À la suite de l’inauguration de l’unité de valorisation énergétique rénovée de Dijon, le groupe local Les Écologistes 21 – Dijon Métropole Nord Côte-d’Or critique la politique menée par la métropole en matière de déchets. Sans contester l’utilité de la modernisation de l’incinérateur ni celle du réseau de chaleur, les écologistes réclament une stratégie donnant davantage de place à la réduction des déchets, au réemploi et au recyclage.
L’inauguration de l’unité de valorisation énergétique (UVE) rénovée de Dijon relance le débat sur la politique de traitement des déchets dans la métropole. Dans un communiqué publié jeudi 10 septembre, le groupe local Les Écologistes 21 – Dijon Métropole Nord Côte-d’Or reconnaît que la modernisation de l’incinérateur peut être utile, mais estime que l’investissement s’inscrit dans une politique qui « ne correspond plus aux besoins du territoire ».
Au cœur de leurs critiques figure le montant consacré à cette rénovation, chiffré à 193 millions d’euros dans le communiqué. Pour les écologistes, le choix de concentrer autant de moyens sur un équipement technique traduit une conception insuffisante de la transition écologique. Ils reprochent à l’exécutif métropolitain de chercher à donner l’impression que celle-ci pourrait être menée essentiellement grâce à de nouvelles infrastructures, « sans faire évoluer nos modes de vie ».
Le groupe écologiste établit notamment un parallèle avec le précédent projet hydrogène lié à l’énergie produite par l’incinération des déchets. Selon le communiqué, ce projet s’est achevé par un arrêt définitif et aurait représenté une perte nette de 15 millions d’euros à la charge des contribuables. Cet épisode est présenté par les écologistes comme l’illustration des limites d’une politique donnant la priorité aux grands projets technologiques plutôt qu’à une transformation plus globale des pratiques.
Réduire les déchets avant de chercher à les brûler
Au-delà de la question financière, c’est surtout la philosophie même de la politique métropolitaine qui est contestée. Les écologistes considèrent que la rénovation de l’UVE a été pensée pour permettre de continuer à alimenter fortement l’incinérateur afin de produire de la chaleur. Ils dénoncent ainsi une logique consistant à « bourrer l’incinérateur », y compris avec des déchets humides, dans le but d’alimenter le réseau de chaleur.
Le communiqué ne remet cependant pas en cause l’existence de ce réseau de chaleur. Ses auteurs défendent plutôt une hiérarchie différente dans le traitement des déchets : réduire leur production en premier lieu, favoriser ensuite le réemploi et le recyclage, puis ne recourir à la valorisation énergétique que pour les déchets résiduels. Une orientation qui aurait également été défendue par des citoyens dans le cadre du Conseil de développement de Dijon métropole.
Selon Les Écologistes 21, les participants à cette instance consultative se seraient « clairement et unanimement exprimés » en faveur d’une politique donnant la priorité à la prévention et au recyclage, sans pour autant remettre en question l’intérêt du réseau de chaleur. Pour le groupe, les attentes exprimées par ces citoyens auraient dû davantage peser dans les choix effectués avant la décision de rénover l’incinérateur.
Une tarification incitative réclamée
Parmi les mesures mises en avant figure tout d’abord la création d’une tarification incitative pour la collecte des déchets. Le principe défendu consiste à encourager davantage le tri et le recyclage en faisant évoluer le mode de facturation de la collecte. Le communiqué assure qu’un tel système peut contribuer à limiter les dépenses, notamment parce que les matières recyclées peuvent être revendues et que leur traitement présenterait un coût à la tonne inférieur à celui de l’incinération.
Les écologistes souhaitent également revoir l’organisation des collectes à Dijon. Ils proposent de remplacer l’une des collectes hebdomadaires de la poubelle grise par une collecte en porte-à-porte des déchets verts dans les zones d’habitat dense. Selon eux, cette évolution pourrait être effectuée sans coût supplémentaire pour la collectivité et faciliterait surtout l’extraction des déchets de cuisine des ordures destinées à l’incinération.
Cette question des biodéchets est centrale dans leur argumentation. Les déchets de cuisine sont en grande partie humides et brûlent donc moins efficacement. Les écologistes regrettent qu’une majorité d’entre eux soit, selon leur communiqué, encore envoyée à l’incinérateur. À leurs yeux, mieux les séparer permettrait d’éviter d’alimenter inutilement l’UVE avec des matières peu adaptées à la combustion.
Le réemploi présenté comme un levier écologique et économique
Troisième axe défendu : une politique beaucoup plus ambitieuse en faveur de la réduction des déchets et du réemploi. Les auteurs du communiqué y voient un double bénéfice. Le développement du réemploi permettrait à la fois de réduire l’empreinte écologique du territoire et de soutenir le pouvoir d’achat des habitants en prolongeant la durée de vie des objets plutôt qu’en les transformant rapidement en déchets.
Pour Les Écologistes 21, ces changements ne seraient pas contradictoires avec le fonctionnement du réseau de chaleur métropolitain. Leur critique porte donc moins sur le principe de la valorisation énergétique que sur la place qui lui est accordée dans l’ensemble de la politique des déchets. L’incinération devrait, selon eux, intervenir « en dernier recours seulement », après la réduction, le réemploi et le recyclage.
Le groupe accuse finalement l’exécutif de Dijon métropole d’avoir privilégié une stratégie coûteuse et héritée, selon ses mots, d’une « logique du siècle passé ». Il estime que les 193 millions d’euros investis pèseront sur les finances de la collectivité et regrette que la volonté des citoyens de faire évoluer leurs pratiques ne soit pas davantage accompagnée par les politiques publiques.
Dans son communiqué, le groupe local conclut en dénonçant un investissement présenté comme écologique mais qu’il juge « mal calibré pour les besoins du territoire ». Derrière la rénovation de l’incinérateur se dessine ainsi un débat plus large : celui de la place à accorder à l’incinération dans une politique de transition écologique, entre valorisation énergétique des déchets résiduels et volonté de réduire, dès l’origine, la quantité de déchets à traiter.
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