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Du 14 au 20 septembre 2026, 22 initiatives citoyennes seront mises à l’honneur dans toute la Bourgogne-Franche-Comté à l’occasion de la quatrième édition du Festival des solutions écologiques. Cette année, la manifestation régionale se concentre sur un enjeu très concret : l’accès à une alimentation locale, durable et de qualité.

Pendant une semaine, la transition écologique prendra des formes très concrètes aux quatre coins de la Bourgogne-Franche-Comté. Du 14 au 20 septembre, la Région organise la quatrième édition de son Festival des solutions écologiques, un rendez-vous destiné à valoriser les initiatives portées par les habitants du territoire. Pour cette édition 2026, 22 projets ont été sélectionnés autour d’un fil rouge : l’alimentation locale et durable.

Créé en 2020, le festival entend démontrer que la transition environnementale ne relève pas seulement de grandes politiques publiques, mais peut aussi se construire à l’échelle d’un village, d’un quartier, d’une association ou d’un collectif d’habitants. Au fil des éditions, plus de 528 actions locales ont ainsi été valorisées et quelque 50 000 visiteurs ont participé à la manifestation. Pour 2026, l’appel à projets a suscité 140 candidatures. Après examen des dossiers par les services régionaux, un jury réuni le 7 mai a finalement retenu 22 lauréats.

Des projets soutenus financièrement par la Région

Derrière la semaine de portes ouvertes se trouve également un dispositif d’accompagnement financier. Les projets retenus peuvent bénéficier d’une aide à l’investissement comprise entre 4 000 et 5 000 euros, pouvant couvrir jusqu’à 100 % des dépenses éligibles, ainsi que d’un forfait de 400 euros destiné au fonctionnement. L’objectif affiché est de donner aux habitants les moyens de transformer leurs idées en réalisations concrètes, tout en montrant que chacun peut participer à la transition écologique à son échelle.

Cette année, la question alimentaire occupe une place particulière. Face aux crises sociales, sanitaires, économiques et climatiques, la Région présente la souveraineté alimentaire comme un enjeu majeur. Son ambition est notamment d’améliorer l’accès à une alimentation de qualité tout en soutenant les filières agricoles et alimentaires de proximité.

Parmi les 22 lauréats, six projets s’inscrivent plus spécifiquement dans le développement d’initiatives de Sécurité sociale de l’alimentation. Dans l’Yonne, à Fleury-la-Vallée, SoliCagnole cherche par exemple à faciliter l’accès à des produits biologiques et régionaux en s’appuyant sur une monnaie locale et sur des outils de paiement adaptés. À Lormes, dans la Nièvre, Le Relai.s des Futurs mise sur des ateliers, des débats et des repas collectifs pour réfléchir à la manière de « reprendre le pouvoir sur son alimentation », tout en expérimentant le principe du prix libre et conscient.

À Besançon, l’association SSAAB prépare de son côté une expérimentation locale fondée sur la solidarité, les cotisations et une gouvernance démocratique. Le projet doit notamment passer par le développement d’un outil numérique et la mobilisation d’une centaine de participants, avant un déploiement annoncé pour 2027. À Autun, Les Ateliers Nomades privilégient une autre approche : glanage, transformation et redistribution de denrées, mais aussi organisation de tablées citoyennes, avec l’objectif d’aller à la rencontre des habitants de l’Autunois-Morvan, notamment des personnes les plus isolées.

À Lons-le-Saunier, une caisse alimentaire gérée par les citoyens

Parmi les projets détaillés par la Région figure également celui de la Sécurité Sociale de l’Alimentation Lédonienne, à Lons-le-Saunier. Soutenue à hauteur de 5 000 euros, l’expérimentation doit permettre à une centaine de foyers de bénéficier d’une allocation alimentaire mensuelle. Son financement doit reposer sur des cotisations adaptées aux moyens de chacun, tandis que la gestion de la caisse serait confiée à un comité citoyen composé de 15 à 30 membres. Prévue sur une année à partir de 2026, l’initiative entend à la fois favoriser une alimentation de qualité, relocaliser la consommation et soutenir les producteurs du territoire.

D’autres projets montrent la diversité des réponses imaginées par les habitants. À Roulans, dans le Doubs, l’association Jardin et Verger d’Aigremont bénéficie de 4 870 euros pour installer une serre sur un terrain où elle produit déjà des fruits et légumes distribués gratuitement à des familles accompagnées par les services sociaux. L’installation doit permettre d’allonger la période de production, de diversifier les cultures et de faciliter la préparation des semis. Une vingtaine de bénévoles participent à cette initiative, qui accueille également des scolaires et prévoit de redistribuer ses excédents à des associations caritatives.

En Haute-Saône, à Port-sur-Saône, l’association Les 3 pommes reçoit quant à elle 4 200 euros pour son service de pressage de fruits. Le principe est simple : mettre à disposition des habitants un local et des équipements leur permettant de transformer leurs propres récoltes, notamment de pommes, en jus. Au-delà de la transformation alimentaire, le projet cherche à transmettre un savoir-faire et à mieux valoriser la production fruitière locale.

Dans la Nièvre, à Germenay, le projet baptisé « La Bonne Franquêêêêtte » prend encore une autre direction. Deux familles, accompagnées de voisins, souhaitent planter 60 noyers de variété Franquette sur une parcelle de 8 000 m² actuellement pâturée par des brebis. Soutenue à hauteur de 4 020 euros, l’initiative associe production alimentaire et biodiversité en cherchant à réintroduire une espèce adaptée aux caractéristiques locales.

À Joigny, dans l’Yonne, la Caserne Bascule développe pour sa part une « Cantine Solidaire ». Né d’expériences de repas préparés à partir d’invendus alimentaires, le projet veut répondre à la précarité alimentaire tout en créant des occasions de rencontre entre habitants. Il repose aujourd’hui sur deux rendez-vous complémentaires : une « Soupe Partagée » au marché et une « Cantine Solidaire » organisée le jeudi.

Les lycéens invités à imaginer l’assiette de 2050

La quatrième édition ne se limitera pas aux projets associatifs. Trois lycées de la région participeront à une opération intitulée « Que mangera-t-on en 2050 ? ». Élèves, équipes pédagogiques et personnels de restauration devront imaginer ensemble l’alimentation du futur, jusqu’à élaborer un menu. L’initiative, accompagnée par l’association Le Futur a déjà commencé et son président Daniel Gilbert, concerne les lycées Pontus de Tyard à Chalon-sur-Saône, Paul-Émile Victor à Champagnole et Pierre-Gilles de Gennes à Cosne-Cours-sur-Loire.

Au-delà du soutien financier accordé aux projets, le festival entend surtout leur offrir une vitrine auprès du grand public. Pendant les portes ouvertes organisées du 14 au 20 septembre, les habitants pourront découvrir les 22 initiatives retenues sur l’ensemble du territoire régional, rencontrer leurs porteurs et observer la manière dont ces solutions sont mises en œuvre localement.

Pour Sarah Persil, vice-présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté chargée des jeunesses, de la vie associative, de la citoyenneté et de la démocratie participative, l’événement doit avant tout donner envie d’agir. Une philosophie qui résume cette quatrième édition : faire de la transition écologique une réalité visible et accessible, à partir de projets déjà ancrés dans les territoires et portés directement par leurs habitants.

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