimes doivent pouvoir déposer plainte et être entendues lorsque des faits de violence ou de mise en danger sont signalés.

La FUB avait formulé, quelques jours auparavant, une demande comparable à l’échelle nationale. Après l’agression au couteau d’un cycliste à Paris, la fédération estimait que les violences commises dans le contexte de conflits routiers ne pouvaient plus être traitées uniquement comme une succession de faits divers et réclamait davantage de protection et de réponses publiques.

EVAD reprend aujourd’hui cette alerte à l’échelle dijonnaise.

Pour l’association, l’enjeu dépasse largement le seul boulevard Clemenceau : il s’agit de déterminer quelle place une agglomération entend réellement accorder aux personnes qui choisissent de se déplacer à vélo.

Et le message adressé aux responsables publics est sans ambiguïté : agir avant qu’un nouvel affrontement ne se transforme en drame.

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Commentaires 2

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Marlène
bonjour,Cycliste régulière (pour mes trajets boulot et perso), je trouve que dans l'ensemble les automobilistes demeurent  plutôt sympathiques ; en tout cas, j'essaye de respecter au maximum les règles tant routières que de civilité. Mais il est vrai que les mises en danger sont souvent liés à des zones de travaux qui prennent très mal en considération la circulation cycliste (y compris lorsque c'est sur une zone cyclable !). Actuellement sur mon trajet habituel, au niveau de l'entreprise Safran, la zone cyclable est coupée et rien n'a été prévu pour détournée la circulation des cyclistes, qui donc doit se faire sur la route , avec une sortie de piste non balisée.
Marlène Marlène
Mais je constate effectivement qu'avec le retour au travail, la fin des vacances et une circulation plus dense, les conditions de circulation sont plus compliquées et plus nerveuses !