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Olivier Caracotch a bien quitté ses fonctions de procureur de la République de Dijon à la fin du mois d’août. Comme Dijon Actualités l’avait annoncé dès le 20 août, le magistrat rejoint la cour d’appel de Besançon, où il a été nommé procureur général. Au moment de dresser le bilan de ses cinq années en Côte-d’Or, une déclaration accordée à nos confrères du Bien Public retient toutefois l’attention : celle concernant la disparition des points de deal à Chenôve et aux Grésilles. Une affirmation qu’il convient de lire précisément, sans lui faire dire davantage que ce qu’elle dit.

Cette fois, le passage de relais est effectif. Olivier Caracotch n’est plus procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon. Après près de cinq années passées à la tête du parquet dijonnais, le magistrat quitte la Côte-d’Or pour rejoindre Besançon.

Dijon Actualités avait annoncé ce départ le 20 août dernier. La nomination était alors déjà officielle : par décret du président de la République en date du 6 mai 2026, Olivier Caracotch a été nommé pour exercer les fonctions de procureur général près la cour d’appel de Besançon.

Son successeur à Dijon, Arnaud Viornery, a pris ses fonctions au 1er septembre. Sur ce point, donc, aucun doute : Olivier Caracotch a bien quitté le parquet de Dijon.

« Plus de points de deal à Chenôve et aux Grésilles »

À l’occasion de son départ, Olivier Caracotch a accordé un entretien à nos confrères du Bien Public. Revenant notamment sur la lutte contre le trafic de stupéfiants durant son passage à Dijon, il a livré cette phrase :

« Mais très honnêtement, si on m’avait dit, quand je suis arrivé, qu’il n’y aurait plus de points de deal à Chenôve et aux Grésilles, quand je partirai, je ne l’aurais pas cru. »

La déclaration est forte. Elle mérite cependant d’être lue avec précision. Olivier Caracotch évoque Chenôve et le quartier des Grésilles, et non l’ensemble de Dijon ou de la métropole. Surtout, la disparition de points de deal identifiés ne signifie pas nécessairement la disparition du trafic de stupéfiants. C’est une nuance essentielle.

Disparition des points fixes ou transformation du trafic ?

Dijon Actualités ne remet pas en cause la parole de l’ancien procureur de la République. Nous n’avons aucun élément permettant d’affirmer que les points de deal auxquels il fait référence à Chenôve et aux Grésilles seraient toujours actifs sous leur ancienne forme.

Mais une question demeure : que recouvre aujourd’hui exactement la notion de “point de deal” ?

Car le trafic évolue.

Les autorités elles-mêmes constatent désormais à l’échelle nationale une diminution de certains points de vente physiques parallèlement au développement d’autres méthodes : commandes par messageries, réseaux sociaux, livraisons à domicile ou déplacements rapides des vendeurs.

Autrement dit, faire disparaître un point de deal visible au pied d’un immeuble constitue incontestablement un résultat pour les forces de l’ordre et la justice. Cela ne permet toutefois pas, à lui seul, de conclure à la disparition du trafic dans un quartier.

Et Fontaine-d’Ouche ?

C’est précisément là que les interrogations demeurent. À Dijon, les problématiques liées aux stupéfiants ne se résument pas aux Grésilles. Fontaine-d’Ouche, notamment, reste régulièrement cité lorsqu’il est question de trafic, tout comme d’autres secteurs de l’agglomération.

Sur le terrain, des habitants continuent également de faire état de comportements ou de situations qu’ils associent au trafic de stupéfiants.

Ces témoignages et observations doivent évidemment être maniés avec prudence : voir des regroupements ou des mouvements inhabituels ne suffit pas à établir juridiquement l’existence d’un point de deal.

Mais ils justifient une question simple : la disparition de points de vente connus traduit-elle une disparition durable du trafic, ou son déplacement et sa transformation ?

C’est une interrogation légitime.

Un bilan qui devra aussi être mesuré dans le temps

La lutte contre le narcotrafic a occupé une place importante durant les cinq années d’Olivier Caracotch à Dijon. Les opérations policières, les interpellations, les saisies et les procédures judiciaires ont incontestablement bouleversé certaines organisations implantées localement.

Le constat dressé par l’ancien procureur sur Chenôve et les Grésilles constitue donc un élément de son bilan.

Il faudra cependant du recul pour savoir si ces résultats sont durables.

Un point de deal démantelé peut disparaître définitivement. Il peut aussi se déplacer, se reconstituer quelques rues plus loin ou laisser place à une organisation beaucoup moins visible. C’est d’ailleurs aujourd’hui l’un des principaux défis des services chargés de combattre le narcotrafic.

Une page se tourne à Dijon

Une certitude demeure : Olivier Caracotch a quitté Dijon. Arrivé en septembre 2021, il aura dirigé le parquet pendant près de cinq ans avant cette promotion à Besançon. Dijon Actualités avait annoncé son départ avant qu’il ne devienne effectif. Il l’est désormais.

Quant à savoir si Dijon, Chenôve et plus largement la métropole ont réellement tourné la page des points de deal, la réponse mérite probablement davantage qu’une photographie prise au moment d’un changement de procureur.

Les prochains mois permettront de mesurer si les positions démantelées le restent durablement et, surtout, si le trafic recule réellement ou s’il change simplement de visage.

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