Les personnels du CHU Dijon Bourgogne sont appelés à se rassembler le 15 septembre pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Derrière cette mobilisation, ils pointent un manque d’effectifs, une activité hospitalière toujours plus lourde et des difficultés croissantes à fidéliser les professionnels. Ils réclament davantage de moyens humains et financiers afin de pouvoir continuer à assurer leurs missions de service public.
Au CHU de Dijon, le malaise semble avoir atteint un nouveau seuil. Le 15 septembre, des personnels de l’établissement hospitalier doivent se mobiliser pour alerter sur leurs conditions de travail et, plus largement, sur la situation de l’hôpital public. Dans leur communiqué, ils résument leur inquiétude par une formule simple mais particulièrement forte : « On ne manque pas de courage, on manque de moyens ». Depuis plusieurs années, expliquent-ils, les équipes doivent absorber une activité toujours plus importante, alors que les effectifs ne progressent pas au même rythme.
Au cœur de leur colère figure d’abord la question des effectifs. Les hospitaliers ne nient pas que certains postes soient pourvus, mais estiment que cette seule donnée ne permet pas de mesurer les besoins réels des services. Le nombre de patients augmente tandis que les prises en charge deviennent plus complexes. Les équipes doivent notamment accompagner davantage de personnes âgées, de patients atteints de plusieurs pathologies ou nécessitant une surveillance et des soins importants. Dans le même temps, les professionnels considèrent que leurs effectifs restent insuffisants pour faire face à cette évolution.
Cette situation aurait des conséquences directes sur le quotidien des soignants et des autres personnels hospitaliers. Selon le communiqué, certains sont rappelés pendant leurs jours de repos, accumulent les heures supplémentaires ou rencontrent des difficultés à poser leurs congés. À cela s’ajoutent la fatigue et le sentiment de devoir constamment travailler dans l’urgence. À terme, ces conditions peuvent favoriser l’épuisement professionnel, mais aussi une perte de sens lorsque les agents estiment ne plus disposer du temps nécessaire pour exercer leur métier dans de bonnes conditions.
Recruter, mais surtout réussir à garder les professionnels
Pour les personnels mobilisés, la crise ne peut donc pas être résumée à un simple problème de recrutement. L’un des enjeux majeurs est également de fidéliser les agents déjà présents et de rendre l’hôpital public suffisamment attractif pour convaincre de nouveaux professionnels d’y faire carrière.
Les conditions de travail et les rémunérations occupent ainsi une place centrale dans les revendications. Les personnels mettent en avant le niveau des salaires, mais aussi les horaires, la reconnaissance des compétences, les possibilités d’évolution professionnelle ou encore la nécessité de travailler au sein d’équipes suffisamment nombreuses. Si la hausse du point d’indice est présentée comme une avancée, elle est jugée insuffisante pour répondre durablement à la perte de pouvoir d’achat et aux difficultés d’attractivité rencontrées par les métiers hospitaliers.
Le raisonnement des personnels est simple : pour attirer durablement de jeunes soignants, il ne suffit pas d’ouvrir des postes. Encore faut-il leur proposer des conditions de travail qui leur donnent envie de rester. Des services continuellement sous tension, des responsabilités importantes et des équipes en sous-effectif risquent, selon eux, de décourager les nouvelles recrues et d’alimenter les départs.
Des prises en charge de plus en plus lourdes
Le malaise exprimé au CHU de Dijon s’inscrit également dans une réflexion plus large sur l’organisation du système de santé. Les personnels soulignent notamment le rôle particulier joué par l’hôpital public dans la prise en charge des situations les plus complexes.
Le CHU accueille en effet les urgences, des personnes âgées souffrant de plusieurs pathologies, des patients confrontés à des complications ou encore des situations nécessitant l’intervention de plusieurs spécialités médicales. Selon les personnels mobilisés, les prises en charge les plus simples et programmées peuvent plus facilement être réalisées dans d’autres structures, tandis que l’hôpital public demeure le recours lorsque les situations deviennent plus lourdes et nécessitent des moyens importants.
Les personnels ne remettent pas en cause cette mission. Ils considèrent, au contraire, qu’elle fait pleinement partie du rôle d’un centre hospitalier universitaire. Leur inquiétude porte sur le décalage entre ces responsabilités et les moyens accordés pour les assurer. Pour eux, un établissement chargé de prendre en charge les situations les plus difficiles doit disposer des professionnels, du temps et des financements nécessaires pour remplir correctement ses missions.
Cette pression se répercute également sur la relation avec les patients. Lorsque les équipes doivent enchaîner les soins dans un temps limité, les personnels disent ne plus toujours pouvoir consacrer à chacun le temps qu’ils jugent nécessaire. Le manque de moyens humains ne constitue donc pas seulement, à leurs yeux, un problème de conditions de travail : il peut également avoir des conséquences sur la qualité de la prise en charge des patients.
Des revendications centrées sur les effectifs et les conditions de travail
La mobilisation du 15 septembre doit donc servir à porter plusieurs revendications. Les personnels réclament en premier lieu des effectifs adaptés à l’activité réelle des services et à la complexité des patients accueillis. Ils demandent également des recrutements supplémentaires dans les secteurs où les besoins sont les plus importants.
Ils souhaitent parallèlement la mise en place d’une véritable politique d’attractivité et de fidélisation, accompagnée d’une revalorisation durable des rémunérations et du pouvoir d’achat. La reconnaissance de la pénibilité et des contraintes spécifiques aux métiers hospitaliers fait également partie de leurs demandes.
Enfin, les personnels réclament des conditions de travail permettant de préserver leur santé, ainsi que des moyens financiers correspondant réellement aux missions confiées au CHU. Ils veulent notamment pouvoir bénéficier de leurs temps de repos, prendre leurs congés et travailler au sein d’équipes suffisamment nombreuses pour exercer leur profession sans avoir le sentiment de courir en permanence après le temps.
Au-delà des revendications salariales et des questions d’effectifs, c’est donc le fonctionnement même de l’hôpital public que les personnels souhaitent placer au centre du débat. Ils estiment qu’un établissement auquel on demande de soigner, de former, d’innover et d’assurer les prises en charge les plus difficiles ne peut remplir durablement l’ensemble de ces missions sans disposer de moyens à la hauteur.
Le rassemblement du 15 septembre se veut ainsi un avertissement. Pour les personnels mobilisés, améliorer leurs conditions de travail revient aussi à améliorer celles dans lesquelles les patients sont accueillis et soignés. Leur message est celui d’un hôpital public qui entend continuer à remplir pleinement sa mission, mais qui affirme ne plus pouvoir reposer durablement sur les efforts et les sacrifices individuels de ses agents. Le rendez-vous est fixé mardi 15 septembre à 13 heures, sur le parvis du Hall A du CHU Dijon Bourgogne.
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