Il y a des petites phrases qui, en politique, ne sont jamais totalement anodines. Et celle prononcée par Nathalie Koenders pourrait bien en être une. Interrogée par un lecteur du Bien Public, la maire de Dijon s’est vu lancer : « Non seulement vous êtes maire, mais vous serez prochainement présidente de la Métropole… »
Une affirmation qu’elle n’a pas vraiment cherché à repousser. Nathalie Koenders rappelle d’abord la situation : « Effectivement, François Rebsamen est resté président de la Métropole. Il se présente pour être sénateur. »
Jusque-là, rien de surprenant. Mais la suite est beaucoup plus intéressante politiquement : « S’il est élu – et même s’il ne l’est pas, lui-même l’a dit –, c’est bien qu’à un moment donné la maire de la ville-centre puisse aussi être présidente de la Métropole. »

C’est évidemment le « et même s’il ne l’est pas » qui interpelle. Car si François Rebsamen était élu sénateur, une éventuelle réorganisation de ses responsabilités locales pourrait sembler logique. Mais Nathalie Koenders va plus loin : elle laisse entendre que la question de son départ de la présidence de Dijon Métropole pourrait également se poser en cas de défaite aux sénatoriales. Autrement dit : victoire ou défaite, la succession semble déjà être dans les esprits.
Rebsamen sur le départ dans tous les cas ?
Il serait excessif d’affirmer aujourd’hui que François Rebsamen est officiellement poussé vers la sortie. Rien ne permet d’assurer qu’il quittera effectivement la présidence de Dijon Métropole. Mais politiquement, la déclaration de Nathalie Koenders pose clairement la question.
Jusqu’ici, on pouvait imaginer que l’élection au Sénat constituerait le déclencheur d’un éventuel passage de témoin. Désormais, sa phrase suggère que le résultat des sénatoriales ne serait peut-être même plus déterminant.
Et c’est là que la situation devient intéressante. Si François Rebsamen est élu, Nathalie Koenders apparaît naturellement comme l’une des principales prétendantes à sa succession.
Mais s’il n’est pas élu ?
Faudra-t-il malgré tout comprendre que le temps est venu pour lui de laisser la place à la maire de Dijon ? Car derrière les précautions de langage, Nathalie Koenders affiche clairement ses ambitions. Elle ajoute certes : « Maintenant, il y a des étapes. Il faut déjà qu’il soit élu sénateur et que mes collègues de la Métropole votent pour moi. »
Une manière de rappeler que la présidence de Dijon Métropole se décide par un vote et qu’elle ne lui revient pas automatiquement. Mais sur le fond, le message semble limpide : Nathalie Koenders se voit en capacité de prendre la présidence de la Métropole.
La succession est-elle déjà organisée ?
La question devient alors presque inévitable : assiste-t-on à une succession préparée en douceur ? François Rebsamen a déjà transmis la mairie de Dijon à Nathalie Koenders. La Métropole reste aujourd’hui son principal bastion politique local.
Mais les déclarations de la maire de Dijon donnent le sentiment qu’un nouveau passage de témoin est désormais envisagé, et surtout qu’il ne dépendrait pas nécessairement d’une élection de François Rebsamen au Sénat.
Ce qui conduit à une interrogation politique beaucoup plus directe : François Rebsamen est-il, d’une certaine manière, déjà poussé vers la sortie de Dijon Métropole, quel que soit le résultat des sénatoriales ?
Pour l’instant, impossible de l’affirmer.
Mais une chose est certaine : Nathalie Koenders ne présente plus la présidence de la Métropole comme une hypothèse lointaine. Elle en parle désormais ouvertement, se dit prête à assumer cette responsabilité et à se soumettre au vote de ses collègues métropolitains. Plus significatif encore, elle évoque cette succession même dans l’hypothèse où François Rebsamen ne serait pas élu sénateur.
Dès lors, la véritable question n’est peut-être plus de savoir si Nathalie Koenders ambitionne la présidence de Dijon Métropole : chacun sait désormais qu’elle sera candidate le moment venu. Elle est plutôt de savoir quand François Rebsamen lui laissera la place.
Car, comme elle le rappelle elle-même en rapportant les propos de François Rebsamen : « C’est bien qu’à un moment donné la maire de la ville-centre puisse aussi être présidente de la Métropole. » Une phrase qui, à elle seule, en dit long sur la suite qui pourrait se dessiner à la tête de Dijon Métropole.
Affaire à suivre…
À retrouver chez nos confrères du Bien Public : l’intégralité des questions posées par leurs lecteurs et lectrices à Nathalie Koenders, ainsi que les réponses de la maire de Dijon.
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir insérer des images dans vos commentaires.
Soyez le premier à commenter cet article.